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Histoire 25 février 2019, 19:36

25 février 2014, coup de tonnerre à l’Emirates



Il y a quatre ans notre équipe écrivait l’une des plus belles pages de l’histoire de notre club. Rétro...

Les plus grandes victoires sont bien souvent les plus improbables. Celle remportée par l’AS Monaco contre Arsenal en 8e de finale aller de l’UEFA Champions League le 25 février 2015 en est l’illustration. C’était il y a quatre ans jour pour jour… Dès le tirage au sort, malgré le fait que les Rouge et Blanc soient sortis premiers de leurs groupe, ce duel face aux Gunners d’Arsène Wenger apparait comme très compliqué pour Leonardo Jardim et ses hommes. Entre une équipe qui, en dix-sept participations consécutives, a toujours atteint les 8es de finale, et une autre qui retrouve la scène européenne après dix ans d’absence, le choix des bookmakers est très rapide au moment de fixer les cotes de cette rencontre à priori déséquilibrée.

« Une grosse fessée… »

D’autant plus que l’AS Monaco est privé de plusieurs éléments majeurs pour ce match aller disputé à l’extérieur. Le capitaine, Jérémy Toulalan est suspendu, tandis que Ricardo Carvalho, Andrea Raggi ou encore Tiemoué Bakayoko sont blessés. Pour en rajouter une couche, Layvin Kurzawa a dû sortir à la 35e minute du derby remporté à Nice cinq jours plus tôt. Le latéral gauche est incertain, tout comme son compère de l’attaque : Yannick Ferreira-Carrasco. Les observateurs craignent le pire et la composition vient confirmer les inquiétudes. Kurzawa et Carrasco sont bien sur la feuille de match, mais pas dans le onze concocté par Jardim… Alors que les 2000 supporters monégasques présents au stade tentent de se rassurer en donnant de la voix, le journaliste de RMC Sport, Daniel Riolo, se fend d’un tweet évocateur à vingt minutes du coup d’envoi : « J’ai bien peur que Monaco prenne une grosse fessée… ».

Almamy Touré Vs Alexis Sanchez !

Même la victoire 1-0 obtenue dans cette même enceinte contre les Gunners six mois plus tôt lors de l’Emirates Cup ne pèse pas lourd pour contrebalancer la fébrilité qui règne dans cet avant-match. Il faut dire que la composition monégasque n’inspire pas la plus grande confiance quand on prend conscience qu’Almamy Touré, à peine un match de Ligue 1 dans les jambes, va devoir faire face à la star Alexis Sanchez… À 18 ans et 303 jours, le défenseur issu de l’Academy devient alors le plus jeune joueur jamais aligné par l’AS Monaco en Champions League (recrod battu depuis par Mbappé et Massengo). Mais Touré n’est pas le seul jeune à découvrir ce niveau de compétition avec ce match. Quatre autres joueurs alignés dès le coup d’envoi ont moins de 23 ans : Kondogbia (22 ans), Fabinho (21 ans), Wallace (20 ans), Martial (18 ans) ! Forts de leur statut de meilleure défense de la phase de groupes (1 seul but encaissé), mais également de leur propension à exploiter les moindres espaces en contre, les Monégasques n’entrent pas vaincus d’avance sur le terrain.



Le missile de Kondogbia

Certes la pression anglaise est forte en début de match. Après cinq minutes de jeu, Arsenal affiche 70 passes contre seulement 3 pour l’AS Monaco… Mais la domination anglaise est un leurre. Redoublant d’intensité, les milieux monégasques prennent peu à peu l’ascendant et c’est presque logiquement que Geoffrey Kondogbia ouvre la marque à la 38e minute. Comme un symbole, Touré récupère le ballon dans les pieds de Sanchez. Après un relai avec Moutinho, Kondogbia est trouvé plein axe à 25 mètres du but d’Ospina. Il n’hésite pas une seconde et décoche une frappe puissante que Mertesacker dévie juste assez pour tromper son gardien. Avec une énorme volonté et un brin de réussite l’AS Monaco s’ouvre alors les portes d’un authentique exploit. Dans leur parckage, les supporters rouge et blanc sentent bien que quelque chose de grand est en train de se passer. La première période s’achève au son des « on est chez nous ! », tandis que la stupeur règne chez les supporters anglais.

Comme dans un rêve

Un tir cadré, un but… Le coup est parfait, mais l’AS Monaco n’en reste pas là. Alors que Giroud vendange plusieurs opportunités au retour des vestiaire, Dimitar Berbatov est à la conclusion d’un nouveau contre fatal à la 53e minute. Sur un ballon récupéré par Fabinho, Martial fixe la défense sur la gauche et transmet idéalement à Berbatov qui s’en va tranquillement creuser l’écart d’un tir croisé. Très peu sollicité jusqu’ici à la pointe de l’attaque, l’attaquant bulgare démontre une nouvelle fois toute sa science du but. Comme dans un rêve, l’AS Monaco mène 2-0 à l’heure de jeu. Et presque 3-0 quand Ospina s’interpose face à Martial. En face, Subasic ne s’en laisse pas compter, à l’image de deux interventions de grande classe face à Walcott. Alors que l’exploit commence sérieusement à prendre forme, Jardim gère son équipe à l’approche de la fin de match. Carrasco, Kurzawa et Silva sont lancés dans un match qui ne semble plus pouvoir échapper à leur équipe. Dépités, les supporters anglais commencent à quitter le stade quand Oxlade-Chamberlain réduit la marque d’une belle frappe enroulée à l’entame du temps additionnel.

Carrasco, le coup de grâce

Alors que quatre minutes de rab sont annoncées, Arsenal peut à nouveau y croire, tandis que les regrets pointent le bout de leur nez dans les rangs monégasques. Mais un nouveau contre supersonique de l’AS Monaco remet les pendules à l’heure dans les dernières secondes. Parfaitement lancé par Silva sur le côté droit, Carrasco s’en va tromper Ospina une dernière fois d’un savant tir croisé à la 94e minute ! Leonardo Jardim laisse éclater sa joie en sprintant sur 30 mètres le long de la ligne de touche. Avec ses hommes, le technicien portugais vient d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire de l’AS Monaco, également l’un des plus beaux exploits d’un club de Ligue 1 sur la scène européenne ! Présents dans les tribunes, SAS Le Prince Albert II et le président de l’AS Monaco, Dmitry Rybolovlev, descendent sur le terrain pour communier avec les supporters, après en avoir fait de même avec les joueurs dans un vestiaire en fusion. Une fois de plus l’AS Monaco a renversé des montagnes pour remporter un succès aussi mérité qu’improbable. Un succès et une qualification que la défaite 0-2 concédée au match retour n’aura pu entacher, mais surtout un souvenir incroyable pour tout le peuple rouge et blanc.

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