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Palmarès 11 juillet 2019, 16:08

{1963}
L'historique doublé

{1963}<br>L'historique doublé

Après une saison 1961-1962 achevée en sixième position en championnat et marquée d’une élimination en quart de finale de la Coupe de France à Metz, l’AS Monaco démarre l’exercice suivant avec la ferme intention de retrouver les sommets.

Le déclic du derby

Malgré une bonne préparation effectuée en Allemagne du côté de Duisbourg, c’est pourtant une entame difficile qui attend Lucien Leduc et ses hommes. Après huit journées, l’équipe rouge et blanche ne compte qu’une seule victoire et pointe en quinzième position d’un classement alors dominé par Bordeaux et Nice. Malgré les difficultés, l’AS Monaco relève progressivement la tête durant l’automne et ne compte finalement que quatre points de retard sur l’OL, leader à la fin des matchs aller. C’est tout aussi progressivement que la formation monégasque se rapproche de la tête du classement, occupée par Sedan à l’arrivée du printemps. Le 24 mars 1963, quand Yvon Douis s’offre un triplé dans le derby contre Nice, remporté sur un score de tennis (6-2), il permet à l’AS Monaco de rejoindre le club ardennais en première position. Une seul petit but sépare alors les deux équipes qui possèdent 41 points chacune.

Montée en puissance

Dans le même temps, l’AS Monaco fait son petit bonhomme de chemin en Coupe de France. L’aventure démarre le 20 janvier 1963 au Stade du Ray de Nice face aux amateurs varois de Draguignan (3-0). Le 16e de finale face à Nîmes est plus compliqué sur la pelouse de Colombes. Un court succès 2-1 qualifie les Rouge et Blanc. Plus dur encore est le 8e de finale contre Sochaux. Bien qu’évoluant en D2, le club doubiste accroche un match nul 1-1 le 10 mars au Stade Vélodrome de Marseille. Le match est rejoué au Stade Bauer de Saint-Ouen le 14 mars et cette fois-ci Sochaux ne fait pas le poids (5-1). Quinze jours plus tard, c’est au Parc des Princes que l’AS Monaco affronte Bordeaux en quart de finale, avec un succès 2-0 synonyme de demi-finale. Au mois d’avril, l’historique doublé commence à se dessiner. Le 14, Cossou y va de son triplé pour un large succès 0-5 à Toulouse.

Taberner buteur au bon moment

Son équipe compte désormais trois longueurs d’avance sur Bordeaux avant d’affronter Reims en demi-finale de la Coupe de France. Retour au Parc des Princes le 21 avril pour une affiche de prestige, revanche de la demi-finale 1960 remporté 2-1 par les Rouge et Blanc. Les deux formations se rendent coup pour coup, mais un « csc » du malheureux Marcel Moreau fait pencher la balance en faveur de l’AS Monaco, qui se qualifie en finale pour la deuxième fois de son histoire (score final 3-2). Pas le temps de souffler qu’un autre match au sommet attend les Rouge et Blanc au Parc Lescure de Bordeaux le 1er mai. Devant près de 30 000 supporters bordelais, Georges Taberner marque l’unique but de la partie à l’heure de jeu. Régulièrement intégré au onze par Lucien Leduc depuis la 30e journée, le natif d’Algérie offre un très précieux succès à son équipe qui possède désormais quatre points d’avance sur Sedan et cinq sur Bordeaux et Reims. À trois journées de la fin, le rêve prend forme…

Le titre avant la coupe

Il va tout de même prendre encore un peu de temps pour se réaliser. Lors de la 36e journée, le 5 mai, Nancy crée la surprise en s’imposant au Stade Louis-II, Reims en profite pour revenir à trois longueurs… Une semaine plus tard à Colombes, le 12 mai, l’AS Monaco ne parvient pas à trouver la faille contre l’OL en finale de la Coupe de France. Aucun but n’est marqué malgré les prolongations, la finale doit être rejouée le 23 mai au Parc des Princes. Larges vainqueurs d’Angers lors de la 37e journée de D1 le 19 mai, les Rouge et Blanc possèdent quatre points d’avance sur Reims à une journée de la fin. C’est donc auréolés du titre de champion de France qu’ils se présentent face aux Lyonnais. Désormais le doublé est dans tous les esprits !

L’épopée en Coupe de France

32e : AS Monaco 3-0 SC Draguignan
16e : AS Monaco 2-1 Nîmes Olympique
8e : AS Monaco 1-1 FC Sochaux (ap)
8e : AS Monaco 5-1 FC Sochaux
Quart : AS Monaco 2-0 FCG Bordeaux
Demi : AS Monaco 3-2 Stade de Reims
Finale : AS Monaco 0-0 OL (ap)

Finale bis de la Coupe de France
23 mai 1963 – Paris, Parc des Princes
AS Monaco 2-0 O. Lyonnais

Affluence : 24 910 spectateurs
Buts : Cossou (56e), Casolari (84e)
AS Monaco :Hernandez, Thomas, Artelesa, Casolari, Biancheri, Théo, Douis, Hidalgo (cap), Cossou, Carlier, Djibrill – Entraîneur : L.Leduc
Olympique Lyonnais :Aubour, Mignot, Nowak, Polak, Degeorges, Leborgne, Hatchi, Linder, Combin, Rambert, Nurenberg – Entraîneur : L. Jasseron

Le jour J : les Rouge et Blanc en patrons

Le 23 mai 1963 restera à jamais un jour historique pour l’AS Monaco. Ce jour-là, rien ne semble pouvoir empêcher Lucien Leduc et ses hommes d’atteindre leur but. Le titre de champion remporté quelques jours plus tôt n’a pas épuisé la soif de succès de Michel Hidalgo et ses coéquipiers. Bien au contraire, l’opportunité de marquer l’histoire de l’AS Monaco comme du football français n’en est que plus belle. Cinquièmes du championnat, les Lyonnais ont prouvé leur solidité lors de la première finale. Ils semblent une nouvelle fois contrarier les plan monégasques alors que le score est toujours vierge à la pause, mais ils s’inclinent finalement face à la volonté monégasque, symbolisée par les deux tirs victorieux de Lucien Cossou et George Casolari. L’AS Monaco remporte sa deuxième coupe de France et réalise ce qui est jusqu’à ce jour l’unique doublé
championnat/coupe de son histoire.

Ils ont dit

Après le but de Casolari, la coupe est à nous ! Je vous laisse penser à l’ambiance dans les vestiaires et la joie indicible dans tous les coeurs. Comment exprimer l’émotion du dévoué masseur José Besséro, ancien de but de classe internationale qui avait évolué à Rouen avant guerre ?
Lucien Leducévoquant la joie consécutive à la victoire contre l'OL.
Quand je suis arrivé à l’AS Monaco en 1957, il y avait au club une volonté affirmée de progrès. Et puis est arrivé M. Leduc qui était un perfectionniste et qui s’est évertué à nous trouver un camp d’entraînement à Èze. Avec son épouse, dont le rôle a été important, il a rapidement provoqué un consensus général qui nous a permis de franchir en douceur toutes les étapes. Ce n’était plus un club finalement, mais une vraie famille, à l’image de Monaco qui n’était pas encore une ville comme aujourd’hui. 
Michel Hidalgocapitaine de cette équipe héroïque rendant au hommage à l'entraîneur, Lucien Leduc

Prolongations

– Auteur de 28 buts en championnat, Lucien Cossou termine deuxième meilleur buteur de D1 derrière le Valenciennois Serge Masnaghetti (35 buts).

– Monégasque de 1959 à 1962, puis de 1963 à 1966, Marcel Nowak évoluait à l’Olympique Lyonnais lors de cette saison historique et fut aux premières loges pour assister au doublé rouge et blanc.

– Après cet historique doublé, Lucien Leduc quitte la Principauté pour rejoindre le Servette de Genève. Il ne le sait pas encore mais il sera de retour au club treize ans plus tard pour une accession en D1 en 1977 et un nouveau titre de champion de France dans la foulée en 1978.

– En plus du doublé,  en 1963 l’AS Monaco remporte le Trophée Teresa-Herrera organisé par le club de La Corogne. Parmi les plus grands tournois du monde, qui sont légion à cette époque, celui-ci voit les Rouge et Blanc s’imposer en finale contre les Brésiliens de Vasco de Gama. Ils ramènent en Principauté un trophée immense avec lequel il poseront en compagnie de la famille princière.

Cette année-là

– Après avoir adopté une nouvelle constitution en décembre 1962, la Principauté de Monaco renforce sa souveraineté avec la signature d’accords douaniers avec la France.

– Le 26 juin, John Fitzgerald Kennedy se rend à Berlin Ouest en plein blocus de la ville par les forces soviétiques. Il prononce son célèbre discours durant lequel il clame « Ich bin ein Berliner » (Je suis Berlinois). JFK sera assassiné quatre mois plus tard, le 22 novembre, à Dallas.

– Sorti un an auparavant au Royaume-Uni, le premier opus de la saga « 007 » arrive sur les écrans français. « James Bond 007 contre Dr No » initie une très longues série cinématographique.

– Une gigantesque  marche pour les droits civiques réunit plus de 250 000 personnes à Washington. Martin Luther King y prononce son célèbre discours commençant par « I have a dream », dans lequel il dénonce la ségrégation raciale sévissant alors aux États-Unis.

– Retraçant la vie tumultueuse de la reine d’Egypte, Cléopâtre est incarnée par Elizabeth Taylor dans le film éponyme qui dure plus de quatre heures !

– Le 5 août le Traité de Moscou signé entre l’URSS, les États-Unis et le Royaume-Uni, suivis de 99 puissances, interdit tous les essais nucléaires dans l’atmosphère, l’espace ou sous la mer à l’exception des essais souterrains.

– La France perd trois grandes figures artistiques : le peintre-sculpteur George Braque, la chanteuse Edith Piaf et le poète-cinéaste Jean Cocteau.

– Johnny Hallyday domine la scène musicale française tandis qu’émerge Claude François et que Brigitte Bardot fait fredonner la France au son de « La Madrague ».

– En proie à des problèmes de boite de vitesses, Jim Clark voit son compatriote, Graham Hill, s’imposer au Grand Prix de Monaco. L’Américain Ginther et l’Australien McLaren complètent le podium de l’épreuve princière.

– Pendant que les Beach Boys glissent avec « Surfin’ USA », The Beatles connaissent un succès planétaire jamais connu jusqu’ici.

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