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Palmarès 11 juillet 2019, 16:24

{1978}
Jeunesse triomphante

{1978}<br>Jeunesse triomphante

Des huit titres de champion de France remportés par l’AS Monaco, c’est indéniablement le troisième, obtenu au terme de la saison 1977-1978, qui fût le plus surprenant. Promus en Division 1 après deux saisons de purgatoire à l’échelon inférieur, les Rouge et Blanc ont déjoué tous les pronostics pour réaliser un exploit jamais réédité depuis !

Le rêve prémonitoire
Tout commence dans un rêve, celui que raconte Delio Onnis à ses partenaires juste avant le coup d’envoi de la saison : « Les gars, j’ai rêvé que nous étions champions et que nous avions gagné les cinq premiers matchs de la saison… ». Le buteur italo-argentin précise même que son équipe perdra le sixième match… Le 3 août 1977, la première journée emmène les Rouge et Blanc à Bastia. Delio décide de donner un coup de pouce au destin. Sur la pelouse de Furiani, son doublé offre la victoire à l’AS Monaco (0-2). Et pour la première de la saison à Louis-II contre Nancy une semaine plus tard, c’est encore lui qui ouvre le score dès la 5e minute, Raoul Noguès, parachevant la victoire après l’heure de jeu. La bonne entame monégasque se transforme en départ canon quand Christian Dalger offre un récital au Parc Lescure de Bordeaux. Le milieu offensif claque trois buts en trente minutes en seconde période, Alain Moizan y allant de sa réalisation en toute fin de match. L’AS Monaco marque frappe un grand coup en s’imposant 4-0.

Le promu joue les premiers rôles
Après trois succès et pas le moindre but encaissé, la prémonition d’Onnis est compromise lors du match suivant, quand Léonard Specht creuse l’écart en faveur de Strasbourg juste au retour des vestiaires. Menés 0-2, les Rouge et Blanc renversent la vapeur en onze minutes. Raoul Noguès réduit la marque à la 71e, tout juste entré en jeu Daniel François égalise à la 74e, puis Raoul Noguès fait la différence une seconde fois à la 82e ! Les supporters ont vibré et ce n’est que le début. Leader surprise du championnat après une cinquième succès ramené de Reims fin août (0-2, buts d’Onnis et Petit), l’AS Monaco abandonne son siège à l’OGC Nice au terme de la 6e journée, conséquence d’une défaite à domicile concédée dans les derniers instants contre l’OM (2-3). Une partie du rêve s’est réalisée, reste la plus compliquée.

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Sur tous les tableaux
Durant l’automne, les Rouge et Blanc prouvent qu’ils sont plus qu’un éphémère tube estival. Un série de six matchs sans défaite, dont un match nul contre Nice au Stade du Ray, font de l’AS Monaco un sérieux outsider pour le titre. Et si le rythme monégasque baisse à l’approche de l’hiver, les Rouge et Blanc restent sur le podium, seulement distancés de deux points par l’OM, leader à la fin de la phase aller, et d’un seul par l’OGC Nice. À l’image du match nul ramené de Marseille lors de la 24e journée (2-2, doublé de Jean Petit), ils ne lâchent rien en championnat comme en Coupe de France. Alès, Fontainebleau, Lille et Bastia sont écartés du chemin menant au Parc des Princes. Reste l’obstacle niçois pour retrouver les joies d’une finale. Mais revanchard après sa défaite à Louis-II en championnat début février, Nice parvient à prendre le dessus lors du match aller, disputé au Stade du Ray (1-0), avant d’accrocher un nul au retour à Louis-II (1-1). Désormais distancés en championnat, les Niçois s’inclineront en finale contre l’AS Nancy de Michel Platini quelques semaines plus tard, mais pour les Rouge et Blanc le titre de champion n’est plus un doux rêve.

Une lutte acharnée
Redevenu leader début avril grâce à une victoire ramenée de Lens, l’AS Monaco revoit Nantes repasser devant à la 36e journée grâce à un petit but d’avance. Les deux équipes comptent alors 49 points, tandis que Strasbourg reste en embuscade avec 47 points à deux matchs de la fin. Mais forts d’un précieux succès 1-2 ramené de Paris, les joueurs croient en leur bonne étoile et au fait qu’ils ont la chance d’affronter Metz et Bastia à domicile lors des deux dernières journées. Le 28 avril, les Lorrains sont balayés par un Delio Onnis intenable, auteur des quatre buts du match, alors que Nantes est accroché à Rouen ! L’AS Monaco reprend un point d’avance et n’est plus qu’à 90 minutes d’un incroyable exploit désormais attendu par tout le peuple rouge et blanc.

Raoul Nogues
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Le jour J : une petit victoire pour un immense exploit
Il n’est pas rare que la chaleur s’empare des ultimes journée d’un championnat, mais ce 2 mai 1978 fut particulièrement chaud pour l’AS Monaco ! Face à des Bastiais focalisés sur la finale de la Coupe UEFA contre le PSV Eindhoven, les Rouge et Blanc doivent absolument s’imposer pour décrocher le titre, tandis que Nantes ne va faire qu’une bouchée de l’OGC Nice ! Près de 9 000 supporters ont investi la petite enceinte du Stade Louis-II pour voir leur équipe renouer avec le succès, quinze ans après le doublé de 1963, le tout avec le même entraîneur aux commandes : Lucien Leduc ! Comme souvent, Delio Onnis montre la voie en marquant son 37e but de la saison (le 29e en D1) en plein coeur de la première période. Juste après la reprise, Bernard Gardon pense avoir mis les siens à l’abri en creusant l’écart (48e), mais la réduction du score de Johnny Rep à l’heure de jeu crispe tout le monde. Le stress s’empare du Stade Louis-II et le pénalty raté par Delio Onnis à dix minutes de la fin n’arrange rien. L’AS Monaco plie mais ne rompt pas. Tout le peuple rouge et blanc est prêt à bondir et après plusieurs fausses joies, dues à quelques coup de sifflets intempestifs de M. Konrath, les trois derniers d’entre-eux provoquent la liesse générale. La très large victoire nantaise contre Nice (6-1) n’aura eu aucun effet, l’AS Monaco a tenu bon pour devenir le dernier « promu champion » de l’histoire…

La joie de Chrsitian Dalger, Jean Petit et des supporters rouge et blanc après la victoire décisive contre Bastia.

2 mai 1978 – Monaco, Stade Louis-II
38e journée de Division 1
AS Monaco 2-1 SC Bastia
Buts : Onnis (26e), Gardon (48e) pour Monaco – Rep (63e) pour Bastia
AS Monaco : Jean-Luc Ettori, Rolland Courbis, Bernard Gardon, Alfred Vitalis, Heriberto Correa, Alain Moizan, Jean-Pierre Chaussin, Jean Petit (cap), Raoul Noguès, Christian Dalger, Delio Onnis – Entraîneur : Lucien Leduc
SC Bastia : Pierrick Hiard, André Burkhard, Jean-Louis Cazes, André Guesdon, Paul Marchioni, Charles Orlanducci, Jean-François Larios, François Félix, Abdelkrim Merry Krimau, Johnny Rep, Jean-Marie De Zerbi – Entraîneur : Pierre Cahuzac

Ils ont dit

Ce fût une saison de rêve. Nous avons eu de la chance, très peu de blessés, et l’approche psychologique de M. Leduc, qui nous faisait participer à ses décisions, nous a incité à jouer au-dessus de nos possibilités. 
Jean Petitcapitaine victorieux, élu meilleur joueur français de la saison et sélectionné en équipe de France

La saison la plus exaltante de toute ma carrière, incontestablement, parce que l’AS Monaco retrouvait une partie de son lustre d’antan, avec un effectif réduit de quatorze joueurs épargné par les blessures, parce qu’on nous avait promis la relégation et parce que c’était mon premier contrat pro… À partir de cette saison-là, nous avons tous compris au club que plus rien ne serait jamais comme avant, que s’en était terminé de l’ascenseur et que dorénavant nous aurions le devoir de gagner des titres.
Jean-Luc EttoriGardien de but, alors au début d'une immense carrière sous le maillot monégasque

 


Prolongtions

– Après une première expérience monégasque (1958-1963) jalonnée de deux titres de champion et d’autant de coupes de France, dont le doublé 1963, Lucien Leduc a retrouvé l’AS Monaco en 1976. La première saison fût dédiée à la remontée en D1, avant une nouvelle consécration en 1978. Entraîneur des premiers matchs européens de l’AS Monaco au début des années 1960, Lucien Leduc participera au retour de l’équipe sur la scène continentale lors de la saison suivante, avant de tirer sa révérence.

– Grands acteurs de ce troisième titre de champion de France de l’AS Monaco, Jean Petit et Christian Dalger sont sélectionnés par Michel Hidalgo pour participer à la Coupe du Monde 1978 organisée en Argentine.

Cette année-là
– Le chanteur belge, Jacques Brel, décède des suites d’une longue maladie dans les Îles Marquises où il s’était retiré.
– Le 25 juillet se déroule une grande première scientifique avec la naissance de la petite Louise Brown à Oldham. Le petite britannique est le premier enfant issu d’une fécondation in vitro.
– Organisée à Wembley, la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions voit Liverpool s’imposer face au FC Bruges.
– Le 6 août, le Pape Paul VI décède, il est remplacé par Jean-Paul 1er qui décède à son tour le 28 septembre. Le Polonais Karol Wojtyla, alias Jean-Paul II, lui succède et occupera la fonction jusqu’à sa mort en 2005.
– La course automobile transsaharienne, Paris-Dakar, se déroule pour la toute première fois.
– L’Argentine remporte la Coupe du Monde à domicile en s’imposant face aux Pays-Bas en finale. Les Hollandais ne pouvaient compter sur leur stratège, Johan Cruijff, qui avait pris la décision de boycotter la compétition en raison de la dictature du Général Videla en Argentine.
– « En chantant » Michel Sardou cartonne sur toutes les radios, tandis que les Village People font danser les bras dans le monde entier.
– Claude François décède accidentellement d’une électrocution à son domicile.
– Bernard Hinault gagne son premier tour de France pour sa toute première participation à la Grande Boucle !
– « Midnight Express », « Grease », « La Cage aux folles » ou encore « Les Bronzés » occupent les écrans des cinéma français. Les quatre films deviendront cultes.

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