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Palmarès 08 juillet 2019, 15:00

1960
La magie de la coupe

1960<br>La magie de la coupe

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est loin du Stade Louis-II que s’est dessiné le premier succès majeur de l’AS Monaco en cette saison 1959/1960. En effet, aucun des six matchs qui composent cette épopée en Coupe de France ne fut disputé en Principauté…

L’aventure débute au Stade Gerland de Lyon le 24 janvier 1960. Opposés à l’un des meilleurs clubs amateurs du moment, Annecy, les hommes de Lucien Leduc font la différence dans la dernière demi-heure grâce à des buts d’Henri Biancheri, Georges Casolari et Serge Roy. Un petit mois plus tard, le 14 février, c’est au Stade Vélodrome de Marseille que l’AS Monaco dispose de l’Olympique… Lyonnais en 16e de finale. Au terme d’un match nul vierge, André Hess réalise un doublé victorieux durant la première période de la prolongation.

Nouvelle programmation étonnante en 8e de finale, c’est au Parc Lescure de Bordeaux que Raymond Kaelbel et les siens affrontent les Lorrains de Forbach, pensionnaires de Division 2. Menés 0-2 à la pause, ils s’en remettent à Henri Biancheri, auteur d’un doublé salvateur en seconde période, avant que Serge Roy ne fasse la différence durant la prolongation. Après cette victoire aux forceps, les choses sérieuses commencent vraiment en quart de finale pour l’AS Monaco.

Photo d'équipe originale sur l'ancien Stade Louis-II.
Les futurs vainqueurs posent pour la photo officielle d'avant match.
Les deux équipes pendant le protocole d'avant match. Michel Hidalgo salue les supporters.
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Nice et Reims au tapis

En effet, le 3 avril c’est l’OGC Nice, champion de France sortant et tombeur du Real Madrid deux mois plus tôt, qui se dresse face aux Rouge et Blanc sur la pelouse du Parc des Princes. Une nouvelle fois menés au score à la pause, ces derniers renversent la vapeur dans la dernière demi-heure. Michel Hidalgo réduit la marque à la 65e, Lucien Cossou égalise dans la minute suivante, puis Serge Roy entérine la victoire monégasque à la 82e.

Deux ans après sa première incursion à ce niveau de compétition, l’AS Monaco retrouve le dernier carré en tant qu’outsider face au Stade de Reims, futur champion de France, le 24 avril à Colombes. On ne joue pas depuis un quart d’heure que Lucien Cossou ouvre la marque. Mais Reims égalise à la 69e et l’on se dirige vers une nouvelle prolongation pour les Rouge et Blanc. André Hess l’entend autrement et marque de la tête sur l’un des derniers corners du match ! L’AS Monaco s’impose à la surprise générale et une première grande finale se profile, toujours à Colombes, le 15 mai face aux Verts de l’AS Saint-Etienne.

Serge Roy ouvre la marque dès la 5e minute de la finale.

L’épopée

32e : AS Monaco 3-1 Annecy
16e : AS Monaco 2-1 OL (ap)
8e : AS Monaco 3-2 Forbach (ap)
Quart : AS Monaco 3-1 OGC Nice
Demi : AS Monaco 2-1 Stade de Reims

Finale : AS Monaco 4-2 St-Étienne (ap)
15 mai 1960 – Colombes, Stade Yves-du-Manoir
Affluence : 38 298 spectateurs
Arbitre : M. Lequesne
Buts : Roy (5e et 114e), Biancheri (88e), Ludo (103e) pour Monaco – Liron (43e), Domingo (86e)
AS Monaco : Alberto, Kaelbel (cap), Nowak, Thomas, Ludo, Biancheri, Hess, Hidalgo, Cossou, Roy, Carlier – Entr. : L. Leduc
AS Saint-Étienne : Abbes, Tylinski, Wicart, Herbin, Domingo, Ferrier, Oleksiak, Peyroche, Liron, Balboa, Glovacki – Entr. : A. Batteux

Le jour J : intenable suspense à Colombes

Émotions fortes garanties à Colombes ce 15 mai 1960 pour cette finale de Coupe de France inédite, entre deux formations qui n’avaient jamais atteint ce niveau auparavant. Mieux entrés dans le match, les Rouge et Blanc ouvrent le score dès la 5e minute par Serge Roy, mais les Verts égalisent juste avant la pause. On pense le match renversé quand René Domingo marque le deuxième but stéphanois sur coup-franc à la 86e, mais c’est sans compter sur la détermination d’Henri Biancheri, qui égalise, également sur coup-franc, à peine deux minutes plus tard. Revenus de nulle part, les hommes de Lucien Leduc font la différence durant la prolongation. François Ludo donne l’avantage aux siens à la 103e et Serge Roy, bien que blessé à une cheville, trouve à nouveau le chemin des filets stéphanois d’une tête magistrale. Pour la toute première fois de son histoire l’AS Monaco remporte la Coupe de France !

Le résumé vidéo de l’époque

Le traditionnel tour d'honneur, Bert Carlier, Raymond Kaelbel, Michel Hidalgo devancés par un jeune supporter.
Mémorable défilé des vainqueurs en Principauté. le premier d'une longue série.
Les Rouge et Blanc à la Une de la presse sportive.
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Ils ont dit…

À 90 secondes de la fin des les Stéphanois se voyaient déjà en tribune présidentielle. Mais nous avons obtenu un coup-franc… Je revois encore le ballon passer le mur, toucher l’arrête et entrer dans le but… Cette victoire en coupe reste le plus merveilleux souvenir de ma carrière !
Henri BiancheriAuteur du coup-franc égalisateur à la 88e minute.

Nous étions une formation soudée, complémentaire, dont il aurait été injuste d’extraire une individualité. 
Henri AlbertoGardien de but

C‘était l’époque héroïque où, sauf pour les matchs qui se déroulaient dans le Sud, les déplacements duraient une éternité. Nous partions de Monaco le vendredi soir en train-couchettes à destination de Paris où nous arrivions le lendemain matin. De là, nous gagnions la province pour jouer le dimanche après-midi. 
Jean-Marie CourtinJoueur


Prolongations…

– Avec cinq réalisations à son actif, dont deux en finale, Serge Roy fut le meilleur buteur monégasque de cette épopée 1959-1960.

– Au grand regret de son entraîneur, Lucien Leduc, l’AS Monaco ne fut pas inscrite à la première édition de la Coupe des Vainqueurs de Coupe organisée la saison suivante.

– Ce premier grand succès de l’équipe rouge et blanche inspire la Princesse Grace qui imagine alors le fameux et inimitable maillot à la diagonale. Arboré par les joueurs dès la saison suivante, ce maillot leur porte chance, avec un premier titre de champion à la clé.

Le Prince Rainier III et la Princesse Grace à Colombes le 24 avril 1960 durant la demi-finale contre Reims.

Cette année-là

– Grand amateur de football, l’auteur de « L’Étranger » et Prix Nobel de Littérature en 1957, Albert Camus décède le 4 janvier dans un accident de voiture.

– Avec « Souvenirs, souvenirs » la France découvre un jeune chanteur d’à peine 17 ans, doté d’une incroyable énergie sur scène et répondant au nom de Johnny Haliday.

– Ayrton Senna voit le jour le 21 mars à Sao Paulo (Brésil). Il deviendra plus tard un héros du Grand Prix de Monaco en s’y imposant à six reprises.

– « La Dolce Vita » de Federico Fellini, remporte la Palme d’Or lors du Festival de Cannes avec Marcello Mastroianni et Anita Ekberg en têtes d’affiche.

– Plus grand paquebot alors jamais construit, « Le France » est mis à l’eau à Saint-Nazaire le 11 mai.

Le France en 1960, il sera rebaptisé Norway en 1979, puis Blue Lady en 2006, avant d’être démantelé en 2009.

– L’Anglais Stirling Moss offre à Lotus s première victoire en Formule 1 en s’imposant dans les rues de Monaco. Il récidivera l’année suivante.

– Le péplum « Ben-Hur » remporte l’Oscar du meilleur film, son héros, Charlton Heston, obtient celui du meilleur acteur.

– Le Real Madrid s’impose pour la cinquième fois consécutive en Coupe d’Europe des Clubs Champions. Une performance jamais rééditée depuis.

– À Lanus, en Argentine, un certain Diego Maradona pousse son premier cri le 30 octobre. Il deviendra une légende du football, autant adulée que décriée.

– Rome accueille les 17es Jeux Olympiques modernes entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre.

L’Éthiopien, Abebe Bikila, remporte le marathon olympique pieds nus.
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