Sébastien Pocognoli : "Je suis convaincu qu'on peut sortir de cette situation"
Continuer l’aventure dans la compétition. Tombeurs de l’AJ Auxerre en 32e de finale de Coupe de France avant la trêve hivernale (1-2), les joueurs de l’AS Monaco ont cette fois rendez-vous avec l’US Orléans au programme des seizièmes ce samedi au stade de la Source (15h30). Un rendez-vous que le coach Sébastien Pocognoli prend très au sérieux, comme il l’a confié devant la presse. Extraits 🎙️
A propos des critiques
Si la situation mérite plus d’indulgence ? Je dirais que c’est la perception de chacun, certaines personnes sont indulgentes et empathiques, d’autres moins, les personnes qui travaillent au Club vivent les choses différemment de ceux qui sont à l’extérieur, et puis certains ont une sensibilité pour l’AS Monaco que d’autres n’ont pas… c’est la vie ! Mais le plus important pour moi, c’est ce que mes joueurs donnent et reçoivent, et tout ce que je peux dire c’est qu’ils donnent le maximum chaque jour à l’entraînement et qu’ils méritent plus sur ce que l’on montre sur les derniers matchs et plus globalement depuis mon arrivée.
C’est mon point de vue, et je pense qu’il est objectif par rapport à ce qu’il se passe à l’intérieur. En tout cas, mes joueurs méritent qu’on les soutienne, car ils ne sont pas responsables de l’instabilité qui règne autour de l’équipe concernant les blessures et les faits de matchs qu’ils ne contrôlent pas. Si on avait un groupe qui ne faisait pas le maximum, qui ne se battait pas et qui ne donnait pas l’exemple en termes d’attitude et de respect des consignes, on pourrait tout remettre en question, mais ce n’est pas pas le cas, donc de mon côté je les défendrai toujours.
Le fait de ne pas lâcher
Pour que les joueurs ne lâchent pas, il faut que la figure du groupe, qui pour moi est le staff et le coach, ne le fasse pas, et ce n’est pas le cas. Donc je ne pense pas que les joueurs lâchent, car on a un encadrement qui essaye de faire tourner la situation qui est difficile en termes de résultats. J’essaye d’être rationnel avec ce qu’on fait et ce qu’on mérite, et encore une fois sur les deux derniers matchs, même si on ne connaît jamais la finalité par rapport aux faits de jeu, on aurait certainement pu avoir quatre à six points de plus au classement, et ça changerait totalement la perception, c’est la réalité !
𝐀𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 pic.twitter.com/tEcCPuOvbD
— AS Monaco 🇲🇨 (@AS_Monaco) January 7, 2026
Ensuite, les blessures ont un impact certain dans la dynamique actuelle. C’est quelque chose avec lequel je dois composer même pour lequel je ne peux pas m’apitoyer, car je n’ai pas de contrôle sur cela. Mais ça influence forcément l’instabilité dans le onze de base, et ça c’est un fait. Avec un peu plus de réussite en Ligue des Champions contre Tottenham et Pafos notamment, on serait peut-être déjà qualifiés. Avec des « si » on peut faire beaucoup de choses, mais certains ont plus d’incidence que d’autres.
Au sujet des blessures
On échange toujours sur ce qui peut impacter les résultats, et ça en fait partie, même si j’essaye de me focaliser sur ce qui relève de ma compétence, à savoir le terrain et les aspects technico-tactiques. Tout ce qui concerne l’organisation était là avant mon arrivée, donc je pense que chacun doit se focaliser sur son rôle, sa responsabilité. La mienne est de gérer mon groupe, et la seule manière de sortir de cette situation négative est de trouver les meilleures solutions et d’accepter que certaines choses sont moins bien faites, que certaines blessures sont explicables et d’autres non. Il faut faire le dos rond, et si on arrive à sortir de cette situation, ce dont je suis convaincu, on sera beaucoup plus forts en deuxième partie de saison et même la saison prochaine, car tu dois toujours apprendre de chaque période difficile.
C’est pour cela que je ne lâche pas, parce que je pense que tout ce qui arrive maintenant sera bénéfique pour le futur. C’est de cette manière-là que je suis éduqué sportivement, et c’est ce que j’essaye de transmettre à mes joueurs. Quand il y a des mauvais résultats, il y a forcément du doute, et il faut tenter de ne pas tomber là-dedans et de ne pas modifier ce qui marche bien. Quand je vois encore l’entraînement d’hier, qui était la séance la plus intense de la semaine, je n’ai vu aucun joueur baisser d’intensité ou qui a une arrière pensée par rapport à un manque de confiance. En revanche, si le staff commence à douter et à changer sa manière de penser les entraînements, on va faire trois pas en arrière par rapport à ce que l’on met en place depuis mon arrivée. Donc on continue, et on essaye de fixer les choses autour de la meilleure des manières.
Les forfaits de Minamino et Salisu
Ce sont deux joueurs importants du groupe qui nous quittent jusqu’à la fin de la saison, et c’est dommageable car ils étaient deux éléments importants depuis mon arrivée. Nous avons beaucoup d’instabilité dans l’effectif à cause des blessures, mais je pense que le Club est prêt à toutes les situations pour pallier ces absences ou un manque de performance. Il est donc possible que l’on recrute, mais ça dépend des profils, du timing et du mercato hivernal, le fait de bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision, de façon à ce que cela apporte vraiment quelque chose à l’équipe.
A la toute fin du match contre l’Olympique Lyonnais, notre défenseur central Mohammed Salisu a été touché au genou gauche.
Les examens médicaux ont révélé une rupture du ligament croisé antérieur.
Le Club accompagnera Mohammed tout au long de son rétablissement et lui apporte… pic.twitter.com/uLMADzrCA8
— AS Monaco 🇲🇨 (@AS_Monaco) January 5, 2026
Le coaching dans cette période difficile
Je la vis de la même manière que l’année passée avec l’Union Saint-Gilloise en début de saison. Il y a deux façons de gérer cela de mon côté et de celui du Club : la base c’est la confiance, et si j’ai confiance en ce que je fais et en les gens qui m’entourent à tous les niveaux, je vais continuer à évoluer de manière positive dans ma relation avec les joueurs ; en revanche, s’il y a un manque de confiance, on va faire les choses dans le mauvais sens. La saison passée à l’Union par exemple, il y a eu la confiance du club à ce moment, et c’est quelque chose qui se gagne, comme le temps, et c’est ce que j’essaye de faire par rapport à mon investissement et ce que nous essayons de mettre en place.
Mais je prends aussi cette situation comme un apprentissage, car cela fait partie du métier de coach. D’ailleurs je dois avouer que je prends autant de plaisir avec une série de victoires à l’Union que de souffrir du manque de victoires comme actuellement. Car pour moi, il y a toujours une solution dans chaque dynamique. Il faudra faire un bon travail d’équipe, et je n’ai pas de doutes, car je sais ce que nous sommes en train de faire avec le staff. Il y a certainement une marge de progression, mais ça viendra avec le temps.
La progression de l’équipe depuis son arrivée
Il y a des choses qui ne se voient pas forcément de l’extérieur, mais je vois progresser ce groupe dans l’aspect mental. Il est totalement différent depuis mon arrivée dans l’approche du travail au quotidien, dans la rigueur, et même dans le développement individuel. Certains joueurs n’étaient pas titulaires à l’époque et le sont aujourd’hui, et certains qui l’étaient mais qui se sont développés dans d’autres aspects. Il y en a d’autres qui doivent faire plus aussi, même si je m’attache à les accompagner. Et ensuite, tout est relatif par rapport aux nombreux changements qui ont lieu à chaque fois dans le onze de base, du fait des absences.
Tout est là pour qu’il y ait un groupe qui doute beaucoup plus qu’à l’heure actuelle, et pourtant ce n’est pas le cas ! Nous avons une bonne structure sans ballon, de bons moments aussi avec, mais nous n’avons pas assez de rentabilité dans les occasions qu’on arrive à se créer, ça c’est une certitude. Il y a donc beaucoup d’aspects à travailler, mais tout cela est lié à l’inconstance dans le onze de base. Ensuite il y a aussi eu des changements de système, afin de s’adapter à nos forces en présence. Il y a eu des bons matchs, même si on a parfois dû changer de cap en raison des blessures. Si on avait gagné les deux derniers matchs, on aurait pu dire qu’il y avait une évolution notable, mais à l’arrivée il n’y a pas le niveau comptable, et ça c’est dommage.
Sur la nervosité
Nous avons eu beaucoup trop de cartons rouges cette saison, même si je mets celui de Balo’ (Folarin Balogun) contre Lens de côté, car il n’est absolument pas justifié. Il y a celui de Thilo (Kehrer) contre Paris qui est également discutable, mais aussi trois qui ne le sont pas. Il y a deux manières d’avoir des cartons rouges, soit nous ne sommes pas assez lucides ou trop justes physiquement pour garder la lucidité, soit nous sommes moins bien dans la tête tout simplement. Je prends l’exemple de celui de Deniz Zakaria contre Rennes, où il revient de blessure et se trouve dans le rouge physiquement à ce moment-là, ce qui fait qu’il prend une décision qu’il n’aurait pas prise s’il était en pleine possession de ses moyens. Concernant Mamadou Coulibaly, c’est encore autre chose. C’est un jeune joueur qui mérite de commencer contre Lyon au vu des absences. Il a fait un match un peu inconsistant avec de très bons moments et de moins bons, mais il faut l’accepter car c’est un jeune joueur. C’est un carton rouge qui n’aurait pas dû arriver, c’est certain.
L’apport des recrues
Le dénominateur commun de nos recrues, hormis Stanis Idumbo, ce sont les blessures, c’est la réalité et c’est donc difficile d’avoir un point de vue crédible et objectif sur leur rendement. Lukáš (Hradecký) a fait de très bonnes choses, en revanche je n’ai pas eu la chance d’avoir Eric (Dier) dans le onze de départ depuis mon arrivée, et c’est la même chose pour Paul (Pogba). Ansu (Fati) a joué trois matchs en tant que titulaire avant d’entrer dans ce circuit de blessures, et pour Stanis c’est davantage une question d’apprentissage, c’est un processus qui prend plus de temps. Ensuite le développement de chaque joueur dépend de la structure en place semaine après semaine, et comme je le dis elle n’a pas été fixe et stable depuis le début, ce qui fait qu’on a peut-être du mal à ressortir des joueurs.
Même si certains, qui étaient déjà là par le passé, montent en puissance, comme Balo’ qui fait une bonne saison, Golo’ (Aleksandr Golovin) qui montre de bonnes choses, Jordan Teze qui a passé un palier cette année, Salisu qui était bien, Caio (Henrique) qui a été consistant. Zak’ revient à un bon niveau, Lamine (Camara) est aussi en train de passer un cap, et Maghnes (Akliouche), qui a connu des bons moments, on essaye de le faire performer à nouveau, tout comme Mika (Biereth), qui est à nouveau décisif. Donc il y a des joueurs qui sont sur le bon chemin, le but étant de trouver plus de constance.
Le retour d’Eric Dier
Il est prêt à débuter une rencontre ! On a joué un match amical contre Fréjus Saint-Raphaël dimanche, pour voir certaines choses et avoir des réponses physiques concernant plusieurs joueurs. Cela nous a apporté beaucoup de choses, notamment au niveau athlétique pour certains qui peuvent prétendre maintenant à retrouver le terrain et reprendre la compétition. Eric a joué 60 minutes et ça s’est bien passé.
Ce match de Coupe à Orléans
Il n’y a pas de calcul, il y a un match par semaine et nous connaissons l’enjeu dans la situation actuelle. Nous sommes ambitieux sur chaque compétition, et on va aller à Orléans avec en tête que c’est le match le plus important de l’année et du week-end. Et ensuite on prendra les matchs les uns après les autres, comme je l’avais dit avant Lyon, car nous sommes dans cette démarche. Nous allons en tout cas jouer ce 16e de finale à Orléans avec beaucoup d’ambition, car nous voulons faire de belles choses dans cette Coupe de France et les joueurs le savent.
𝐎𝐫𝐥𝐞́𝐚𝐧𝐬 🔜 pic.twitter.com/R6Bnizizps
— AS Monaco 🇲🇨 (@AS_Monaco) January 7, 2026
Sur le système en losange
Il y a toujours des solutions, et il y a aussi un adversaire en face. Si on est à notre niveau, on fera face à un bloc bas, même si dans les 15 premières minutes il y aura de l’enthousiasme et plus de pression haute. Il faudra être dans la maîtrise du ballon, et même s’il y a beaucoup d’absents, il y a encore beaucoup d’options pour mettre en place un onze de base cohérent en lien avec nos ambitions dans la compétition.
A propos de sa situation
Je sens qu’on fait corps avec moi au Club, mais ça c’est mon ressenti, et surtout ça se mérite, donc je fais le maximum chaque jour pour que la dynamique tourne dans le bon sens. Elle aurait déjà tourné s’il n’y avait pas autant d’instabilité, mais le bilan comptable est tel qu’il est. Faut-il donc être indulgent ou pas ? Je ne demande pas que tout le monde le soit, en tout cas je ne me focalise pas sur ce que l’on peut penser, car je sens que le Club est derrière moi, et c’est tout ce dont j’ai besoin. Ce qui est certain, c’est que je vais tout donner jusqu’au dernier jour où je serai ici, et j’espère que ce sera le plus tard possible, car j’ai envie de m’inscrire dans la durée et dans un beau projet ici !







