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Carnet 30 janvier 2021, 11:45

Dimitar Berbatov, le Mozart bulgare

Dimitar Berbatov, le Mozart bulgare
Durant le deuxième confinement, asmonaco.com vous rafraîchissait la mémoire avec un portrait de Dimitar Berbatov, l'attaquant bulgare. Souvenirs.

Il était venu initialement pour une pige de six mois. Pour dépanner. On le croyait déjà en fin de carrière suite à son départ de Manchester United vers Fulham, passant de meilleur buteur du finaliste de la Ligue des Champions en 2011 à avant-centre d’une équipe qui lutte pour le maintien. Pourtant, Dimitar Berbatov a fait bien plus que remplacer numériquement Radamel Falcao au dernier jour du mercato d’hiver 2014. Tout juste victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche sur un tacle mal senti d’un joueur de l’équipe de Chasselay (CFA), en 32e de finale de Coupe de France, le « Tigre » est alors out pour six mois minimum.

Le « Mozart bulgare » pour suppléer Radamel Falcao

A peine plus de sept mois après son arrivée en grandes pompes sur le Rocher, la star colombienne doit donc laisser les clés de l’attaque monégasque à un autre grand attaquant. Car si son palmarès ne laisse apparaître « que » deux titres de champion d’Angleterre (2009 et 2011) avec les Red Devils et tout de même deux finales de Ligue des Champions avec le Bayer Leverkusen (2002) et Manchester (2011), le longiligne avant-centre bulgare (1,89 m) est au moins aussi grand par le talent.

Très fin techniquement, à défaut d’avoir une vitesse de pointe à faire frémir les défenses adverses, il est capable de faire des choses exceptionnelles avec le ballon. Le natif Blagoevgrad est aussi à l’aise sur ses deux pieds que dans les airs, où il domine par son jeu de tête, aussi précis que prolifique. C’est donc avec une solide réputation malgré tout que Dimitar Berbatov débarque en Principauté pour donner un coup de main offensif à l’équipe emmenée par Claudio Ranieri.

Des débuts fracassants avec Claudio Ranieri

Car l’entraîneur italien, qui vient de faire remonter l’AS Monaco en Ligue 1 après deux ans de purgatoire, joue directement le podium. Et force est de constater qu’avec seulement neuf jours de réflexion, la cellule de recrutement a tapé juste. En plus d’amener son expérience à un groupe jeune et talentueux, celui qui s’est révélé au Bayer Leverkusen à l’époque des Lucio, Ballack, Cris, Babic et Ramelow, se révèle être rapidement décisif. Il inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs dès son 2e match, dans le derby azuréen face à Nice en Coupe de France.

Trois semaines plus tard, il frappe dès l’entame de match pour sa première titularisation en Ligue 1 face à Sochaux. Également très adroit dans le jeu de remise, Dimitar Berbatov se fond rapidement dans le onze de Claudio Ranieri, et aide l’AS Monaco à terminer juste derrière le Paris Saint-Germain en championnat. Il contribue également à hisser les Rouge et Blanc en demi-finale de Coupe de France face à l’En Avant Guingamp. Malheureusement les coéquipiers de James Rodriguez, l’autre artiste de l’équipe, ne parviendront pas à passer l’obstacle breton.

Un bijou face à Nice et le 3000e but de Monaco en L1

Un échec qui sonne encore aujourd’hui comme l’élément déclencheur du départ du coach italien, futur champion de Premier League avec Leicester. Entretemps, le Bulgare inscrit son plus beau but sous la Diagonale dans son deuxième derby, en championnat cette fois. Son amour de lob, alors qu’il est excentré côté gauche de la surface de réparation niçoise, reste encore aujourd’hui comme l’un des chefs-d’œuvre les plus marquants de ces dernières années au Stade Louis-II. Il marque alors les esprits dans la tête et le coeur des supporters Rouge et Blanc. Mais il s’offre aussi à ce moment-là une pige supplémentaire au bord de la Méditerranée. Grâce à cet extérieur du pied si caractéristique.

Il marquera d’ailleurs un peu plus tard le 3000e but de l’AS Monaco dans l’élite. Le meilleur buteur de l’histoire de la sélection bulgare (78 sélections, 48 buts), termine ainsi la demi-saison avec neuf buts et cinq passes décisives en seulement 15 matchs, toutes compétitions confondues. Suffisant pour convaincre les dirigeants monégasques de prolonger son contrat d’une saison supplémentaire. Brillante idée. Encore une fois, l’apogée de sa carrière est déjà loin et il traîne toujours son allure nonchalante sur le terrain, mais sa justesse technique et son expérience du haut niveau font la différence.

Une belle campagne européenne comme tournée d’adieu

D’autant plus dans un effectif très jeune (Wallace, Kurzawa, Touré, Fabinho, Bakayoko, Kondogbia, Ferreira-Carrasco, Bernardo Silva, Ocampos et Martial ont entre 18 et 21 ans). Avec Ricardo Carvalho, Andrea Raggi, Jérémy Toulalan et Joao Moutinho, « Dimi » est donc chargé d’encadrer, de conseiller, de mener et de montrer l’exemple. C’est exactement ce qu’il fait, en participant au parcours exceptionnel des minots de Leonardo Jardim au cours de la Ligue des Champions 2014-2015.

On se souvient évidemment du deuxième but monégasque qu’il marque en contre-attaque à Wembley face à Arsenal, en huitième de finale aller. Une action symptomatique de son style. Une prise de balle très juste avec une orientation parfaite, mais une frappe qui tarde à être déclenchée. Pourtant, Dimitar Berbatov prouve ce jour-là qu’il est clinique dans les 16 mètres adverses. Sa frappe croisée fait mouche, et il conduit ses coéquipiers vers un exploit dans le stade mythique de Londres.

Bien plus qu’un intérimaire

Ce parcours glorieux, qui s’achèvera en quart de finale face à une Juventus Turin maline et un brin tricheuse, n’enlèvera rien au bonheur que l’on a pu ressentir en voyant cohabiter la fougue d’Anthony Martial et la virtuosité de son aîné cette saison-là. D’ailleurs, l’AS Monaco obtient une très belle troisième place en championnat, toujours amputée de l’absence de sa star, Radamel Falcao.

Plus qu’un intérim donc, Dimitar aura conclu son passage en Principauté avec 18 buts et huit passes décisives en 53 matchs avec les Rouge et Blanc. Laissant l’image d’un joueur talentueux, classe, attachant, très drôle et surtout fidèle. Si fidèle, que lorsque qu’il a été interrogé samedi dernier sur l’antenne de RMC Sport pour évoquer le match de Premier League entre ses deux anciens clubs, Tottenham et Manchester United, ce dernier n’a pas manqué d’évoquer la victoire de Monaco dans le choc de Ligue 1 face au PSG. Grande Dimi !

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