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Supporters 06 février 2021, 16:00

Vincent Puel : "Le match de la remontée à Nîmes, c'était génial"

Vincent Puel : "Le match de la remontée à Nîmes, c'était génial"
Pour célébrer la présence systématique de nombreux supporters monégasques dans les parcages à l’extérieur (hors période de Covid), asmonaco.com vous propose avec Triangle Intérim une série dédiée aux soutiens des Rouge et Blanc. Pour ce douzième épisode, partez à la découverte de Vincent Puel, nîmois de naissance.

Il est l’homonyme d’une des plus grandes figures issues du centre de formation de l’AS Monaco. Un homme qui n’a d’ailleurs connu que le maillot à la Diagonale dans sa carrière (600 matchs), remportant les titres de champion en 1982 et 1988. Ainsi que deux coupes de France en 1985 et 1991. Un visage très familier en Principauté, qui a d’ailleurs offert aux Rouge et Blanc le 7e titre de l’histoire du club en 2000, dans le costume d’entraîneur cette fois. Cet homonyme de Claude Puel, que vous aurez évidemment reconnu, c’est Vincent Puel, 39 ans, ingénieur en informatique né à Nîmes et habitant d’un petit village de l’Hérault, près de Montpellier.

 

Il aurait aimé emmener sa fille aux Costières

Celui qui se rend d’ordinaire toujours au stade de la Mosson à Montpellier, Nîmes et dans les alentours pour voir son équipe de cœur, sera devant sa télé dimanche à 15h. Père d’une petite fille de 7 ans qu’il aurait aimé emmener aux Costières ce dimanche (15h) pour son baptême du feu, ce passionné de l’AS Monaco depuis 1998 a toujours autant la fièvre lorsque son équipe joue. En attendant de pouvoir de nouveau se rendre au Stade Louis-II, où il essaye de venir une fois par an, Vincent vit donc sa passion par procuration, derrière le petit écran. Rencontre avec un Nîmois pure souche, mais Rouge et Blanc de peau.

Bonjour Vincent. Pour commencer, quels sont tes souvenirs au Stade Louis-II ?

J’essaye de venir une fois par an à Monaco. Malheureusement depuis le début de la crise sanitaire c’est impossible. Mais avant cela, j’ai vécu le match du titre face à Saint-Etienne en 2017. J’étais aussi là lors de la remontée en Ligue 1 en 2013. Et puis bien avant cela, j’ai aussi assisté au match du titre face à Nancy en 2000. Sans oublier le fameux 3-1 contre le Real Madrid en quart de finale retour de Ligue des Champions en 2004.

Comment cette passion pour l’AS Monaco s’est-elle imposée à toi ?

On me demande souvent ça effectivement, je suis habitué. Disons que je suis d’abord tombé amoureux de la Principauté. Je crois que quand j’étais en sixième, j’ai eu l’occasion de faire un voyage de classe et de visiter certains endroits avec des personnes qui nous ont expliqué des petits secrets d’histoire de la ville. Ensuite, par l’intermédiaire de mon oncle et de mon cousin, on a rencontré des gens qui travaillaient au club, à l’Academy, dans les instances du club, au niveau amateur. M. et Mme Bassini. Du coup on a eu souvent l’occasion de venir à Monaco pour les rencontrer et assister à des matchs.

Tu te souviens de ton tout premier match à Fontvieille justement ?

Oui, c’était un match contre Nantes, juste après la Coupe du Monde, en octobre 1998. Et ce couple nous avait fait visiter un petit peu les recoins du stade. Puis on avait attendu les joueurs dans le parking à la fin du match, et on avait pu discuter avec Victor Ikpeba notamment. Puis à partir de là, j’ai tout le temps suivi Monaco. Même la saison d’avant je commençais à regarder des matchs, même s’il y en a beaucoup moins qui étaient diffusés. Je me souviens du match contre Manchester United notamment en Ligue des Champions.

Des joueurs en particulier t’ont-ils marqué ?

Il y en a beaucoup bien évidemment. Mais si je ne devais en citer que quelques-uns, je me souviens notamment de Marcelo Gallardo. Je crois d’ailleurs que c’était à l’occasion du match contre Nancy pour le titre en 2000. Il élimine un joueur sans toucher le ballon. Il a posé le pied juste à côté du ballon et il a fait une feinte de corps qui m’est restée en mémoire. Après je n’ai pas forcément d’idoles, mais il y a beaucoup de joueurs que j’ai bien aimés. Souvent des bons joueurs mais aussi des bonnes personnes. Par exemple, Ludovic Giuly, Flavio Roma, Fabinho… Je ne les connaissais pas personnellement mais j’avais l’impression qu’en plus d’être de très bons joueurs, ce sont des gens avec une mentalité exceptionnelle.

Quelles périodes de l’histoire récente du club t’ont permis de renforcer ta passion ?

J’étais à fond dedans d’entrée. Et c’est vrai qu’avant 1998, je suivais déjà un petit peu. Après comme j’étais au lycée à Nîmes, malheureusement pour moi il y avait la moitié des jeunes qui étaient pour l’Olympique de Marseille. Et donc il y a avait une certaine rivalité à cette époque entre les deux clubs, d’autant que c’est l’une des seules fois où deux clubs français se rencontraient en coupe d’Europe.

Donc moi j’étais à fond pour Monaco et j’étais un peu seul. Donc j’ai toujours été dedans, même s’il y a eu des périodes moins fastes. J’ai d’ailleurs une anecdote quand ça allait moins bien. Je retombe sur cette photo que j’ai prise avec Chu-young Park juste avant la descente en Ligue 1 en 2011. Ils avaient fait une mise au vert au Grau-du-Roi, et j’étais allé les voir.

Comment as-tu vécu le match de la remontée à Nîmes, justement après avoir connu cette période difficile de deux ans ?

C’était beau. Mais quelque part, je m’y attendais, car ce n’était pas la première fois qu’on marquait dans les derniers instants à Nîmes (1-0, but d’Ibrahima Touré à la 95e minute, ndlr). Forcément c’était encore plus beau que ce soit à Nîmes, chez moi, même si j’étais en tribune avec mon père, je n’étais pas en parcage. D’ailleurs ensuite je vais au Stade Louis-II le match d’après, pour fêter le titre cette fois. C’était génial. Après j’ai aussi connu des déceptions aux Costières, parce qu’on avait été éliminé en Coupe de France, quelques années avant.

Quel match t’as le plus marqué depuis 23 ans que tu suis l’AS Monaco ?

Je crois que c’est le Monaco – La Corogne, le fameux 8-3, car je l’ai vu dans des circonstances particulières. J’étais chez des potes, et un gars qui était supporter de Marseille avait mis un espèce de streaming, mais j’étais presque le seul à être intéressé par le match. Et là les buts s’enchaînent les uns après les autres. C’était juste incroyable. Je retiens également un match à Lyon en Coupe de France qu’on gagne 3-1 l’année du titre en 2000. A la fin du match, certains joueurs envoient les maillots, et j’ai récupéré celui de Marco Simone. C’est un maillot de Coupe de France, donc il est hyper moche (rire), il n’y avait même pas le logo, il était juste collé. Mais bon c’est le maillot de Marco Simone quoi.

As-tu une collection de maillots chez toi justement ?

J’ai pas mal de maillots de l’AS Monaco chez moi effectivement, mais c’est vraiment le seul qui a été porté. Après j’ai un autre maillot dédicacé cette fois par Nicolas N’Koulou, mais c’est un maillot du Cameroun. En tout cas, c’est le seul d’une autre équipe que Monaco.

Qu’est ce qui te fait vibrer lorsque tu vas au stade ?

Je dirais que c’est tout simplement l’adrénaline des matchs. Parce qu’au final, 80% des matchs que je vais voir c’est à Montpellier ou à Nîmes, donc avec des personnes qui ne sont pas pour Monaco. C’est souvent avec mes potes de l’équipe de foot amateur avec laquelle je joue, qui sont pour la plupart pour le MHSC. Donc dans une ambiance, non pas hostile car ça reste mes amis, mais un peu difficile à vivre. Je me rappelle notamment d’un but de Valère Germain à la dernière minute à la Mosson alors que j’étais pour une fois en tribune présidentielle avec que des supporters autour. Donc j’étais le seul à bouger (sourire).

Comment sens-tu le match de ce week-end, avec des dynamiques diamétralement opposées ?

Je pense que ça peut être un match piège. Même si c’est vrai que Nîmes est beaucoup porté par son public à domicile, contrairement à Montpellier. Le public nîmois est très chaud et j’ai toujours vu des matchs où l’équipe est galvanisée, comme à Marseille par exemple. Donc forcément en ce moment, étant donné que les matchs sont à huis clos, ça les dessert. Mais attention effectivement. J’étais là l’année dernière et j’ai hurlé sur les deux cartons rouges qu’on prend.

Ça risque d’être compliqué, même si je pense que Niko Kovac a mis les choses au clair avec les joueurs. Je pense aussi que c’est le moment de faire un peu tourner l’équipe type. On sent qu’il y a des joueurs qui ont besoin de repos, et ce serait bien de ne pas attendre la Coupe de France pour faire tourner. Ça va être accroché et physique face à Nîmes. Il faudra compenser le déficit de taille qu’on a devant.

Un changement de coach peut changer à court terme la mentalité de l’équipe. J’ai été triste d’apprendre cette nouvelle, tous les entraîneurs sont dans le même bateau. C’est une nouvelle opportunité pour les joueurs. Nous devons être concentrés et focus sur ce match avec une préparation optimale. On doit se donner à 100% dimanche, comme à chaque match.
Niko KovacEntraîneur de l'AS Monaco

Est-ce que cette période difficile, sans supporters dans les stades, altère ta passion pour le football en général ?

Je dirais que non, car finalement je n’ai pas beaucoup d’occasions d’aller au stade, je vois 2-3 matchs par an seulement. La crise de la Covid-19 n’altère donc pas ma passion, dans le sens où je ne suis pas un gros consommateur de foot en dehors des matchs de l’AS Monaco. C’est un peu le deal avec ma compagne, qui ne supporte pas le foot (sourire). Par contre, s’il y a quelque chose qui change la vision et le rapport que j’ai avec le foot, c’est l’arbitrage vidéo.

Parce que lorsqu’on marque un but, on ne sait pas si on peut être content. On attend une, deux, trois minutes, et on ne sait pas si on va exulter. L’année dernière on l’a vu, je crois que c’est contre Nantes où Wissam Ben Yedder a un but refusé parce que deux minutes avant Islam Slimani était hors-jeu dans la construction du jeu. S’il y a une chose qui peut aujourd’hui changer notre rapport au foot pour moi, c’est vraiment la VAR. Après je peux comprendre que certains qui ont plus l’habitude d’aller au stade, sont plus affectés que moi.

Pour finir, as-tu une anecdote particulière que tu voudrais partager ?

Oui, je pense au premier match que je fais à la Mosson à Montpellier. J’étais avec mon cousin, on avait des invitations par le club. Et quand on arrive au guichet, ils ne les avaient pas. On a alors appelé l’intendant du MHSC, qui nous a fait descendre dans les couloirs du stade. Et à un moment donné, quand on passe près d’un petit escalier qui devait faire 1,2 m de large au maximum, on voit une personne sur les dernières marches en train de se concentrer.

Je ne vois qu’un crâne à ce moment-là. Je descends l’escalier, pendant que mon cousin va chercher les places dans le vestiaire des joueurs, et là dans le hall je me retourne, et je vois Fabien Barthez. C’était en 1998, il venait d’être sacré champion du Monde. On gagne finalement le match 3-2 et il avait été décisif, malgré un centre-tir incroyable de Laurent Robert. Ça m’avait marqué.

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