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U19 30 août 2020, 11:05

Frédéric Barilaro : "Travailler la mentalité et l’état d’esprit"

Frédéric Barilaro : "Travailler la mentalité et l’état d’esprit"
Six mois après l’arrêt total d’une saison durant laquelle les U19 de l’AS Monaco sont restés invaincus, Frédéric Barilaro fait le point sur la préparation du groupe et son retour à la compétition.

Il n’a pas perdu un seul match à la tête des U19 Rouge et Blanc la saison dernière. Frédéric Barilaro, formateur historique de l’AS Monaco depuis l’an 2000, démarre une saison aux commandes d’une équipe qui a totalement changé cet été. Avec Gaël Givet à ses côtés, qu’il a lui-même formé à l’époque de son passage à l’Academy, le vainqueur de la Coupe Gambardella 2016 va accompagner cette nouvelle génération U19 vers le monde professionnel. Une tâche loin d’être évidente et qu’il nous détaille en ce tout début de saison, avant d’affronter le SC Toulon ce dimanche au Stade Prince Héréditaire Jacques de Beausoleil (15h).

Comment s’est passée la reprise après cette longue coupure ?

C’est vrai que l’on s’est arrêté précipitamment. On était en train de faire une grande saison et malheureusement tout le monde été coupé par la crise sanitaire. On avait envie de revenir sur le terrain, de retoucher le ballon. Au début cela a été compliqué, ça faisait longtemps qu’on ne les avait pas vus. En plus c’est un groupe qui a complètement changé par rapport à l’année dernière, qui est très jeune. Alors on a eu une progression dans le travail. On a commencé doucement en intensité les deux premières semaines et ensuite on a augmenté le rythme progressivement à partir du stage à Saint-Martin de Vésubie. Aujourd’hui on est dans la sixième semaine. On travaille beaucoup l’attitude, les comportements, la concentration pendant les séances d’entraînement. On essaye de leur faire comprendre ça au quotidien, de les faire évoluer sur la mentalité et de dynamiser le groupe.

Comment avez-vous géré la prise en main de ce groupe ?

Un seul joueur de la saison dernière est resté dans le groupe actuel. Tous les autres sont montés avec le groupe des U17 de la saison dernière. Je les connais parce que je suis en rapport quotidien avec Manu Dos Santos. C’est un groupe qui est composé de six 17 ans deuxième année et le reste de 19 ans première année. Je les ai vus évoluer dans leur championnat, ou même à l’entraînement puisqu’on s’entraînait deux ou trois fois avant eux durant la semaine la saison passée. Mais c’est toujours différent de les voir et d’être avec eux au quotidien.

On peut perdre, on peut gagner, mais il faut le faire avec la manière. Avoir toujours une bonne attitude. L’état d’esprit c’est quelque chose qu’on peut changer. Les résultats c’est plus compliqué d’avoir un impact dessus.
Frédéric BarilaroEntraîneur U19 AS Monaco

Quelles sont les différences entre le niveau U17 et U19 ?

Ce qui est différent c’est certainement la vitesse et puis l’engagement dans les confrontations. Ce que l’on essaye de leur faire comprendre c’est aussi que le groupe va évoluer collectivement et donc individuellement. C’est ce qui va permettre à certains joueurs de se révéler, grâce au groupe. C’est vraiment la mentalité et l’état d’esprit que l’on travaille avec eux.

Quels sont vos objectifs cette saison ?

Faire aussi bien que la saison dernière ce sera difficile (invaincus en 19 journées, leaders au classement avec 13 victoires). L’objectif c’est surtout de jouer avec un état d’esprit encore une fois. On peut perdre, on peut gagner, mais il faut le faire avec la manière. Avoir toujours une bonne attitude. L’état d’esprit c’est quelque chose qu’on peut changer. Les résultats c’est plus compliqué d’avoir un impact dessus.

Est-ce frustrant de travailler avec un groupe, de tout gagner et de le voir partir au niveau au-dessus ?

Non. La frustration que l’on a pu avoir l’année dernière, c’est de ne pas avoir pu aller au bout de la saison alors qu’on est invaincus en 23 matchs, championnat et Coupe Gambardella confondus. La formation c’est comme ça, ils ne sont pas fait pour rester, ils sont programmés pour aller au niveau au-dessus. Dans la première composition de la saison en N2 le week-end dernier contre Louhans-Cuiseaux (victoire 2-1), il y avait neuf joueurs sur onze titulaires, qui étaient en U19 la saison dernière. Alors oui ça c’est sur que ça fait plaisir. C’est un groupe qui est très jeune en revanche, alors il y en a certains qui vont devoir prendre leurs responsabilités avec David (Bechkoura).

L’identité dans un club, le fait que des anciens comme Manu, Gaël et Sébastien reviennent ici pour travailler à la formation, c’est très important, cela doit rester, et j’espère que ça va continuer comme ça.
Frédéric BarilaroEntraîneur U19 AS Monaco

Comment voyez-vous votre relation avec votre adjoint Gaël Givet ?

Je n’appréhende pas du tout. On se comprend très bien, on s’entend très bien. On n’a besoin que d’un regard pour se comprendre. L’identité dans un club, le fait que des anciens comme Manu, Gaël et Sébastien reviennent ici pour travailler à la formation, c’est très important, cela doit rester, et j’espère que ça va continuer comme ça. Ce sont des exemples. Quand j’ai démarré la formation je les ai eu. La première année où j’ai eu la réserve pro je les avais dans le groupe, lorsque Monaco est champion avec Claude Puel en 2000. Pour moi ce sont eux les garants de l’identité du club.

Est-ce une fierté de voir certains joueurs que vous avez formé réussir au plus haut niveau ?

On forme des joueurs pour qu’ils évoluent chez nous. Même s’ils deviennent professionnels ailleurs, on aura fait notre travail. On est là pour les accompagner. Ils ont un chemin à suivre, après c’est eux qui le suivent ou pas. Si on a pu marquer certains joueurs tant mieux, ça fait partie de la formation. Mais on a envie que les joueurs jouent en pro à l’AS Monaco, c’est l’aboutissement de la formation. Je dirais que quand on est formateur on a plus de satisfaction parce que ce ne sont pas des parcours linéaires. Il y en a certains qui n’ont pas réussi tout de suite mais sur lesquels on a insisté. Mais parfois il y a des parcours pour certains qui sont moins évidents. La meilleure chose qu’on a fait avec Kylian Mbappé, c’est de l’avoir signé pro à Monaco.

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