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Interview 26 février 2022, 12:00

Frédéric Bulot : "Je me voyais faire toute ma carrière à l'AS Monaco"

Frédéric Bulot : "Je me voyais faire toute ma carrière à l'AS Monaco"
Avant la rencontre entre l'AS Monaco et le Stade de Reims, ce dimanche (13h), asmonaco.com est allé prendre des nouvelles de Frédéric Bulot, formé à l'Academy et ancien joueur du club champenois. Souvenirs.

Il n’a porté le maillot de l’AS Monaco qu’à 12 reprises chez les professionnels, mais beaucoup se souviennent encore de son talent balle au pied. Arrivé à l’Academy en 2005, Frédéric Bulot a été international français dans toutes les catégories de jeunes, avant de quitter le Club en 2011. Avant la rencontre entre les Rouge et Blanc et le Stade de Reims, où il a également évolué, asmonaco.com est allé prendre de ses nouvelles pour évoquer avec lui ses souvenirs sur le Rocher et ses nombreuses expériences à l’étranger. Entretien.

J'étais conscient de mes qualités mais ça s'est passé encore mieux que ce que j'espérais, parce que j'ai été international dans toutes les catégories, des U16 aux Espoirs. J'étais donc au sommet de ce que je voulais faire et l'AS Monaco m'a permis d'évoluer positivement. C'était vraiment parfait.
Frédéric BulotAncien milieu de l'AS Monaco

Salut Frédéric. Pour commencer, raconte nous ton arrivée à l’Academy de l’AS Monaco…

Tout s’est fait très tôt. Arnold Catalano et Luc Cerrajero étaient venus me superviser, donc un ou deux ans avant mon entrée au centre de préformation de Châteauroux je connaissais déjà l’intérêt de l’AS Monaco et j’avais signé mon précontrat. Une dizaine de clubs professionnels étaient intéressés, dont Rennes, mais avec ma famille nous avons vite arrêté notre choix sur Monaco.

Que représentait pour toi l’AS Monaco à cette époque ?

Déjà, rien que pour le cadre de vie c’était exceptionnel. Je n’étais jamais venu sur la Côte d’Azur et ça m’avait vraiment marqué. Et puis au niveau footballistique, c’était déjà un très grand club, reconnu par tout le monde. J’ai surtout été attiré par la relation qu’Arnold Catalano a eu avec ma famille. On était très proches et on avait besoin de ça pour me laisser partir si loin à cet âge. C’était rassurant pour ma famille et pour moi. J’étais conscient de mes qualités mais ça s’est passé encore mieux que ce que j’espérais, parce que j’ai été international dans toutes les catégories, des U16 aux Espoirs. J’étais donc au sommet de ce que je voulais faire et l’AS Monaco m’a permis d’évoluer positivement. C’était vraiment parfait.

Vous aviez en plus une très belle génération, avec notamment Nicolas Nkoulou, Cédric Mongongu, Yohann Thuram…

Oui, on a été champions de France de CFA. Je suis de 1990, donc j’étais le plus jeune, mais c’est surtout la génération 1989 qui était exceptionnelle. Ils étaient tous internationaux de leur pays respectif. On est toujours en contact car, même si chacun a sa trajectoire, on se retrouve lors de certains matchs. C’est toujours plaisant de connaître le parcours de chacun et c’est là qu’on voit que le travail sans le talent ne vaut pas grand-chose, mais qu’inversement les plus bosseurs dépassent souvent les feignants qui ont du talent.

C’est Guy Lacombe qui t’as intégré au groupe pro puis lancé en Ligue 1. Comment était-il avec toi ?

C’était un coach super rigoureux, très exigeant, donc pour arriver à passer de la réserve au groupe professionnel il fallait être bien armé et avoir des qualités d’abnégation et de dépassement de soi. Il était plutôt de la vieille école et il y avait beaucoup de joueurs confirmés dans l’effectif, comme Eidur Gudjohnsen, ou même Nenê qui jouait à mon poste. Mais j’ai disputé mon premier match en Ligue 1 face à Lyon, ce qui montre qu’il m’a accordé beaucoup de confiance et j’avais donc à cœur de lui rendre car j’étais très reconnaissant.

Justement, ce premier match face à l’OL, cela doit rester l’un des plus grands souvenirs de ta carrière…

Ça marque parce que tu fais tes premiers pas dans le monde professionnel et qu’à partir de ce moment-là beaucoup de choses changent : la visibilité, la valeur marchande, les statistiques… Mais avant tout, c’est une vraie fierté pour la famille. Tu repenses à tout le travail que tu as effectué pendant des années pour arriver à ce moment précis. C’est l’aboutissement de beaucoup d’efforts et de sacrifices, même si le football reste une passion et en faire son métier est une chance.

Lorsque j'étais en centre de formation, je ne m'imaginais pas du tout partir de l'AS Monaco un jour, je m'y voyais faire toute ma carrière, mais c'est finalement arrivé… Finalement, j'ai grandi ailleurs et le Club est vite revenu en Ligue 1.
Frédéric BulotAncien milieu de l'AS Monaco

A l’issue de cette saison 2010-2011, le Club descend malheureusement en Ligue 2 et tu signes à Caen. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Je pars car il y a la descente, que je suis international Espoirs français et que ce statut impose des exigences, dont celle d’évoluer au meilleur niveau. J’étais en fin de contrat à Monaco et on m’a proposé des choses intéressantes en Ligue 1. Tout le monde l’a bien compris et je ne regrette rien. Les gens qui m’ont encadré, comme Frédéric Barilaro, savent que j’ai toujours donné toujours le maximum. Lorsque j’étais en centre de formation, je ne m’imaginais pas du tout partir de l’AS Monaco un jour, je m’y voyais faire toute ma carrière, mais c’est finalement arrivé… Finalement, j’ai grandi ailleurs et le Club est vite revenu en Ligue 1.

Quel est le meilleur joueur avec lequel tu as joué à Monaco ?

Je n’ai pas joué avec lui mais il était au Club lorsque j’étais à l’Academy, donc je dirais quand même Yaya Touré. Il avait une telle facilité pour changer le cours d’un match, quand il avait envie de prendre les choses à son compte. D’ailleurs la suite de sa carrière l’a montré car il a fait partie des meilleurs joueurs au monde.

Ensuite tu as beaucoup voyagé et tu as notamment joué au Japon, en Malaisie et à Chypre. Était-ce une volonté de découvrir d’autres pays et d’autres cultures ?

J’avoue que certains aspects du football m’ont un peu déçu. On m’a mis certaines barrières mais j’ai suivi mon chemin. Lorsque je suis parti en Asie, je n’avais pas spécialement envie d’y jouer, mais c’était beaucoup plus simple pour la continuité de ma carrière. Et franchement, j’ai été agréablement surpris. Le Japon, c’est un autre monde mais aussi un autre football, très agréable à jouer, très technique. On voit des phases de possession que l’on n’a pas en Europe et il faut vraiment être sur le terrain pour y croire. Tu ne peux pas leur prendre la balle ! La Malaisie, c’était vraiment différent, c’était plus « détente ». Le niveau est moins haut mais par contre tu as une qualité de vie incroyable, avec en plus des avantages lorsque tu es un joueur étranger.

Et désormais, à 31 ans, que fais-tu ?

Je pensais sincèrement terminer ma carrière en Asie, mais lorsqu’il y a eu le Covid j’ai préféré rentrer en Europe car sinon je n’aurais pas pu voir ma famille et mes proches pendant de longs mois. Ce n’est pas une vie de rester seul. Le football fait partie de ma vie, mais ce n’est pas toute ma vie. Donc j’ai retrouvé assez rapidement un challenge à Chypre, au Doxa Katokopias. J’y ai signé un an et demi mais finalement, avec mon président, on a préféré résilier mon contrat à l’amiable car suite à ma blessure contractée à Reims j’avais beaucoup de douleurs et je ne prenais plus beaucoup de plaisir. Les dégâts causés sur ma santé sont irréversibles et c’est un cercle vicieux, donc j’ai préféré me rapprocher de ma famille. Mais je peux dire que je suis fier de mon parcours et que je n’ai aucun regret.

Rise. Risk. Repeat.

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