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Palmarès 09 juillet 2019, 14:40

1961
Au bout du suspense

1961<br>Au bout du suspense

L’expression « ne jamais baisser les bras » prend tout son sens quand on se souvient comment l’AS Monaco a remporté son premier titre de champion de France.

Le 21 août 1960, un peu plus de deux mois après avoir remporté la Coupe de France, premier trophée majeur de l’histoire du club, les hommes de Lucien Leduc abordent sans complexe le nouveau championnat de Division 1 en s’imposant 0-1 à Lens lors de la première journée. Ils ne savent pas encore qu’ils lutteront jusque dans les dernières secondes de la saison pour s’adjuger le titre de champion de France neuf mois et demi plus tard !

Six victoires pour commencer

Les Rouge et Blanc remportent les six premiers matchs, portés par un quatuor offensif Cossou/Théo/Carlier/Djibrill en grande forme, avant de s’incliner lourdement à Reims (3-0). Mais déjà, l’équipe dont Michel Hidalgo est désormais le capitaine, montre sa capacité de réaction en infligeant une lourde défaite aux voisins niçois dans le derby (5-1). Au terme de la phase aller, l’AS Monaco ne compte que deux petits points de retard sur le RC Paris, solide leader, mais néanmoins terrassé 3-0 à Louis-II lors de la 17e journée (doublé de Cossou en début de rencontre et but de Djibrill en toute fin de match).

Douze journées en tête

Le duel se poursuit durant la phase retour. Lors de la 23e journée, l’AS Monaco bascule en tête au gré d’un court succès contre Grenoble (1-0). Comptant jusqu’à trois points d’avance au début du printemps, malgré un lourd revers à Nice le 4 avril (défaite 6-0), l’équipe s’accroche à la première place durant douze journées consécutives, mais ne possède qu’une longueur d’avance sur son adversaire parisien au moment de lui rendre visite lors de la 35e journée. Disputée à Colombes, où l’AS Monaco connaissait l’ivresse de la victoire un an plus tôt, la rencontre tourne rapidement à l’avantage du Racing, qui s’impose largement 3-0 et reprend la première place à des Monégasques que l’on pense alors résignés.

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La lutte final

Ces derniers prouvent le contraire en remportant le match suivant 3-0 contre Saint-Etienne, succès leur permettant de revenir à hauteur des Parisiens au classement, seulement devancés à la différence de buts à deux journées de la fin. Le 28 mai 1961, l’AS Monaco se déplace au Havre, tandis que le Racing reçoit Reims. Les deux matchs s’achèvent sur le même score de 1-1, tout se jouera lors de l’ultime journée programmée une semaine plus tard. Au tour des Parisiens de rendre visite aux Havrais, bien installés dans le ventre mou du classement, tandis que l’AS Monaco reçoit une formation valenciennoise qui lutte pour sa survie.

Le jour J : le coup de patte salvateur de Carlier

Le 4 juin 1961 c’est une finale à distance que se livrent l’AS Monaco et le RC Paris. Avec 55 points chacune, les deux équipes ne sont séparées que de deux petits buts : +36 pour le Racing, +34 pour les hommes du Rocher. Contre des Valenciennois condamnés au succès pour se maintenir, les Rouge et Blanc doivent s’imposer avec le plus large écart possible pour espérer. Ils savent, pour l’avoir affronté une semaine plus tôt, qu’ils peuvent compter sur la formation havraise pour ne rien lâcher à domicile face au RC Paris. Au Stade Louis-II, la tension est à son comble alors que la première période s’apprête à prendre fin sans qu’aucun but n’ait été marqué. C’est le moment choisi par Albertus Carlier pour décocher un tir terrible sur un coup-franc obtenu devant la surface nordiste. L’ouverture du score tant attendue déclenche la joie des supporters monégasques, tandis qu’au Havre, un certain Yvon Douis, qui rejoindra l’AS Monaco lors de l’intersaison suivante, permet à son équipe d’accrocher le Racing (2-2). En Principauté, le tableau d’affichage n’évolue plus, la fin de match est interminable et l’inquiétude générale égale à l’immense joie qui s’empare du Stade Louis-II au coup de sifflet final. L’AS Monaco est champion de France pour la toute première fois de son histoire !

4 juin 1961 – Monaco, Stade Louis-II
38e journée de Division 1

AS Monaco 1-0 Valenciennes
Affluence : 4 950 spectateurs
Arbitre : M. Lacoste
But : Carlier (45e)
AS Monaco : Garofalo, Nowak, Thomas, Ludo, Biancheri, Théo, Hess, Hidalgo (cap), Cossou, Carlier, Djibrill – Entr. : L. Leduc
Valenciennes : Schaeffer, Cauwelier, Kocik, Piumi, Makowski, Puccar, Guillon, Cisowski, Masnaghetti, Baulu – Entr. : R. Domergue


Ils ont dit

Le 6-0 à Nice ? Nous étions tous responsables de ce carton. En vérité cette humiliation nous a fait beaucoup de bien, elle nous a remis les idées en place. Le lendemain, M. Leduc nous a même fait pleurer à l’entraînement. Huit jours après on a baladé le Racing en Coupe Drago et on a fini par décrocher le titre.
Lucien Cossouau sujet du derby perdu à Nice lors de la 31e journée
Théo nous a fait franchir un palier supplémentaire, non seulement collectivement, mais aussi individuellement. Comme il était le maître à jouer de l’équipe, il était marqué impitoyablement dès le début du match. Il se débarrassait donc de la balle au plus vite en nous la donnant, ce qui nous obligeait à trouver des solutions à sa place. Au bout d’un quart d’heure, vingt minutes, son garde du corps lâchait prise et le festival de Théo pouvait commencer. Un régal.
Georges Thomasau sujet de Théo, meneur de jeu recruté à Rennes durant l'intersaison 1960
Georges Thomas et Lucien Cossou côte à côte lors d’une réception au Palais Princier.

Prolongations

– Meilleurs buteurs monégasques sur la saison 1960-1961, Lucien Cossou (18 buts), Serge Roy (14 buts) figurent dans le top 15 du championnat.

– Au terme de la saison, de par son statut de champion de France, l’AS Monaco est invité à disputer le tournoi de New-York en compagnie d’autres équipes européennes : l’Espanyol Barcelone, le Rapid de Vienne, l’Etoile Rouge et Belgrade et le Dukla Prague. Cette tournée américaine dure plus d’un mois du 25 juin au 30 juillet 1960. Troisièmes du tournoi, les Rouge et Blanc passent ensuite par Montreal, puis Haïti, avant de rentrer en Principauté.

– Éliminé au 2e tour de la Coupe de France, l’AS Monaco participe donc à la Coupe Drago. Cette compétition, ancêtre de la Coupe de Ligue, est alors organisée par la LFP pour les équipes professionnelles ayant été éliminées avant les quarts de finale de la Coupe de France. Après avoir notamment éliminé le Racing de Paris, l’AS Monaco remporte le trophée en disposant du Racing Club de Strasbourg en finale.

– Grâce à ce succès, l’AS Monaco va découvrir la Coupe d’Europe des Clubs Champions la saison suivante, éliminée dès le tour préliminaire, non sans avoir démérité face aux Glasgow Rangers (2-3/3-2).

Cette année-là

– John Fitzgerald Kennedy (JFK) devient le 35e Président des États-Unis tandis que l’un de ses futurs successeurs, Barack Obama, voit le jour à Honolulu (Hawaï).

– Ben E King place son « Stand by Me » en tête des charts mondiaux, tandis que Hugues Aufray chante « Santiano », un titre qui accompagne des générations de français depuis près de 60 ans !

– Omar Sivori, meneur de jeu de la Juventus, est le tout premier joueur argentin à être sacré Ballon d’Or.

– Elizabeth Taylor remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans « La Vénus au Vison ».

– Au début du mois d’août, l’Allemagne de l’Est (RDA) entame la construction du Mur de Berlin, symbole du rideau de fer en pleine Guerre Froide. Le mur tombera 29 ans plus tard.

Le 13 août 1961, les Berlinois découvrent qu’un mur a été érigé en pleine nuit pour séparer la ville en deux…

– Prix Pulitzer en 1953 pour « Le Viel Homme et la Mer », Prix Nobel de Littérature en 1954, Ernest Hemingway se suicide le 2 juillet à Ketchum (Idaho).

– Déjà vainqueur l’année précédente, Stirling Moss enchaîne dans les rues de Monaco. En s’imposant pour la seconde fois consécutive, il offre à l’écurie Lotus son troisième succès en Formule 1.

– L’année est faste pour les grands vins français. Le Millésime 1961 est très bon pour les vins bourguignons, mais véritablement exceptionnel pour les vins de Bordeaux.

– Le Benfica Lisbonne est le premier club à mettre fin à l’hégémonie du Real Madrid sur la Coupe des Clubs Champions. Vainqueur des cinq premières éditions de la compétition, le club espagnol s’incline 3-2 en finale à Berne.

– Le 12 avril, l’astronaute soviétique, Yuri Gagarine, devient le premier homme à effectuer un vol orbital autour de la Terre.

Devenu un héros international après cette grande première, Yuri Gagarin est décédé en 1968 dans un crash. Son nom a été donné à un cratère lunaire et à un astéroïde.
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