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Médias 28 décembre 2021, 16:00

Hervé Mathoux : "J'ai failli me faire expulser lors de Monaco-Roma !"

Hervé Mathoux : "J'ai failli me faire expulser lors de Monaco-Roma !"
Ils vous font vivre les matchs comme si vous y étiez. Pendant les fêtes de fin d’année, asmonaco.com vous propose une série d’entretiens avec les grands témoins des médias, qui ont des souvenirs marquants avec les Rouge et Blanc. Aujourd’hui, rencontre avec Hervé Mathoux.

Vous l’avez peut-être connu à TF1, où il couvert les plus grandes compétitions internationales de football, formant notamment avec Guy Roux un savoureux duo de commentateurs lors de l’Euro 1996 et de la Coupe du monde 1998. Mais c’est assurément en tant que présentateur sur Canal + que vous avez le plus souvent vu Hervé Mathoux.

Aux commandes de la mythique émission « L’Equipe du dimanche », et depuis 2008 du « Canal Football Club », le journaliste de 55 ans a eu moins souvent l’occasion de se rendre au Stade Louis-II, mais il garde de ses venues des souvenirs intacts et souvent drôles, comme il nous l’a confié dans cette interview.

Ça a été un émerveillement, un dépaysement absolu, lié pas seulement au foot d'ailleurs. Venir en Principauté, voir la beauté des lieux et l'ambiance particulière qui y règne, m'avait vraiment marqué. On sentait que l'on était dans un endroit hors du commun.
Hervé MathouxJournaliste à Canal +

Bonjour Hervé. Est-ce que vous vous souvenez de votre première fois au Stade Louis-II ?

Paradoxalement, je ne me souviens pas du match, mais je me rappelle du fait d’arriver pour la première fois à Monaco, en tant que jeune journaliste. Ça a été un émerveillement, un dépaysement absolu, lié pas seulement au foot d’ailleurs. Venir en Principauté, voir la beauté des lieux et l’ambiance particulière qui y règne, m’avait vraiment marqué. On sentait que l’on était dans un endroit hors du commun.

Vous avez quand même eu l’occasion de venir ensuite commenter régulièrement des matchs sur le Rocher…

Oui, et parmi les souvenirs qui me remontent spontanément, il y a la demi-finale de Coupe de France 1991 contre Gueugnon (5-0). Ce qui m’avait frappé, c’était l’arrivée des supporters de Gueugnon en gare de Monaco. Nous les suivions jusqu’au stade, qu’ils rejoignaient à pied, et là c’était à notre tour d’accompagner des gens découvrant la Principauté (voir la vidéo ci-dessous, ndlr). Et pour les Gueugnonnais, c’était forcément un peu un choc des cultures. Ils débarquaient sur une autre planète. C’était assez drôle et ça m’a rappelé l’émerveillement que j’avais eu moi-même lors de ma première venue à Monaco.

Aviez-vous vos habitudes lorsque vous veniez travailler à Monaco ?

Je n’y suis pas venu suffisamment souvent pour instaurer une routine. Ça dépend un peu du temps qu’on a, mais lorsqu’on vient rarement, qu’il fait beau et qu’on a un peu de temps, il y a un petit passage obligé par la place du Casino pour prendre un petit café au soleil. Souvent après les matchs, on allait dîner sur le port de Fontvieille, car c’était l’un des seuls endroits qui était encore ouvert, mais je n’avais pas de routine à proprement parler.

Pour en revenir au football, y a-t-il un match qui vous a marqué plus qu’un autre ?

Oui, très clairement. C’est moi qui couvrais pour TF1 l’épopée de 1992 en Coupe des coupes, jusqu’à la finale de Lisbonne qui n’a malheureusement presque pas existé contre le Werder Brême. Mais le match qui m’a marqué, à cause d’un suspense haletant et d’un dénouement positif à la fin, c’est le quart de finale contre l’AS Roma. Il y avait eu 0-0 en Italie à l’aller, et Monaco avait gagné le retour 1-0. Je me souviens d’une extrême tension, d’une pression totale. J’étais en bord de pelouse et quelques minutes après le but monégasque, le ballon est venu près de moi mais je n’ai ni essayé de l’attraper, ni de le laisser passer,  je suis resté neutre. Cela a rendu fou les gens de l’AS Roma, qui ont commencé à me tomber dessus. Et l’arbitre est venu me voir et m’a dit en gros : « Vous refaites ça une fois, je vous expulse ! » Donc j’ai failli me faire expulser lors de ce Monaco-Roma ! Pourtant je n’avais rien fait, je n’allais pas non plus plonger sur le ballon pour le rendre très vite aux Romains.

Lors de ces soirées de Coupe d’Europe, l’ambiance au Stade Louis-II est assez exceptionnelle…

En fait, j’ai connu deux types d’ambiance à Louis-II. Effectivement, lors des matchs de Coupe d’Europe on sent que l’on vit un grand moment, même si le Stade ne s’y prête pas par sa configuration. Mais lors des soirées de gala, tu sens que le Stade est incandescent autant qu’il puisse l’être. Et puis j’ai connu aussi des matchs lambdas de championnat où, un quart d’heure avant, tu regardes le journal pour savoir si tu ne t’es pas trompé d’horaire du coup d’envoi (sourire). Mais en même temps, quand tu es journaliste, de temps en temps cela fait du bien de marcher tranquillement pour venir au Stade, d’être dans la rue sereinement, à la cool. Cela a son avantage.

Nous voulions faire une petite scène d'ouverture où Jean-Luc Ettori arrivait devant le Casino et faisait un créneau pour se garer entre deux Rolls-Royce. Tout s'est bien passé, mais en repartant il avait oublié qu'il n'était pas au point mort, la 2CV a fait un bond en avant et a un peu touché la Rolls juste devant.
Hervé MathouxJournaliste à Canal +

Dans la longue histoire de l’AS Monaco, si vous ne deviez retenir qu’un joueur, ce serait lequel ?

Il y en a vraiment beaucoup, mais je dirais quand même Jean-Luc Ettori, parce qu’il a été inamovible, qu’il est resté toute sa carrière au Club (755 matchs entre 1975 et 1994). C’est le joueur le plus emblématique des 40 ans dernières années. En plus, c’est quelqu’un d’agréable, avec lequel j’ai fait beaucoup de sujets à l’époque. Pendant un temps, il circulait en 2CV, ce qui était évidemment une curiosité à Monaco. Nous avions réalisé un sujet et une interview dans cette 2CV, ce qui a valu une scoliose pendant des mois à mon cameraman, et nous voulions faire une petite scène d’ouverture où Jean-Luc Ettori arrivait devant le Casino et faisait un créneau pour se garer entre deux Rolls-Royce. Tout s’est bien passé, mais en repartant il avait oublié qu’il n’était pas au point mort, la 2CV a fait un bond en avant et a un peu touché la Rolls juste devant.

Avez-vous d’autres anecdotes en rapport avec le Club ?

Je me souviens aussi que lorsque l’on venait couvrir la Ligue des champions à Monaco, le jour du match le Club organisait un déjeuner, sous forme de buffet, pour une rencontre informelle avec les journalistes. C’était dans l’un des nombreux lieux prestigieux de Monaco, et on sentait que tous les journalistes étrangers qui étaient envoyés sur ce match avaient eu la bénédiction du tirage au sort. Avec le buffet, tout le décorum, les palmiers, le soleil, ils étaient au paradis ! Je pense qu’ils ont remercié la personne qui avait tiré la boule AS Monaco jusqu’à la fin de leurs jours (rires) !