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Interview 27 août 2022, 14:21

La génération 88, la tête de Mark Hateley, FIFA 23... les confidences d'Omar Da Fonseca

La génération 88, la tête de Mark Hateley, FIFA 23... les confidences d'Omar Da Fonseca
A la veille de l’affiche du week-end en Ligue 1 entre ses deux anciens clubs, le Paris Saint-Germain et l’AS Monaco, l’ex attaquant argentin aujourd’hui consultant star pour beIN Sports, s’est confié sans détour sur son passage en Principauté. Rencontre.

Tu le connais forcément pour ses envolées lyriques au micro de la chaîne de télévision beIN Sports pour laquelle il couvre la Liga et la Ligue des Champions. Tu le retrouveras d’ailleurs bientôt avec son binôme Benjamin Da Silva, aux commentaires du prochain FIFA 23. Avant le choc de la 4e journée de Ligue 1 entre le PSG et l’AS Monaco, ses deux anciens clubs, Omar Da Fonseca a accepté d’évoquer son passage aux bords de la Méditerranée. Avec la prose qu’on lui connaît. Entretien.

Bonjour Omar. Tout d’abord, rappelez-nous comment se déroule votre arrivée en France dans les années 80 ?

On parle d’une époque que les moins de 20 ans ne connaissent pas (sourire) ! Pour remettre un peu les choses dans leur contexte, j’étais à ce moment-là un jeune argentin venant de la « pampa », à 500 kilomètres au milieu de rien. Donc quand j’ai eu l’opportunité de venir d’abord à Paris, c’était un peu fou pour moi. Malheureusement j’ai été vite blessé et on m’a posé ma première broche que j’ai encore aujourd’hui, et qui fait toujours « crack » dans les avions. Il faut s’imaginer qu’on est dans les années 80, et qu’on te met un bout de ferraille dans le corps. Bref, à la fin de la saison, Gérard Houiller me dit qu’il va recruter des joueurs (Halilhodžić, Bocandé), donc je prends la décision de partir, car mon temps de jeu va se réduire.

Comme je l’ai toujours dit, Manuel Amoros était un joueur exceptionnel. C’est la première fois que je voyais un arrière droit à la brésilienne, un contre-attaquant, très doué techniquement.
Omar Da FonsecaA propos de son ancien coéquipier

Pour vous engager avec l’AS Monaco cette fois…

Oui, c’est Jeannot Petit et le Président Jean-Louis Campora qui m’appellent pour me faire venir. Pour moi, Monaco c’était tout aussi incroyable dans mon imaginaire, c’était le Grand Prix de Formule 1. Ma voisine allait chercher sa baguette de pain avec un grand chapeau ! Et Fontvieille n’existait pas encore. C’était un Monaco encore plus « étoilé », j’ai l’impression que ça brillait encore plus.

A cette période-là en tout cas, pour un jeune d’Amérique du Sud comme moi, il y avait cette envie de découvrir des choses, en plus de rejoindre une belle équipe. A Paris j’allais aux puces, dans les musées, parce qu’on voulait apprendre plein de choses. Il faut se rappeler qu’il n’y avait pas autant de moyens d’information, pas internet, très peu de photos et peu de choses à la télévision. C’était une manière de vivre différente. Donc dès que j’ai pu saisir ces opportunités, je l’ai fait.

D’autant qu’à Monaco vous arrivez dans une très belle équipe !

Oh oui ! Les Manuel Amoros, Jean-Luc Ettori, Dominique Bijotat, Marcel Dib, Bruno Bellone… En plus après il y a l’arrivée d’Arsène Wenger la deuxième année, un très jeune entraîneur qui débarque de Nancy et que je ne connais absolument pas, mais qui va avoir ce parcours brillant.

Quels sont les joueurs avec qui vous avez aimé jouer ?

Comme je l’ai toujours dit, Manuel Amoros était un joueur exceptionnel. C’est la première fois que je voyais un arrière droit à la brésilienne, un contre-attaquant, très doué techniquement. On dit souvent chez nous en Argentine ou au Brésil, que celui qui joue latéral à gauche doit être un gaucher. C’est très rare de voir des latéraux non gauchers. Mais lui c’était le cas ! Il pouvait jouer au milieu, même marquer. Et puis il était international et faisait partie de la Dream Team championne d’Europe en 1984 et de l’aventure à Séville en 86.

Bruno Bellone, c’était un fou furieux, un extravagant. Je me rappelle qu’il avait une Fiat Uno Turbo à l’époque, c’était une bombe ! On allait à Antibes par l’autoroute et il roulait à fond, il n’y avait pas de barrière au péage.
Omar Da FonsecaSur Bruno Bellone

Ensuite Jean-Luc Ettori, car je suis toujours en contact avec lui, et puis parce que c’était l’icône ici en Principauté. Ça faisait déjà neuf ans qu’il était là, et il est finalement resté près de 20 ans. C’est le Totti ou le Maldini de l’AS Monaco ! Et puis Bruno Bellone, c’était un fou furieux, un extravagant. Je me rappelle qu’il avait une Fiat Uno Turbo à l’époque, c’était une bombe ! On allait à Antibes par l’autoroute et il roulait à fond, il n’y avait pas de barrière au péage. Je suis presque nostalgique quand j’en parle.

Racontez-nous le titre de champion en 1988…

Personnellement, les arrivées de Mark Hateley et de Glenn Hoddle m’écartent un peu de l’équipe, car j’ai davantage joué la première année. Arsène Wenger ramène ainsi deux joueurs à l’opposé de moi. Avec un pur magicien du football d’abord, Glenn, techniquement très doué mais assez lent. Comme je disais à l’époque, « lui il a le passeport anglais, mais c’est tout ! ». Et puis Mark, dans le plus pur style british. Je lui ai redit il n’y a pas longtemps quand je l’ai croisé dans un aéroport, que c’était un mec qui avait un pied à la place de la tête.

Il mettait des coups de casque incroyables sur des centres qu’on lui mettait, parfois même en dehors de la surface de réparation ! Il ne fallait pas être en face. Il venait de l’AC Milan où à l’époque on centrait beaucoup pour l’attaquant de pointe, qui devait être costaud pour jouer devant. Arsène Wenger avait eu la vision pour accorder ces deux joueurs qui sur le papier n’avaient pas grand chose en commun. Et avec l’apport, la cohésion de tous les autres, ils ont fait une saison remarquable, ce qui nous a permis de remporter le titre.

Avez-vous des anecdotes de vestiaire qui vous reviennent en mémoire ?

Je ne sais pas pourquoi, mais je me souviens qu’on allait souvent dans un club à Antibes avec l’équipe des Marcel Dib, Bellone, Amoros. On allait manger là-bas et on passait l’après-midi. On se réunissait entre nous, pour partager des bons moments. Ensuite, il faut aussi parler des préfabriqués dans lesquels on était à La Turbie ! Les vestiaires étaient vraiment précaires, mais on avait une vue incroyable du haut du terrain d’entraînement. Je me rappelle que Bellone essayait de passer la balle, « boom », par-dessus le rocher.

Et puis maintenant je peux le dire, on allait faire du ski nautique régulièrement avec Manu Amoros ! Il avait un bateau. A l’époque on se permettait des choses qu’il serait impossible de faire aujourd’hui. Nous étions professionnels, mais on faisait un peu ce qu’on voulait. Tout était différent, même les ballons. Quand il pleuvait des cordes à La Turbie, le ballon pesait trois kilos et demi. On faisait sécher nos affaires grâce à Louis, le magasinier.

Il y a un but que j’ai beaucoup aimé, c’était contre Saint-Etienne. Je ne me souviens plus si on gagne 1-0 ou 2-1, et je fais une action à la Lionel Messi. J’avais éliminé un ou deux joueurs, j’ai même gardé la cassette vidéo de ce but, alors que je n’ai même plus de magnétoscope pour la lire (rires).
Omar Da Fonseca Sur son but préféré avec l'AS Monaco

C’est aussi l’époque du nouveau Stade Louis-II !

Oui bien sûr. Je jouais dans l’ancien au début , quand je venais avec Tours. Puis j’ai connu le nouveau en arrivant au Club. C’est un stade spécial, mais à Monaco de toute façon, tout est différent ! Sans parler du fait qu’il est plus beau ou pas. De part l’aspect géographique, le climat… c’est forcément spécial. Et à l’époque, l’AS Monaco était un club beaucoup plus important que le Paris Saint-Germain ou que Lyon, qui était même en deuxième division. Marseille et surtout Bordeaux étaient les grosses écuries. Mais le Stade Louis-II était le premier à faire peau neuve. Avec ces briques rouges, on aurait dit un « Opéra sportif ». Les gens venaient avec le pull sur les épaules, les chaussettes assorties, il y avait toujours des petits détails amusants (sourire).

L’AS Monaco, cela reste un moment particulier de votre carrière…

D’autant que mon fils est Monégasque ! Il est né ici et supporte le Club. Il a 35 ans maintenant, et il a vécu à plusieurs endroits et notamment à Paris, mais il est resté fan de l’AS Monaco.

Si vous aviez un but ou un match à ressortir ?

Il y a en a un que j’ai beaucoup aimé, c’était contre Saint-Etienne. Je ne me souviens plus si on gagne 1-0 ou 2-1, et je fais une action à la Lionel Messi. J’avais éliminé un ou deux joueurs, j’ai même gardé la cassette vidéo de ce but, alors que je n’ai même plus de magnétoscope pour la lire (rires). Je crois que le gardien était Jean Castaneda, et j’avais fait une superbe action avant de mettre une grosse « frapasse ». Le numéro 10 des Verts était venu me voir à la fin du match pour me dire : « Omar, quel but ! ». Ensuite j’en ai marqué un pour le coup avec le Paris Saint-Germain contre Monaco au Stade Louis-II, donc c’était marrant. Mais je dis toujours que je n’aime pas trop parler du passé, regarder dans le rétroviseur, j’aime me tourner vers l’avenir.

Il y a eu de très beaux numéros 10 à l’AS Monaco. C’est le football qui vous parle non ?

A l’époque, le Club avait vraiment cette identité, ce style, cette notoriété. Il y avait moins de supporters monégasques que maintenant en France, mais Monaco a toujours eu cette particularité de bien jouer. Je me souviens des Marcelo Gallardo, Fernando Morientes… Tu avais envie d’allumer la télévision pour regarder ces joueurs ! Aujourd’hui le ressenti est différent avec l’abondance des matchs, on a parfois trop de foot à regarder. Mais l’ASM s’est toujours doté d’une équipe spectaculaire, divertissante, à l’image de la Principauté.

De par sa morphologie, sa petite taille, sa tonicité et le contact qu’il a avec le ballon, il dégage une certaine harmonie, une élégance ! En plus il a pied gauche pied droit, il fait des râteaux, des semelles… pour moi ce n’est pas un avant-centre à l’ancienne, c’est un joueur qui bonifie le foot.
Omar Da FonsecaA l'évocation de Wissam Ben Yedder

Dans l’actualité, il y a un joueur que vous avez eu l’occasion de commenter en Liga, c’est Wissam Ben Yedder. Quel est votre regard sur lui ?

C’est un mec que j’adore ! Je le côtoie, et à chaque fois que j’ai pu le commenter, il m’a toujours fait du bien quelque part, car c’est le style de joueur qui représente le mieux ce qu’est la sensibilité du jeu qu’est le football. De par sa morphologie, sa petite taille, sa tonicité et le contact qu’il a avec le ballon, il dégage une certaine harmonie, une élégance ! En plus il a pied gauche pied droit, il fait des râteaux, des semelles… pour moi ce n’est pas un avant-centre à l’ancienne, c’est un joueur qui bonifie le foot.

Il faut qu’on continue à produire des talents comme lui, car on a parfois trop tendance à vouloir absolument que ces athlètes remportent des titres. C’est la différence pour moi, entre le vrai supporter qui achète le maillot et l’amateur de football pur. Il représente en tout cas le football que j’aime, me donne de l’émotion et me fait parfois penser à Diego Maradona. Quand je sais qu’il joue, je regarde. Il crée du rêve, ses épaules sont naturellement attirées vers l’avant, il est beau à voir.

Pour terminer, qu’est ce que cela vous fait d’être le futur commentateur sur FIFA 23 ?

C’est quelque chose d’irrationnel pour moi, car même la manière dont j’ai été choisi, à travers des sondages, c’est paradoxal. Je suis le plus vieux des consultants à la télé à ma connaissance, je suis étranger et quelqu’un qui a fait une carrière plutôt moyenne. J’ai peu d’atouts extérieurs à la base. Et puis je ne suis pas de cette génération de jeux. Mes petits enfants me disent « Ah c’est top ! », mais je ne me rends pas trop compte. Je suis malgré tout très touché qu’on ait pensé à moi. C’était inespéré, car je n’ai jamais postulé pour ça. Et puis c’est une expérience inédite, parce que ce sont des enregistrements longs, assez répétitifs. Je ne sais pas encore ce que ça va donner, mais j’espère que les gens vont apprécier.

Crédits photos : Icon Sport

Rise. Risk. Repeat.

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