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Interview 13 avril 2021, 19:28

Fernando Morientes : "Avec ce maillot, j'ai vécu ma plus belle saison"

Fernando Morientes : "Avec ce maillot, j'ai vécu ma plus belle saison"
Dans un entretien exceptionnel accordé à asmonaco.com, le meilleur buteur de la Ligue des Champions 2003-2004 est revenu sur son année intense passée au pied du Rocher, son affection pour le numéro 10 et bien plus encore.

En ce calme début de printemps, nous avons rendez-vous à Madrid pour un entretien énergique et plein d’émotions avec une légende de l’AS Monaco. Fernando Morientes, qui a gardé le cœur rouge et blanc, nous accueille dans son salon, avec la simplicité qui le caractérise. Et quand il voit le maillot frappé de la Diagonale avec son nom, un large sourire se dessine sur son visage. « Comme c’est cool », dit alors la star espagnole, qui a brillé en Principauté avec le numéro 10 sur le dos, tout en tenant la fameuse tunique entre ses mains.

Monaco, une destination inattendue

Nous sommes à l’été 2003, quand l’ancien attaquant espagnol arrive à Monaco en provenance du Real Madrid, en quête d’un club qui lui permettrait de relever des défis similaires à ceux auxquels il était habitué à la Maison Blanche. Il était en recherche de temps de jeu et souhaitait un club qui lui offrirait des responsabilités à la hauteur de son talent. Monaco fut la destination rêvée.

« Je savais que ça allait être une saison très difficile pour moi. J’ai cherché diverses options en Europe, des équipes qui m’offriraient des conditions proches de celles du Real Madrid : se battre pour le titre de champion et pouvoir jouer la Ligue des Champions. Quand la saison a commencé il n’y avait pas d’offre qui m’attirait, et me donner la possibilité de tout jouer. Puis il y a eu l’appel de l’AS Monaco et j’ai tout de suite pensé que ce serait l’endroit idéal », se souvient Fernando Morientes.

Son but contre le Real Madrid, le classique contre son ex-club

À son arrivée, Didier Deschamps lui a tout de suite fait savoir qu’il serait l’une des pièces maitresses de l’équipe. « J’ai un souvenir très précis, très palpable. On me le rappelle presque chaque année. C’était un match très spécial pour l’AS Monaco, pour les supporters, pour le Club, mais pour moi en particulier. On jouait contre le grand Real. Personne ne pensait que l’AS Monaco, pas même moi, pouvions éliminer le Real Madrid », raconte l’ancien international espagnol (47 sélection, 27 buts), à propos de ce quart de finale de Ligue des Champions face aux Merengue.

« J’ai pu marquer un but au match aller, un autre au match retour et ils ont contribué à éliminer le Real Madrid. Une des meilleures équipes d’Europe, que beaucoup de gens considéraient comme le futur champion d’Europe. Ce match était spécial pour cela. On a éliminé les Galacticos… », se remémore l’avant-centre, encore étonné d’avoir réalisé un tel exploit.

Une Ligue des Champions inoubliable

Trouver une équipe avec les mêmes défis à relever qu’au Real Madrid n’était pas chose facile, mais ce n’était pas impossible non plus. La romance entre Fernando Morientes et l’AS Monaco a donc connu son point culminant au cours de cette campagne de Ligue des champions 2003-2004, pour laquelle le buteur nourrissait des ambitions certes, mais pas à la hauteur de ce que la réalité lui a offert.

« Nous savions que nous pouvions battre n’importe qui ou perdre contre n’importe qui, mais nous ne nous étions pas fixés d’objectif. Notre ambition était d’avancer étape par étape et de voir ce que nous pourrions faire après la phase de groupe. Nous ne nous attendions pas à atteindre la finale, ni la demi-finale. Mais nous avons eu des matchs intéressants. Au-delà des huitièmes de finale, j’ai su que ce serait très difficile, car les puissants d’Europe arrivaient. Nous étions une équipe qui jouait bien, mais nous n’étions pas bien connus individuellement ou collectivement, et avant le match contre Madrid, tout le monde nous voyait déjà éliminés. »

Le but contre Chelsea, une saveur particulière

Durant cette campagne européenne, l’AS Monaco sort d’abord leader de son groupe devant le Deportivo La Corogne, le PSV Eindhoven et l’AEK Athènes. Après cela, les tours s’enchaînent : huitième de finale contre le Lokomotiv Moscou, quart contre le Real Madrid donc et une demi-finale contre Chelsea. Jusqu’à la finale contre Porto en Allemagne. Après sa performance magique contre le Real Madrid, Fernando Morientes avait encore quelques cartouches en réserve. Deux buts qui ont conduit les Rouge et Blanc vers la finale de la Ligue des Champions.

« Le but le plus important, sûrement, et je n’oublierai jamais que c’est celui que j’ai mis contre Chelsea à Stanford Bridge. Nous perdions 2-1 et ce but nous a donné la tranquillité d’esprit, car il fallait qu’ils marquent trois buts pour nous éliminer, et c’était en demi-finale de la Ligue Champions. Quand j’ai marqué ce but, je me suis dit ‘nous sommes en finale des champions, Monaco est en finale de la Ligue des Champions.’ Les gens pensaient retrouver Madrid, Milan, Chelsea et à la fin nous sommes là, c’était une consécration, c’est sûr », rappelle-t-il avec fierté, un brin ému.

Un numéro 9 devenu 10

Fernando Morientes a toujours été un pur attaquant, mais son arrivée à l’AS Monaco a relancé sa carrière à un poste totalement inattendu pour lui. Didier Deschamps le repositionne d’avant-centre à meneur de jeu, avec des responsabilités étendues pour porter l’équipe.

« Mon numéro fétiche a toujours été le 9, jusqu’à mon arrivée à l’AS Monaco. Quand je suis arrivé, il y avait plusieurs numéros disponibles dont l’un était le 10. Qui n’aime pas porter 10. Didier Deschamps m’a fait sentir que je pourrais assumer ce numéro 10, et la vérité c’est que j’ai adoré », se souvient le buteur, presque reconnaissant envers son ancien coach, qu’il a toujours considéré davantage. Le 10 et Morientes. Morientes et le 10. Une relation qui a commencé par des doutes et qui avait Didier Deschamps comme architecte.

Didier Deschamps, plus qu’un mentor

« Dès le début, il m’a montré sa confiance. Je pensais n’être qu’un avant-centre mais il me mettait peu à peu en tête que je devais être le numéro de 10 de l’équipe, et pas seulement à cause du numéro, parce que l’équipe avait besoin que j’occupe ce rôle. Nous avions besoin d’une sorte de lien entre le milieu du terrain et l’attaquant et il m’a fait comprendre que j’avais les qualités parfaites alors que je n’y croyais pas. Il m’a convaincu, et m’a façonné, cette année-là pour jouer à ce poste. »

Une reconnaissance donc, envers celui qui a relancé sa carrière, pour vivre une parenthèse enchantée et inédite en Principauté. De l’admiration aussi peut-être, pour celui qui a toujours gagné là où il est passé. Fernando Morientes et l’AS Monaco, un amour éphémère donc, mais qui perdure encore aujourd’hui.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien réalisé à Madrid, en espagnol, ci-dessous. Ou bien rendez-vous sur notre chaîne Youtube.

Rise. Risk. Repeat.

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