Fermer
Histoire 02 août 2019, 12:22

AS Monaco - Sampdoria, génération 90

AS Monaco - Sampdoria, génération 90
L’affiche AS Monaco - Sampdoria de Gênes, ce samedi à 19h30 au Stade Louis-II, dans le cadre de la Philipp Plein Cup, nous ramène à la saison 1989-1990, quand les deux équipes se disputaient une place en finale de la C2. Souvenirs.

Comment ne pas revenir près de trente ans en arrière à l’évocation de cette affiche entre l’AS Monaco et la Sampdoria de Gênes ? Comment ne pas évoquer la première des sept demi-finales européennes disputées par notre équipe au printemps 1990 ? Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, mais que les supporters aux tempes grisonnantes n’ont certainement pas oublié.

Belenenses en préambule
En septembre 1989, après avoir perdu face à l’OM l’une des plus belles finales de Coupe de France quelques mois plus tôt (défaite 4-3), les Rouge et Blanc participent à la Coupe des Vainqueurs de Coupe, le club marseillais ayant réalisé le doublé la saison précédente et prenant donc part à la C1. L’aventure commence en 16e de finale à Lisbonne face à Belenenses, d’où l’AS Monaco ramène un match nul 1-1 (but de Ramon Diaz). Le match retour est une formalité. George Weah y va de son doublé à la demi-heure de jeu et Fabrice Mège marque une troisième fois avant la pause. Le score ne bouge plus, les hommes d’Arsène Wenger filent en 8e de finale.

Ramon Diaz et le mur de Berlin
Face à la rugueuse formation Est-Allemande du Dynamo Berlin, les Rouge et Blanc sont tenus en échec lors du match aller disputé en Principauté (0-0). Se télescopant avec l’Histoire, le match retour est programmé le 1er novembre 1989. Aucun but n’ayant été marqué durant le temps réglementaire, les deux formations se disputent la qualification durant la prolongation. Quand Eike Küttner ouvre enfin la marque pour Berlin à la 110e minute, les chances monégasques s’amenuisent. Mais d’un magistral coup-franc, Ramon Diaz égalise à trois minutes du coup de sifflet final. L’Argentin s’est joué du mur de Berlin, neuf jours avant la chute du vrai mur ! Historique.

Parole à la défense
Au bénéfice du but marqué à l’extérieur l’AS Monaco se retrouve donc en quart de finale avec le Real Valladolid comme obstacle vers une première demi-finale européenne. Comme face à Berlin, aucun but n’est marqué durant le temps réglementaire du match aller en Espagne, comme du match retour en Principauté. La prolongation ne change rien, les Rouge et Blanc s’en remettent à Jean-Luc Ettori pour l’unique séance de tirs au but européenne recensée dans les aventures continentales de notre club. Le gardien de but est au rendez-vous. Les Ibériques ne trouvent qu’une seule fois le chemin des filets, l’AS Monaco s’impose 3-1 et rejoint donc pour la toute première fois le dernier carré d’une coupe d’Europe !

Duel de titans entre l’international italien, Pietro Vierchowod, et le futur Ballon d’Or, George Weah, lors du match aller.

20 000 spectateurs à Louis-II !
Le 3 avril 1990, c’est donc face à la Sampdoria de Gênes que l’AS Monaco découvre ce niveau de compétition. La formation italienne dirigée par Vujadin Boskov a fière allure avec Gianluca Pagliuca dans les buts, Pietro Vierchowod en défense, Srecko Katanec et Attilio Lombardo au milieu, et surtout l’impressionnante paire offensive composée par Gianluca Viali et Roberto Mancini. Les Rouge et Blanc ne sont clairement pas favoris, mais dans un Louis-II garni de 20 000 spectateurs, un record, ils dominent nettement le premier acte. L’ouverture du score de George Weah sur corner à la 40e minute vient concrétiser la bonne première période monégasque.

Vialli intraitable
La Samp se réveille au retour des vestiaires, mais l’AS Monaco parvient à conserver son avantage jusqu’à la 75e minute et ce pénalty très généreux accordé aux Italiens par l’arbitre allemand, M. Kirschen. Incrédules face à cette absurde décision, les Rouge et Blanc assistent impuissants à l’égalisation de Gianluca Vialli d’une subtile « Panenka ». La star italienne sent bien que ce fait de match a déstabilisé ses adversaires, il en profite pour marquer une seconde fois de la tête à la 78e. En trois minutes, le rêve monégasque s’est effondré. Et si l’égalisation de Ramon Diaz à la 81e, sur un tir dévié par un défenseur, ravive quelque peu la flamme, chacun sait bien qu’avec la perspective du match retour à Marassi une qualification en finale serait un véritable exploit.

Génération dorée
Un sentiment rapidement vérifié le 18 avril 1990 dans l’antre de la Samp’. Vierchowod ouvre la marque dès la 9e minute, Lombardo creuse l’écart dans la foulée (12e). Menés 2-0 avant-même le premier quart d’heure de jeu, les Rouge et Blanc sont sonnés, eux qui avaient pourtant réalisé dix premières minutes prometteuses. Sans jamais abdiquer, l’AS Monaco ne parviendra tout de même pas à renverser la vapeur, laissant la Sampdoria accéder à la finale. En s’imposant 2-0 contre Anderlecht, la formation génoise lèvera le trophée à Goteborg quelques semaines plus tard, un an avant de lever le Scudetto au nez et à la barbe du grand Milan AC (1991), et deux ans avant de s’incliner en finale de la C1 face au FC Barcelone de Johan Cruyff, tandis que que l’AS Monaco en fera de même en C2 face au Werder Breme (1992). Il était encore tôt pour le dire, mais ce mois d’avril 1990 voyait s’affronter une génération dorée dans une formation comme dans l’autre. Trente ans plus tard, on mesure à quel point celle-ci a marqué l’histoire de l’AS Monaco et de la Sampdoria de Gênes.

Jean-Luc Ettori et Luc Sonor impuissants devant Attilio Lombardo. Caché par le poteau, l’international italien marque le deuxième but de la Samp’ lors du match retour.

Demi-finale Aller
3 avril 1990
Stade Louis-II
Spectateurs : 20 000
Arbitre : M. Kirschen
AS Monaco 2-2 Sampdoria
Buts : Weah (40e), Diaz (81e) pour l’AS Monaco – Vialli (75e sp, 78e) pour la Sampdoria
AS Monaco : Ettori, Valery, Petit, Mendy, Sonor, Puel, Dib, Ferratge (Fofana 79e), Touré (Mège 79e), Weah, Diaz – Entraîneur : A. Wenger
Sampdoria : Pagluica, Mannini, Vierchowod, Pari, Invernizzi, Muñoz (Salsana 69e), Katanec, Lombardo, Dossena, Mancini, Vialli – Entraîneur V. Boskov

Demi-finale Retour
18 avril 1990
Stadio Comunale Luigi Ferraris (Marassi)
Spectateurs : 35 577
Arbitre : M. Rosa Dos Santos
Sampdoria 2-0 AS Monaco
Buts : Vierchowod (9e), Lombardo (12e) pour la Sampdoria
Sampdoria : Pagliuca, Lanna, Vierchowod, Pari, Invernizzi, Carboni, Katanec, Lombardo, Dossena, Mancini, Vialli – Entraîneur V. Boskov
AS Monaco : Ettori, Valery, Petit, Mendy, Sonor, Blondeau (Fofana 46e), Dib, Ferratge, Mège (Clément 62e), Weah, Diaz – Entraîneur : A. Wenger

L'AS Monaco utilise des cookies sur ce site. Avec votre consentement, nous les exploitons pour mesurer et analyser l'utilisation du site (cookies analytiques) et pour l'adapter à vos intérêts et usages (cookies de personnalisation en fonction de votre navigation et de votre navigateur). En poursuivant votre navigation, vous acceptez leur utilisation.