Son parcours en Principauté n’aura pas manqué de singularité. Arrivé très jeune en 2015, Rony Lopes aura mis deux ans à s’imposer avec les Rouge et Blanc, grâce notamment à un prêt fructueux à Lille, qui l’aura malgré tout privé du titre de champion de France 2017. Mais au moment de faire le bilan de son passage à l’AS Monaco (2015-2019), juste avant le choc contre le LOSC (21h), le milieu offensif portugais ne retire que du positif de ce parcours. Entretien 🎙️
Bonjour Rony. Pour commencer, comment vas-tu ?
Je vais bien, je joue maintenant dans un petit club à Tondela au Portugal, où on joue le maintien. Il y a déjà eu deux changements de coach cette saison, et j’ai passé des moments un peu difficiles sans trop jouer, mais ça va mieux dernièrement, et il reste deux matchs pour permettre au club de rester en première division. En tout cas, l’essentiel c’est que je joue dans mon pays, donc je suis content ! C’était important pour moi de revenir ici, même si j’ai beaucoup aimé jouer en France où j’ai passé une grande partie de ma carrière. La Ligue 1 est un championnat que j’adore, vraiment, mais c’est forcément spécial de revenir jouer chez moi au Portugal.
Te souviens-tu de ton arrivée à l’AS Monaco justement, à l’âge de 20 ans ?
Oui bien sûr, j’étais le dernier transfert du mois d’août 2015 je pense, car j’arrive le 28 il me semble. Cela a été un peu difficile au début, car l’équipe était déjà faite et j’étais donc l’ultime recrue, donc le premier semestre a été compliqué pour moi. Mais ensuite je suis parti en prêt à Lille pendant un an et demi, avant de revenir à Monaco où cette fois ça s’est beaucoup mieux passé car j’avais du temps de jeu, donc j’ai joué beaucoup de matchs. Et avec le recul, j’ai vraiment aimé mon passage au Club.
Le fait qu’il y avait beaucoup de Portugais à l’époque m’a malgré tout aidé à passer cette étape, car il y avait notamment Bernardo Silva et Ivan Cavaleiro que j’avais connus à Benfica, ou bien Fabinho qui parlait ma langue, donc c’était important.
Rony Lopes
Dirais-tu que cette première saison était celle de l’apprentissage pour toi ?
Oui on peut dire ça, même si j’avais déjà joué en France à Lille. Mais j’ai beaucoup appris avec les joueurs qu’il y avait là-bas, même si l’adaptation a été dure. Le fait qu’il y avait beaucoup de Portugais à l’époque m’a malgré tout aidé à passer cette étape, car il y avait notamment Bernardo Silva et Ivan Cavaleiro que j’avais connus à Benfica, ou bien Fabinho qui parlait ma langue, donc c’était important. C’était donc un atout, même si je parlais déjà français et anglais.
Tu pars donc ensuite en prêt à Lille l’année du titre de champion de France. Dirais-tu que cet environnement familier t’as aidé à te révéler ?
C’est vrai, même la première saison en prêt quand je venais de Manchester City, je m’y suis toujours senti bien, comme à la maison. C’est d’ailleurs pour ça que je suis retourné à Lille, car je connaissais déjà le club et j’avais beaucoup apprécié le temps passé là-bas. Donc le LOSC m’a effectivement aidé dans ma carrière.
Tu reviens ensuite à l’AS Monaco pour faire une saison pleine en 2017-2018 (50 matchs, 17 buts). Dirais-tu que c’est la meilleure saison de ta carrière ?
(Il sourit) Oui bien sûr, c’est la meilleure ! Mais c’est aussi grâce au fait que j’ai fait toute la préparation d’avant-saison avec l’équipe, ce qui n’avait pas été le cas à mon arrivée. J’ai donc eu l’opportunité et le temps de montrer au coach de quoi j’étais capable, et il m’a fait confiance en me faisant jouer tous les matchs. Match après match, j’ai pris de la confiance et ça s’est vu dans mes performances, car j’ai réalisé la meilleure saison de ma carrière !
Il y avait pas mal de bons joueurs dans cette équipe. Était-ce un réel plaisir d’évoluer en son sein et dirais-tu que cela a été un déclic pour toi ?
Évidemment, je jouais avec Keita Baldé, Thomas Lemar, Fabinho, Radamel Falcao, donc ça m’a beaucoup aidé d'évoluer avec de grands joueurs comme ça. Un déclic ? Oui je pense, car c’est cette saison où j’ai vraiment appris ce que j’étais capable de faire. D’autant qu’avant ça, j’étais passé par des moments où j’avais eu des blessures et où j’avais du mal à revenir. Mais cette saison-là, j’ai pu enfin montrer ce que je pouvais faire en jouant tous les matchs. C’était important pour moi de pouvoir prouver aux gens ce dont j’étais capable !
Je dis toujours qu’un joueur, avec ou sans la confiance, ce sont deux joueurs différents. Quand tu as un niveau de confiance élevé, tu peux vraiment montrer tes qualités, et quand elle n’est pas là, c’est difficile. Quand tu as du temps de jeu et que tu commences à marquer, c’est là où tout se déclenche et où tout vient naturellement !
Rony Lopes
Est-ce le plus difficile dans une carrière justement, la recherche de la confiance ?
C’est évident ! Je dis toujours qu’un joueur, avec ou sans la confiance, c’est deux joueurs différents. Quand tu as un niveau de confiance élevé, tu peux vraiment montrer tes qualités, et quand elle n’est pas là, c’est difficile. Quand tu as du temps de jeu et que tu commences à marquer, c’est là où tout se déclenche et où tout vient naturellement ! Mais parfois ce n’est pas facile de trouver cette confiance, car pour chaque joueur ça passe par du temps de jeu, des buts, des passes décisives, etc.
Ça passe aussi parfois par la relation avec le coach. Quel rôle a joué Leonardo Jardim dans ce déclic justement, alors que tu n’avais pas beaucoup joué avec lui en 2015 ?
Comme je disais tout à l’heure, en 2017-2018 j’ai eu la chance de démarrer la préparation dès le début avec l’équipe, ce qui fait que j’ai pu montrer au coach ce que je pouvais faire. Il m’a donné l’opportunité de m’exprimer, et derrière j’ai su aller chercher la confiance. Mais évidemment que l’entraîneur a un rôle majeur dans ce processus.
L’héritage du titre de champion de France 2017 a-t-il été lourd à porter ?
C’est certain que c’était compliqué de passer derrière, car à l’époque on savait à quel point il était difficile de battre le Paris Saint-Germain. Alors prendre la suite d’une équipe qui avait remporté la Ligue 1 et s’était hissé en demi-finale de Ligue des Champions, c’était difficile ! C’est quasiment impossible de faire une saison comme ça deux fois d'affilée, et pourtant on arrive quand même à terminer à la deuxième place du championnat, alors que beaucoup de joueurs étaient partis durant l’été.
Ça, c’était vraiment un match de fou ! C’était difficile car Keita Baldé prend un carton rouge à la 45e minute, mais nous sommes bien restés en place, organisés. (...) Et on a réussi à exploiter les contres pour marquer le but du 3-2. Pour moi, marquer le but de la victoire contre cette équipe de l’OL à la dernière minute, c’était incroyable !
Rony Lopes, à propos de son but contre Lyon
Raconte-nous ce match fou contre Lyon où tu marques le but de la victoire à la 90e minute, après avoir été mené 2-0 ?
(Il sourit) Ça, c’était vraiment un match de fou ! C’était difficile car Keita Baldé prend un carton rouge à la 45e minute, mais nous sommes bien restés en place, organisés. Je me rappelle très bien de cette rencontre, car nous n’avons pas laissé beaucoup d’opportunités à Lyon en infériorité numérique. Et on a réussi à exploiter les contres pour marquer le but du 3-2. Pour moi, marquer le but de la victoire contre cette équipe de l’OL à la dernière minute, c’était incroyable ! Après, je crois que cette saison, j’ai marqué à tous les matchs contre Lyon (rires). L’action ? C’était beau, quand Jove (Stevan Jovetić) me fait la passe, j’ai juste pensé à tirer ! J’ai vu que j’avais juste un petit espace pour frapper, donc je me suis dit que j’allais la tenter, et j’ai eu la chance de marquer.
Est-ce ton but préféré à l’AS Monaco ?
(Il réfléchit) Je pense que oui, même s’il y a aussi le but que je marque en Ligue des Champions contre Besiktas qui était spécial pour moi. Mais c’était plus le fait de marquer dans cette compétition, alors que le but contre Lyon c'est le scénario du match qui fait qu’il est important ! Mon but à Toulouse ? Oui je me rappelle, c’était une action collective avec Rachid Ghezzal et Djibril Sidibé, je crois que c’est Jove qui frappe, c’est repoussé et ensuite je tire sous la barre.
Dans cette équipe, quels sont les joueurs qui t’ont marqué ?
(Il réfléchit) C’est une bonne question ! Mais franchement, je dirais Radamel Falcao, pour son jeu de tête, son expérience, son intelligence, etc. Ensuite il y a João Moutinho et Fabinho qui contrôlaient tout au milieu de terrain avec leur vision du jeu. Et puis il y a aussi Thomas Lemar, qui était vraiment fort dans le un contre un, dans le jeu de corps. Ce sont des joueurs qui m’ont vraiment impressionné !
Oui, ils m’ont toujours donné des conseils, m’ont beaucoup aidé ! Forcément João parle plus quand tu es sur le terrain car il est au milieu donc il te guide et te dit ce qu’il faut faire dans telle ou telle situation. D’ailleurs je l’ai retrouvé en 2023-2024 à Braga, ça m’avait fait plaisir de rejouer une saison avec lui.
Rony Lopes, à propos de Radamel Falcao et João Moutinho
Tu parlais de Radamel Falcao et João Moutinho, deux joueurs très expérimentés. T’ont-ils aidé à progresser et à devenir un meilleur joueur ?
Oui, ils m’ont toujours donné des conseils, m’ont beaucoup aidé ! Forcément João parle plus quand tu es sur le terrain car il est au milieu donc il te guide et te dit ce qu’il faut faire dans telle ou telle situation. D’ailleurs je l’ai retrouvé en 2023-2024 à Braga, ça m’avait fait plaisir de rejouer une saison avec lui. Encore aujourd’hui il à 38 ou 39 ans et il est encore au niveau ! Radamel lui, c’était dans sa façon de s’orienter, c’était facile pour moi de savoir où lui mettre le ballon.
As-tu gardé des contacts avec les joueurs de cette génération ?
Oui bien sûr, même si avec le temps on s’écrit moins souvent. Mais l’année d’après j’ai joué avec Cesc Fàbregas par exemple, avec qui j’ai eu l’occasion de reparler, comme Falca'. Thomas Lemar aussi, et puis João Moutinho évidemment, étant donné qu’on a rejoué ensemble après. On ne se parle pas toujours, mais on sait qu’à chaque fois qu’on a besoin de quelque chose, on peut toujours s’appeler !
La saison 2018-2019 a été très difficile pour le coup, avec le sauvetage à la dernière minute. Comment as-tu vécu cette période ?
Ça a été une saison vraiment très compliquée ! Nous avions une bonne équipe, mais avec la Ligue des Champions au milieu, il y a un moment où nous avions jusqu’à 15 ou 17 joueurs blessés, donc il fallait faire jouer beaucoup de jeunes. C’était donc une année assez bizarre, parce que l’AS Monaco avait gagné le championnat en 2017, puis on avait fini deuxième la saison suivante, donc c’était très difficile. Je n’ai jamais vu une équipe avec autant de blessures, mais au moins on a réussi à atteindre l’objectif qui était de sauver le Club de la relégation.
Le maintien, une fois officiel, a-t-il été un moment fort en émotions ?
Franchement, c’était une libération, car c’était vraiment une saison difficile ! Nous ne nous attendions pas à jouer pour le maintien, car l’AS Monaco doit toujours jouer les premières places. Mais une fois que l’objectif a changé, on a serré les dents et on a tout fait pour l’atteindre. Donc à la fin, forcément c’est une libération de rester en première division.
Radamel était notre capitaine et c’était le joueur avec le plus d’expérience, donc étant donné qu’il y avait beaucoup de jeunes joueurs qui débutaient avec les nombreux blessés, c’était important pour eux d’avoir un élément comme lui.
Rony Lopes, sur le rôle de Falcao lors du maintien en 2018-2019
Radamel Falcao a-t-il été important dans cette mission ?
Toujours, car Radamel était notre capitaine et c’était le joueur avec le plus d’expérience, donc étant donné qu’il y avait beaucoup de jeunes joueurs qui débutaient avec les nombreux blessés, c’était important pour eux d’avoir un élément comme lui. C’était dur pourtant pour lui qui était davantage habitué à gagner des titres dans sa carrière, mais il était toujours présent et il a aidé l’équipe à s’en sortir.
Qu’as-tu envie de garder en tête de ton passage à l’AS Monaco, qui est le club où tu auras le plus joué dans ta carrière ?
Tout m’a marqué à Monaco : les gens, le Club, la ville… j’ai trop aimé vivre cette expérience ici ! J’ai de très bons souvenirs là-bas, car c’est un club que j’adore, une ville que j’adore, et puis quand tu as l’opportunité d’évoluer avec de tels joueurs, c’est unique ! Même les entraînements étaient top, donc l’AS Monaco ça reste une très belle étape de ma vie !
As-tu un dernier mot pour les supporters du Club ?
J'aimerais leur dire MERCI à tous ! Même si je pense qu’au début ils ne croyaient pas trop en moi car ils ne me connaissaient pas, mais après j’ai montré ce que je pouvais faire. Et franchement depuis le début ils ont été là pour moi, m’envoyaient des messages d’encouragement. Donc j’ai envie de leur dire merci et qu’ils continuent comme ça, car l’AS Monaco est un club qui mérite d’être toujours en haut !
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