La transition Wenger-Tigana
Avec Arsène Wenger, le club du Rocher avait déjà pris l’accent européen. Champion de France en 1988 et vainqueur de la Coupe de France trois ans plus tard, le technicien alsacien a surtout permis à l’AS Monaco de vivre à l’époque ses premières épopées sur le Vieux Continent. En 1990 il atteint les demi-finales de la Coupe UEFA contre la Sampdoria, puis la finale de Coupe des Coupes en 1992 face au Werder Brême. Avant de buter dans le dernier carré de la Ligue des Champions cette fois, contre le grand AC Milan en 1994.
Je pense que Jean Tigana connaissait mon potentiel, mais qu’il souhaitait que je sois plus constant dans mes performances. Il est arrivé avec l’idée de mettre de l’esprit de compétition dans le groupe. (...) Je crois qu’il a vraiment réussi à repousser mes limites et à tirer le meilleur de moi-même. Et c’est d’ailleurs quand il était sur le banc que j’ai accompli le plus de choses.
Victor Ikpeba
Les prémices de France 98 et une attaque de feu
Avec Fabien Barthez (36 matchs) dans les buts, Martin Djetou (26 matchs) derrière - qui ne fera finalement pas partie des 22 à la Coupe du Monde -, Emmanuel Petit (29 matchs) en relais au milieu, et Thierry Henry (37 matchs, 9 buts) en attaque, il dispose là d’un socle très solide. Avec des joueurs de caractère comme Franck Dumas (36 matchs), Patrick Blondeau (31 matchs) et Sylvain Legwinski (37 matchs, 9 buts), il s’entoure également d’éléments sûrs, qui se font le relais de son discours.
Quand David Trezeguet est arrivé pour faire un essai chez nous, il y avait Jeannot Tigana au poste d’entraîneur. On avait fait un petit jeu, et après l’entraînement on est allés à 3-4 dans le bureau du coach avec Franck Dumas notamment. On a dit à Jean : "Il faut le garder le petit, faut pas le laisser partir !"
Éric Di Meco

Le sprint final, une spécialité monégasque
La saison démarre doucement au pied du Rocher, malgré une victoire inaugurale. Il faut seulement attendre la 21e journée pour voir les Rouge et Blanc s’asseoir sur le toit du championnat de France. Le Paris Saint-Germain, autre favori pour le titre, est en train de lâcher des points en route. Et il ne reverra plus la tête de la Division 1 ! A l’image de la saison dernière, les hommes de Jean Tigana réalisent une deuxième partie de championnat canon, et ne lâchent plus leur fauteuil de leader.
Il y a eu effectivement cette génération avec Ali Benarbia, le football léché fait de petits appuis, avec un centre de gravité extrêmement bas, une vision incroyable et un touché de balle exceptionnel ! Nous avons été champions en 1997 avec cette belle bande de potes, les Sonny Anderson, Sylvain Legwinski, Gilles Grimandi, Fabien Barthez…
Emmanuel Petit
Une épopée et un 6e titre
Après avoir éliminé l’équipe polonaise de l’Hutnik Cracovie en 32e de finale, ils écartent tour à tour le Borussia Mönchengladbach 4-3 au cumul des matchs aller et retour), Hambourg (5-0) et surtout Newcastle (4-0), en quart de finale, avec une victoire mémorable au Stade Louis-II (3-0).
Un style de jeu léché
Cette saison 1996-1997 aura en tout cas démontré que le club de la Principauté avait l’ambition, la qualité de jeu, et la profondeur de banc, pour mener de front deux compétitions aussi exigeantes que le championnat et la Coupe d’Europe. Avec un grand trophée tout de même au bout, celui de champion de France, le 6e de l’histoire de l’institution. Rarement l’AS Monaco n’aura par ailleurs proposé un football aussi efficace, léché, avec un trio d’attaque aussi brillant.
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