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Interview 19 septembre 2021, 11:00

Sonny Anderson : "Je conduisais Thierry Henry à l’entraînement"

Sonny Anderson : "Je conduisais Thierry Henry à l’entraînement"
L'AS Monaco souhaite un joyeux anniversaire à sa légende brésilienne, attaquant star des Rouge et Blanc de 1994 à 1997, qui fête aujourd'hui ses 51 ans.

France 98, le phénomène David Trezeguet, sa relation avec Thierry Henry, Ali Benarbia… A l’occasion du match au sommet de la 5e journée de Ligue 1 entre l’AS Monaco et l’OM (coup d’envoi 21h au Stade Louis-II), la 100e en championnat entre les deux équipes, Sonny Anderson avait pris le temps de se confier sur ses années passées au pied du Rocher. Un match de gala qui évoque forcément beaucoup de choses pour lui qui a défendu les couleurs des deux équipes durant sa carrière.

Un grand 9 révélé sous la Diagonale

Recruté par Arsène Wenger en 1994 en provenance de Marseille justement, puis révélé sous les ordres de Jean Tigana jusqu’à être sacré meilleur buteur du championnat (21 buts en 1996) et champion de France un an plus tard (1997), la légende brésilienne évoque tout ce qui l’a marqué en Principauté. Sa relation avec le Président Campora, son transfert record à Barcelone… et même l’actualité avec son regard sur ses compatriotes Jean Lucas et Caio Henrique.

Voici donc une interview long format de l’ancien numéro 9 des Rouge et Blanc, aujourd’hui consultant star de la chaîne beIN Sports, et qui fête en ce dimanche 19 septembre prochain son 51e anniversaire.

Bonjour Sonny. Tout d’abord, pour les plus jeunes supporters monégasques, rappelez-nous les conditions de votre arrivée à Monaco en 1994…

Je venais de faire six bons mois à Marseille, où j’avais marqué 16 buts en deuxième partie de saison. Malheureusement le club a été relégué en deuxième division, et j’avais fait part aux dirigeants de ma volonté de ne pas rester. A l’époque j’appartenais encore au Servette Genève, qui m’avait prêté, et j’ai donc décidé de signer à Monaco. Le Président Jean-Louis Campora et Arsène Wenger ont été très importants dans ma décision de rejoindre la Principauté. Quand on vous fait comprendre que l’on veut travailler avec vous et que l’on croit en vous, ça met tout de suite en confiance.

Comment avez-vous vécu votre première saison au Club ?

C’était une saison un peu compliquée pour moi, car j’arrive en pleine préparation. Je joue directement contre Metz et je me blesse. J’ai connu pas mal de pépins physiques cette année-là, donc j’ai mis un peu de temps à m’adapter et à me sentir vraiment bien à Monaco. En plus Arsène est parti au Japon au bout de deux mois et demi et il y a eu beaucoup de changements. Gérard Banide a pris l’intérim, et ensuite Jean-Luc Ettori, qui venait juste d’arrêter sa carrière, et Claude Puel, ont terminé la saison sur le banc. A l’époque on avait aussi changé de préparateur physique, donc beaucoup de choses qu’Arsène Wenger avait mis en place ont évolué.

La deuxième saison (1995-1996) a été beaucoup mieux, avec les arrivées de Jeannot Tigana, Fabien Barthez, Thierry Henry et David Trezeguet notamment. On avait une équipe vraiment compétitive, avec laquelle on a pu faire de belles choses en coupe d’Europe.
Sonny AndersonSur la génération France 98

En quoi l’arrivée de Jean Tigana a-t-elle changé les choses ?

La deuxième saison (1995-1996) a été beaucoup mieux, avec les arrivées de Jeannot Tigana, Fabien Barthez, Thierry Henry et David Trezeguet notamment. On avait une équipe vraiment compétitive, avec laquelle on a pu faire de belles choses en coupe d’Europe. En 1997 on sera éliminés seulement en demi-finale de la Coupe UEFA par l’Inter Milan, assez injustement d’ailleurs au Stade Louis-II. Mais cette année-là on a fait des choses intéressantes contre Newcastle et le Celtic Glasgow entre autres. Il nous manquait juste un peu d’expérience de ces rendez-vous pour aller plus loin.

Une saison qui a coïncidé avec votre montée en puissance…

Cela a été une expérience exceptionnelle pour moi, car je suis sacré meilleur buteur de Division 1 la deuxième saison et ensuite on termine champions de France en 1997, où je suis élu meilleur joueur. C’était merveilleux à vivre.

Avec le recul, quel est votre regard sur vos anciens coéquipiers de France 98 ?

C’était un privilège de jouer avec eux, car ils ont été champions du Monde en 1998. Emmanuel Petit et Lilian Thuram faisaient notamment partie de ce groupe que j’ai connu, à un moment de leur carrière où ils devenaient des joueurs très importants. Il y a eu ensuite Thierry Henry, qui a montré suffisamment de caractère pour être titulaire dans l’équipe à un très jeune âge. Puis David Trezeguet. C’était un bonheur de jouer avec ce type de joueurs, car nous avions confiance les uns envers les autres, donc mes deux dernières saisons ont vraiment été fabuleuses.

A Monaco j’ai toujours eu la chance d’avoir des joueurs très techniques derrière moi, comme Youri Djorkaeff ou Enzo Scifo. Mais il y en a un surtout qui m’a fait marquer énormément de buts, c’est Ali Benarbia ! Quand je finis meilleur buteur du championnat avec Ali derrière moi, c’était juste exceptionnel.
Sonny AndersonSur son entente avec Ali Benarbia

Quels sont les joueurs qui vous ont marqué durant votre passage ?

A Monaco j’ai toujours eu la chance d’avoir des joueurs très techniques derrière moi, comme Youri Djorkaeff ou Enzo Scifo. Mais il y en a un surtout qui m’a fait marquer énormément de buts, c’est Ali Benarbia ! Quand je finis meilleur buteur du championnat avec Ali derrière moi, c’était juste exceptionnel. J’avais juste à faire des appels de balle, à demander le ballon dans le bon espace et il me mettait toujours dans de bonnes conditions. Il y a aussi Thierry Henry la saison où il s’est affirmé, à l’époque il jouait encore sur le côté gauche. J’ai eu vraiment de la chance d’avoir des joueurs de ce calibre à côté de moi.

Votre relation avec Jean Tigana était-elle bonne ?

On avait une relation très professionnelle, avec beaucoup de respect, même si par moments il savait être dur aussi pour me rappeler ce que c’était que le haut niveau. Il fallait qu’on soit très stricts avec nous-mêmes. Quand il nous voyait manger un pain au chocolat ou un croissant avant l’entraînement, il nous disputait (sourire), car il disait que ce n’était pas ça le haut niveau. Avec lui on a compris ce que c’était de travailler. Ensuite il était très important pour nous parce qu’il choisissait à chaque fois la bonne tactique pour mettre en avant les attaquants. Il nous a tous fait progresser énormément en deux ans.

Quand il est arrivé, on terminait par une séance devant le but. Il est venu s’entraîner avec beaucoup de personnalité et il cadrait tout ! On se disait entre nous : "C’est qui ce joueur qui marque à chaque fois qu’il cadre?".
Sonny AndersonSur David Trezeguet

Racontez-nous la ffameuse première séance de David Trezeguet…

Quand il est arrivé, on terminait par une séance devant le but. Il est venu s’entraîner avec beaucoup de personnalité et il cadrait tout ! On se disait entre nous : « C’est qui ce joueur qui marque à chaque fois qu’il cadre? ». A ce moment-là effectivement on se dit qu’il faut qu’il soit avec nous, car il y avait un gros potentiel, mais aussi une bonne mentalité et de la personnalité. Le coach a tout de suite compris et il lui a donné sa chance. C’est vrai qu’à l’époque il y avait vraiment cette possibilité pour nous les anciens et les cadres, de donner notre avis par rapport à ce qui se passait sur le terrain. Et Jean était toujours à l’écoute.

Comment s’est décidé votre départ à Barcelone ?

Au début de la saison 1996-1997, j’étais allé voir le Président, M. Jean-Louis Campora, et je lui avais dit que je voulais être champion de France avec l’AS Monaco. C’est finalement ce qui arrivera. Je signe d’ailleurs un nouveau contrat au mois de janvier, pour continuer l’aventure, car je me sentais bien ici, et je pensais que nous étions capables de faire une belle épopée européenne et écrire l’histoire avec le Club.

Je ne voulais pas partir, mais à ce moment-là, Barcelone arrive avec une offre de 180 millions de francs, un record à l’époque. On a discuté avec M. Campora, on ne voulait pas se séparer, mais malheureusement c’était un montant impossible à refuser. Si je n’avais pas gagné de titres avec l’AS Monaco, je serais parti avec encore plus de regrets.

Quel souvenir gardez-vous de l’AS Monaco ?

Je garde un excellent souvenir de mon passage à Monaco. C’est vrai que les gens m’identifient souvent à Lyon où j’ai passé quatre ans, mais c’est à Monaco que je me suis révélé. Je me souviens aussi qu’avec le jeu que l’on produisait sur le terrain, on arrivait à faire venir le public, car les gens ont toujours aimé le beau jeu ici. L’année où on termine champions de France, on finit avec la meilleure attaque et la meilleure défense et on produisait un jeu exceptionnel.

On se disait : « Si on joue bien, les gens viendront nous voir jouer ». Encore une fois on avait un groupe exceptionnel, qui s’entendait bien sur le terrain comme en dehors. L’AS Monaco historiquement a toujours été un club qui recrute et qui forme des joueurs pour pratiquer un beau jeu.

Une année, je me rappelle que Basile Boli était là (1995-1996), on avait enchaîné cinq défaites d’affilée, et on venait de se prendre une raclée à Strasbourg. (...) On recevait Nice en plus à la maison dans la foulée, donc on n’avait pas le droit à l’erreur. La veille du match, je vais voir Thierry Henry et je lui dis : "Demain je fais gagner l’équipe". Résultat, pendant le match je prends le ballon au milieu de terrain, je dribble toute la défense de Nice et je marque. On gagne 1-0, et à partir de là nous sommes repartis très fort.
Sonny AndersonAvant un Derby

Avez-vous une anecdote qui vous revient en tête ? 

Une année, je me rappelle que Basile Boli était là (1995-1996), on avait enchaîné cinq défaites d’affilée, et on venait de se prendre une raclée à Strasbourg. Au retour du match, on a décidé de manger tous ensemble et de se dire les choses. On a réglé les problèmes, et on a dit qu’on ne perdrait plus un match. On recevait Nice en plus à la maison dans la foulée, donc on n’avait pas le droit à l’erreur.

La veille du match, je vais voir Thierry Henry et je lui dis : « Demain je fais gagner l’équipe ». Résultat, pendant le match je prends le ballon au milieu de terrain, je dribble toute la défense de Nice et je marque. On gagne 1-0, et à partir de là nous sommes repartis très fort. C’était la force d’un groupe qui pouvait se relever d’une mauvaise dynamique. Et puis gagner un derby de cette manière-là, c’était fantastique.

Quels sont les buts qui vous ont marqués ?

Des buts il y en a pas mal qui me restent en tête. J’avais notamment marqué un but contre le Paris Saint-Germain où on m’envoie un long ballon de contre. Je suis au duel avec Bruno Ngotty qui essaye de m’écarter de l’axe du but. Je me dis qu’il faut que je frappe au plus vite et croisé, pour battre Bernard Lama. J’ai réussi à marquer, et j’ai donné la victoire à l’AS Monaco. Il y a aussi ce but dans un match important, quand on joue à Newcastle. On gagne 1-0 là-bas sur un débordement de Thierry Henry qui était parti du milieu de terrain pour centrer en bout de course, car il connaissait mon jeu. Il savait que je n’allais pas piquer au premier poteau, mais que j’allais embarquer les défenseurs pour finalement la demander en retrait.

J’étais très proche de lui, il venait souvent manger à la maison avec Martin Djetou. En plus il ne pouvait pas conduire à l’époque, il était trop jeune, du coup c’est moi qui l’emmenait à l’entraînement. Je l’avais pris sous mon aile pour que les choses se passent bien pour lui.
Sonny AndersonA propos de Thierry Henry

Parlez-nous de votre relation avec Thierry Henry…

J’étais très proche de lui, il venait souvent manger à la maison avec Martin Djetou. En plus il ne pouvait pas conduire à l’époque, il était trop jeune, du coup c’est moi qui l’emmenait à l’entraînement. Je l’avais pris sous mon aile pour que les choses se passent bien pour lui. Je comprenais son jeu, il comprenait le mien et c’était vraiment facile sur le terrain.

Quel est votre regard sur l’AS Monaco de Niko Kovac et le choc contre l’OM ?

Le niveau de jeu proposé la saison dernière était exceptionnel, et tout le monde s’attend à voir la même chose cette année. En même temps, il y a eu les tours de barrage en Ligue des Champions, donc l’exercice a commencé très tôt, ce n’est pas évident. De l’autre côté, Marseille a beaucoup recruté, et a changé pas mal de choses. Ce qui est certain c’est qu’on aura du spectacle comme on en a toujours eu dans ces matchs entre l’AS Monaco et l’OM. Car ce sont deux équipes qui jouent au ballon et qui ne vont pas se contenter de défendre. Et puis le Stade Louis-II sera bien rempli.

Jean Lucas est un jeune joueur qui est généreux, qui est capable de remplir parfaitement le travail tactique que lui demande le coach, comme certains matchs où Niko Kovac lui a demandé de finir sur le côté.
Sonny AndersonAncien attaquant de l'AS Monaco

Et pour finir, que pouvez-vous nous dire sur les Brésiliens Jean Lucas et Caio Henrique ?

Jean Lucas je le connaissais un peu plus étant donné qu’il vient de l’Olympique Lyonnais, et que j’avais entendu parler de lui au Brésil. C’est un jeune joueur qui est généreux, qui est capable de remplir parfaitement le travail tactique que lui demande le coach, comme certains matchs où Niko Kovac lui a demandé de finir sur le côté. Caio Henrique je l’aime beaucoup, il est très technique et il a cette facilité d’aller vers l’avant sur son côté. C’est un joueur qui m’impressionne parce qu’il a une grosse personnalité, et il trouve des solutions par sa technique, il donne de très bons ballons. J’adore le voir jouer. Et comme Jean Lucas, il respecte beaucoup les consignes tactiquement et apporte beaucoup au collectif.

Rise. Risk. Repeat.

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