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Interview 14 avril 2022, 19:45

Sa progression, son but en Bleu... Entretien inédit avec Aurélien Tchouameni

Sa progression, son but en Bleu... Entretien inédit avec Aurélien Tchouameni
En amont du choc de la 32e journée de Ligue 1 face à Rennes (vendredi, 21h), le milieu de terrain de l’AS Monaco s’est confié en toute franchise dans un entretien inédit pour asmonaco.com. Rencontre.

On le surnomme parfois la pieuvre ! Signe de son abattage dans le cœur du jeu avec l’AS Monaco, comme avec l’équipe de France. Devenu un élément majeur du dispositif des Rouge et Blanc depuis un an et demi, Aurélien Tchouameni s’étoffe un peu plus à mesure que les mois passent. Ses inspirations, le travail sur et en dehors du terrain, son but avec les Bleus… Le numéro 8 monégasque s’est confié en longueur en amont du choc face à Rennes ce vendredi (21h). Un entretien inédit pour asmonaco.com.

Bonjour Aurélien. Pour commencer, que fais-tu au quotidien, en marge des séances, pour atteindre un jour le très haut niveau ?

Quand je commence quelque chose, j’essaye d’être le meilleur possible. J’aspire à être l’un des meilleurs joueurs d’Europe à mon poste. Donc je travaille au quotidien pour atteindre cet objectif. Cela passe par du travail à la maison ou au Club, en marge des entraînements. On a la chance ici à l’AS Monaco d’avoir de très belles infrastructures avec le Centre de Performance, ce qui nous permet à tous d’optimiser notre travail. Par exemple, je sors à l’instant d’une séance de gainage avec le préparateur physique du Club. Ce sont des choses que j’essaye de faire régulièrement, notamment pour la prévention des blessures. Aujourd’hui j’enchaîne les matchs sans avoir de pépins physiques, donc ça veut dire que je travaille bien à côté, avec les kinés, le staff, pour éviter notamment des problèmes musculaires. Chez moi j’ai aussi une salle de sport, et je fais parfois quelques séances en plus, comme hier soir (interview réalisée le 7 avril), toujours en lien avec le staff.

Travailles-tu aussi l’aspect mental, psychologique ?

C’est un domaine qui a beaucoup d’importance pour moi. J’ai pris conscience de cela au fur et à mesure depuis mes débuts en professionnel. J’ai commencé à travailler cet aspect à Bordeaux avec Cédric, le préparateur mental qui est aujourd’hui ici. Avant chaque match, on discute des objectifs de la rencontre, de tout ce qui se passe autour, de la gestion des émotions aussi. Le fait d’être focus sur ce que l’on peut contrôler, c’est très important et ça m’aide beaucoup.

J’essaye de noter un peu de tout. J’ai des citations de grands sportifs de haut niveau ou de grandes personnalités dans le Monde. Des phrases qui sont pour moi inspirantes, et avec lesquelles je me nourris. Je note également mes objectifs pour chaque match, en fonction de notre adversaire ou de l'événement.
Aurélien TchouameniSur son carnet de notes

Que t’inspirent des joueurs comme Karim Benzema (auteur d’un triplé la veille face à Chelsea en ¼ de finale aller de C1), qui est au top de sa forme à plus de 34 ans ?

Ce qui me marque chez ce genre de joueurs, c’est la longévité au plus haut niveau ! Ce n’est pas donné à tout le monde de performer autant sur le terrain à cet âge-là, comme le font Karim Benzema ou encore Luka Modric, qui a 36 ans je crois, et qui sort encore de grandes prestations en Ligue des Champions. On peut également parler de Cristiano Ronaldo, qui continue à être au top niveau, malgré un âge avancé. C’est le fruit du travail, et le fait de prendre conscience très tôt que le corps est une chose très importante. Ça passe par la nutrition, le sommeil, tout le travail que tu peux faire au club, mais aussi en dehors. Il faut optimiser tes chances de jouer au haut niveau le plus longtemps possible, et eux arrivent à le faire ! Donc c’est une source de motivation pour beaucoup de joueurs.

En conférence de presse, tu as déjà parlé d’un carnet de notes que tu tiens. Qu’écris-tu dedans ?

J’essaye de noter un peu de tout. J’ai des citations de grands sportifs de haut niveau ou de grandes personnalités dans le Monde. Des phrases qui sont pour moi inspirantes, et avec lesquelles je me nourris. Je note également mes objectifs pour chaque match, en fonction de notre adversaire ou de l’événement. Que ce soit en sélection ou en club, chaque match a sa spécificité, et j’essaye d’être le plus assidu possible sur ça. Je suis quelqu’un qui note beaucoup. Tout ce que j’entends, tout ce que je vois. J’ai des objectifs jusqu’à la fin de saison, mais aussi des objectifs de carrière. Donc c’est quelque chose que je garde précieusement dans mon téléphone.

On connaît ta passion pour la NBA. Que vas-tu chercher dans ce sport, et qui te sert au quotidien ?

Je pense que j’ai été attiré par la NBA grâce à la culture américaine. Depuis tout petit, j’ai tout de suite accroché avec les Etats-Unis, que ce soit via des grands sportifs, des grands musiciens ou des figures de l’histoire de ce grand pays, comme Martin Luther King, Barack Obama… Dès qu’il y a quelque chose à apprendre en rapport avec ce pays, à commencer par apprendre l’Anglais, je le fais. J’ai commencé très tôt, car je voulais comprendre le sens des musiques que j’écoutais. Mais pour revenir à la NBA, les joueurs sont obligés d’avoir une bonne alimentation, une top hygiène de vie, car ils jouent parfois tous les deux jours. Quand tu enchaînes un back-to-back, tu es obligé de t’imposer cette exigence, et c’est ce que j’essaye de retranscrire dans mon sport.

Quand je vois que Youssouf est vraiment bien et qu’il trouve de bonnes passes vers l’avant, je vais peut-être me mettre un peu plus en retrait. Je vais être davantage positionné devant la défense, en tour de contrôle, et le laisser trouver des bonnes passes qui cassent les lignes, être plus offensif.
Aurélien TchouameniSur son binôme avec Youssouf Fofana

Dans l’histoire de l’AS Monaco, il y a eu de grands milieux de terrain. Lesquels t’ont inspiré ou se rapprochent de ton profil ?

Très honnêtement, il y en a beaucoup que je n’ai pas eu l’occasion de voir évoluer. Mais en ce qui concerne ma génération, j’ai forcément suivi l’AS Monaco 2017 avec Fabinho, Tiémoué Bakayoko et João Moutinho. Quand je pense à l’histoire récente du Club, c’est à cette grande équipe que je pense. On en parle souvent avec Djibril (Sidibé) d’ailleurs, qui a été champion de France avec eux. Mais effectivement je regardais beaucoup le duo Fabinho-Bakayoko, car à cette époque je commençais tout juste en professionnel. Je les ai beaucoup regardés et aujourd’hui ils font une carrière extraordinaire.

Que représente justement le Club pour toi, jeune joueur en devenir, qui évolue dans une institution qui a été huit fois championne de France ?

L’AS Monaco est un très grand club français qui a une histoire magnifique ! De très grands joueurs sont passés par là. Quand j’étais à Bordeaux et que j’ai eu vent de l’intérêt du Club pour moi, je n’ai pas hésité une seule seconde à venir ici en Principauté. Je savais qu’il pouvait me faire progresser, avec des top installations, un top projet pour les jeunes. Donc aujourd’hui je suis très content de faire partie de ce grand club.

C’est un vrai axe de progression encore une fois, car quand tu as un carton jaune au début du match, tu te dois d’ajuster ton jeu jusqu’à la fin pour permettre à ton équipe de gagner et de maintenir un niveau de performance.
Aurélien TchouameniSur le fait de prendre moins de cartons

Pour revenir un petit peu au terrain, Youssouf Fofana, ton binôme au milieu de terrain, a récemment parlé de « la zone ». Peux-tu nous en dire plus là-dessus ?

(Il sourit) C’est marrant qu’il en parle, car sur le terrain on n’a même pas besoin d’en parler entre nous. En fait il y a des rencontres où je vais sentir que Youssouf est vraiment dans son match et vice versa, donc on adapte notre position en fonction. Je ne sais pas si les observateurs qui regardent les matchs peuvent le voir, mais quand je vois qu’il est vraiment bien et qu’il trouve de bonnes passes vers l’avant, je vais peut-être me mettre un peu plus en retrait. Je vais être davantage positionné devant la défense, en tour de contrôle, et laisser Youssouf trouver des bonnes passes qui cassent les lignes, être plus offensif. Mais ça dépend de la forme de chacun, on s’adapte, c’est pour ça que notre binôme marche très bien. Je pense que ça se voit derrière dans les statistiques ! Et quand il parle de « zone », effectivement quand il y en a un qui se sent mieux, on a l’intelligence de se dire : « Aujourd’hui c’est son jour, à moi de faire en sorte qu’il se sente le mieux possible et de l’accompagner pour le dédouaner d’une certaine manière des tâches défensives. »

Récemment contre Amiens en Coupe de France, le coach t’as laissé sur le terrain avec un carton jaune pour te pousser à adapter ton jeu. Que peux-tu nous dire sur cet épisode ?

C’est un axe de progression que je dois avoir, essayer d’éviter de prendre des cartons rapidement dans le match. Ça m’est arrivé contre Amiens, contre Strasbourg aussi récemment et à Bordeaux également, même si je pense que les deux jaunes étaient vraiment sévères pour le coup. Mais ça me permet de progresser dans la gestion des duels, et d’intégrer qu’il va falloir que je défende différemment. A ce moment-là il faut que je sois encore plus intelligent dans la lecture du jeu, dans l’anticipation, pour éviter le plus possible d’être dans le duel et donc de me mettre en position de faire faute. C’est un vrai axe de progression encore une fois, car quand tu as un carton jaune au début du match, tu te dois d’ajuster ton jeu jusqu’à la fin pour permettre à ton équipe de gagner et de maintenir un niveau de performance.

On va parler un petit peu d’équipe de France à présent. Tu as marqué ton premier but en Bleu récemment contre la Côte d’Ivoire, qu’as-tu ressenti ?

C’est un super souvenir, car c’était un beau match, contre une bonne équipe, dans un stade Vélodrome avec une très belle ambiance. Nous faisions une bonne prestation, mais il y avait un but partout au tableau d’affichage. Cerise sur le gâteau, j’ai la chance de pouvoir marquer ce but en toute fin de match, dans une magnifique atmosphère. C’est un souvenir qui restera gravé en moi, car c’est le premier, et j’espère qu’il en amènera d’autres. Mais au moins je pourrai dire que j’ai marqué un but en équipe de France (sourire) !

Il y a une tradition lors de chaque rassemblement, ce sont les photos d’arrivée à Clairefontaine. Est-ce que tu surveilles ton style quand tu rejoins les Bleus ?

(Sourire) Oui toujours, parce que c’est un moment important, surtout la première fois ! Maintenant j’essaye d’y aller avec une tenue de mon sponsor, donc avant chaque rassemblement je vais à la boutique avec un de mes représentants pour sélectionner les outfits que je vais mettre au Château. Mais c’est sûr que c’est un moment incontournable (sourire) !

Crédits photos : Simon Morcel – FFF

Pour finir, le tirage au sort de la Coupe du Monde a eu lieu récemment. Est-ce un rêve pour toi d’y participer ?

J’ai eu la chance étant plus jeune de disputer une Coupe du Monde avec l’équipe de France U17. C’était en Inde et j’en garde un très bon souvenir avec les coéquipiers que j’avais à l’époque. On en parle encore aujourd’hui avec Maxence (Caqueret), Yacine Adli ou encore Amine Gouiri. Il y avait de très bonnes équipes et des top joueurs, et on sentait déjà cet engouement autour d’un tel événement. Maintenant, avoir la possibilité de disputer un Mondial avec les A, forcément c’est quelque chose que j’ai dans un coin de ma tête. Mais il y a encore pleins de matchs qui vont arriver avant cette Coupe du Monde, donc on y pense, mais pas trop non plus. Des échéances vont arriver avant, mais c’est sûr que ce serait beau de jouer une Coupe du Monde pour son pays !

Et la faire avec Jules Koundé surtout (son ami du centre de formation à Bordeaux) ?

(Sourire) C’est certain qu’on en parle ensemble. On se demande comment ça pourrait être, de part notre parcours. C’est certain que ce serait beau de faire une Coupe du Monde ensemble !

Rise. Risk. Repeat.

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