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Médias 25 décembre 2021, 16:00

Stéphane Guy : "En 1987, j'ai été incroyablement ébloui par Youssouf Fofana"

Stéphane Guy : "En 1987, j'ai été incroyablement ébloui par Youssouf Fofana"
Ils vous font vivre les matchs comme si vous y étiez. Pendant les fêtes de fin d’année, asmonaco.com vous propose une série d’entretiens avec les grands témoins des médias, qui ont des souvenirs marquants avec les Rouge et Blanc. Aujourd’hui, rencontre avec Stéphane Guy.

Ses tirades enflammées vous ont fait vibrer plus d’une fois devant votre petit écran. De « l’infernal Wayne Rooney » au « génie français », en passant par le mythique « c’est pas Gijón, c’est pas Valladolid », Stéphane Guy a marqué le paysage footballistique français par ses expressions devenues des classiques.

Aujourd’hui sur RMC Sport après de nombreuses années passées à Canal +, le journaliste de 51 ans continue de suivre avec assiduité les matchs de l’AS Monaco. Un Club qui ne le laisse pas indifférent et pour lequel il possède une vraie affection, comme il l’a confié dans cet entretien. C’est parti pour quelques minutes de bonheur en plus !

Il y avait Glenn Hoddle dans l'équipe, mais j'avais été incroyablement ébloui par Youssouf Fofana, qui avait fait un match extraordinaire. Il avait tellement survolé le match que le défenseur du PSG qui était à son marquage, Pierre Bianconi, avait été expulsé parce qu'il était complétement dépassé.
Stéphane GuyJournaliste à RMC Sport

Stéphane, vous souvenez-vous de votre premier match à Louis-II ?

Honnêtement pas du tout, mais par contre je me souviens parfaitement du premier match de l’AS Monaco que j’ai vu. Je n’étais pas encore journaliste, j’étais étudiant et je venais à Paris l’été pour travailler, donc c’était un PSG-Monaco au Parc des Princes. C’était la première année d’Arsène Wenger, celle du titre de champion de France, en 1987-1988, et les Monégasques s’étaient imposés 1-0, avec un but de Mark Hateley. Il y avait Glenn Hoddle dans l’équipe, mais j’avais été incroyablement ébloui par Youssouf Fofana, qui avait fait un match extraordinaire. Il avait tellement survolé le match que le défenseur du PSG qui était à son marquage, Pierre Bianconi, avait été expulsé parce qu’il était complétement dépassé.

Quel match au Stade Louis-II vous a le plus marqué ?

En tant que commentateur, j’ai pris énormément de plaisir lors du 8e de finale retour de Ligue des champions contre Manchester City (3-1), en 2017, avec ce but libérateur de Tiémoué Bakayoko. Cette équipe de Monaco était exceptionnelle et puis l’enjeu était très fort. Sortir Manchester City de cette façon-là, ce n’est pas banal.

Ce jour-là, l’ambiance était extraordinaire, comme souvent lors des grands matchs sur le Rocher…

Bien sûr. C’était un vrai match de Coupe d’Europe, avec l’émotion liée à ces matchs aller-retour. L’ambiance était exceptionnelle, avec une équipe qui pratiquait un football de telle qualité. Tout était bluffant.

J'ai aimé Glenn Hoddle, à une époque bénie où des grandes stars du football anglais venaient jouer en France. Après il y a eu Enzo Scifo, mais moi j'aimais particulièrement Gérald Passi, un joueur avec le regard haut et la technique sûre.
Stéphane GuyJournaliste à RMC Sport

Y-a-t-il une routine quand on vient couvrir un match à Monaco ?

Ce qui est assez amusant, c’est que comme l’hôtel est collé au Stade, tu t’y rends à pied. Et puis venir à Monaco, c’est quasiment l’assurance d’avoir du soleil, à n’importe quelle période de l’année où l’on vient commenter. L’ambiance autour du Stade Louis-II est sympa, tu ne sens pas la pression négative qu’il peut y avoir ailleurs. Et puis ce Stade au bord de la mer, c’est quand même un lieu très particulier, qui a une histoire incroyable. Tu y ressens cette histoire, et j’aime beaucoup le Mur des Légendes, avec les photos de tous les anciens. J’aime quand un club met en valeur son histoire, et Monaco a été l’un des premiers en France à le faire. Le bémol, c’est la piste d’athlétisme, même si je comprends très bien que Monaco ait un stade omnisports, et j’ai d’ailleurs commenté le meeting Herculis. Mais Louis-II, ce n’est vraiment pas un lieu comme les autres.

Quel est le joueur de l’AS Monaco qui vous a le plus marqué ?

Il y en a beaucoup, il y a eu tellement de joueurs extraordinaires à Monaco ! J’ai aimé Glenn Hoddle, à une époque bénie où des grandes stars du football anglais venaient jouer en France. Après il y a eu Enzo Scifo, mais moi j’aimais particulièrement Gérald Passi, un joueur avec le regard haut et la technique sûre. Mais encore plus fort que ça, il y a les joueurs formés au Club, comme Thierry Henry et Kylian Mbappé. Je me considère comme un privilégié d’avoir pu assister à l’émergence de Mbappé, d’avoir vu ses premiers pas sous le maillot monégasque. C’est là qu’on a découvert le phénomène et depuis plus rien ne me surprend le concernant, car il a marqué mon esprit immédiatement, de la même façon que Thierry Henry l’avait fait, même si je ne commentais pas encore.

Quand je pense à Monaco, je pense à Éric Huet. Je n'ai jamais vu un homme dont la vie et l'humeur au quotidien dépendent autant de la performance de son équipe préférée. C'est un "perfusé grave" lui (rires) !
Stéphane GuyJournaliste à RMC Sport

Avez-vous une anecdote particulière en lien avec le Club ?

J’ai forcément un lien très particulier avec l’AS Monaco puisque le parrain de ma fille, mon meilleur ami, est Gilles Grimandi. Je l’ai connu quand il terminait sa carrière à Arsenal et nous sommes devenus très amis. Avec lui, on parle évidemment beaucoup de l’AS Monaco tous les deux car c’est un club qui l’a profondément marqué. Mais surtout, quand je pense à Monaco, je pense à Éric Huet. Je n’ai jamais vu un homme dont la vie et l’humeur au quotidien dépendent autant de la performance de son équipe préférée. C’est un « perfusé grave » lui (rires) !

Vous avez aussi suivi le Club dans son épopée en Ligue des champions en 2004, on imagine que cela doit être un superbe souvenir…

Oui, j’avais suivi cela dans les coulisses grâce au documentaire « Le Périple Rouge », qu’Antoine Le Roy avait réalisé. Mais surtout, la saison suivante j’ai eu la chance de commenter le match de Ligue des champions entre l’Olympiakos et Monaco, remporté par les Grecs (1-0). La veille du match, j’avais pu m’entretenir avec Didier Deschamps pour préparer la rencontre, et lors de cet entretien il m’avait raconté le match à venir à la perfection. La façon dont lui, en tant qu’entraîneur, l’avait anticipé et appréhendé, était parfaite. Quand j’ai vu ce match le lendemain, j’avais l’impression de voir exactement celui qu’il m’avait raconté. Ça m’a vraiment beaucoup marqué professionnellement. Ce jour-là, je me suis dit : « Lui, ce n’est vraiment pas un entraîneur comme les autres. »

Vous travaillez maintenant à RMC Sport avec plusieurs légendes monégasques, Emmanuel Petit, Eric Di Meco et Jérôme Rothen. Vous parlent-ils de leur passage sur le Rocher ?

Eric, même s’il est plus identifié Marseille, et Manu, qui est Normand comme moi, ont Monaco dans le cœur. C’est la même chose pour Jérôme, même si je le croise moins car il est à la radio et moi à la télé. Je les vois tous les trois plutôt dans des contextes de matchs anglais ou de Ligue des champions, donc Monaco n’est pas le premier sujet qui vient sur la table, mais ils sont vraiment marqués au fer rouge. C’est la même chose pour Arsène Wenger, que j’ai beaucoup fréquenté lors de sa période à Arsenal, qui m’a souvent raconté des souvenirs de sa période à l’AS Monaco.

Rise. Risk. Repeat.

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