Alors que l’AS Monaco est parmi les premiers clubs du championnat de France à lancer officiellement son centre de formation en 1975, sous la présidence de Jean-Louis Campora, le club de la Principauté n’aura pas attendu la décennie 70 pour briller grâce à sa jeunesse montante. Dès 1962, c’est sous les ordres de Louis Pirroni, ancien défenseur central des Rouge et Blanc devenu entraîneur de la réserve, que le Club obtient ainsi son premier trophée en Coupe Gambardella face au FC Metz (2-1).

Le doublé en Gambardella en guise de fondations 🏆

Mais ce n’est qu’un début, puisque dix ans plus tard, toujours sous la houlette de l’éducateur marseillais, les coéquipiers d’un certain Alfred Vitalis s’imposent en finale de la compétition devant l’US Toulouse sur le même score (2-1). C’est donc fort de ces succès, et dans la lignée de l’éclosion des premiers talents façonnés au pied du Rocher comme Georges Casolari, Armand Forchério et Gérard Garino à la fin des années 60, que l'AS Monaco fonde son propre centre de formation lors de la saison 1975-1976.

Jean-Louis Campora visionnaire, Gérard Banide bâtisseur 🏗️

Tout juste nommé Président, Jean-Louis Campora fait alors appel à Pierre Mosca pour prendre la tête de la structure imaginée par Ange Vaccarezza, comme le rappelle Norbert Siri dans son ouvrage dédié au Centenaire de l’AS Monaco. L’ambition est alors de créer un vrai réseau d’observateurs des meilleurs jeunes joueurs de l’Hexagone, et d’attirer également les meilleurs formateurs pour polir ces talents en Principauté. C’est ainsi que Gérard Banide, l’un des hommes les plus réputés dans ce domaine, prend ses fonctions en 1976 en provenance de l’INF Vichy.

La rue Terrazzani, terre d’accueil 🏫

Il retrouve ainsi Jean-Luc Ettori, qu’il a connu en Auvergne, lequel va être le chef de file de cette première génération dorée façonnée au pied du Rocher, et très vite s’installer dans les cages de l’équipe première, sans jamais les quitter par la suite. A cette période, les jeunes adolescents qui débarquent à l’Academy s’entraînent et étudient de façon sommaire et logent chez l’habitant à Monaco, notamment rue Terrazzani, près de la fameuse Place d’Armes où se trouve l’iconique restaurant "Le Biarritz" où ils prennent leurs repas, comme nous le racontera récemment Bruno Bellone.

Je me rappelle qu'on logeait chez l'habitant avec Manu, et on mangeait tous les jours au Biarritz, un restaurant situé sur la place d'Armes. C'était une autre époque !

Bruno Bellone

Une première génération florissante 💎

La fin de la décennie 70, qui correspond à la renaissance de l’équipe professionnelle avec la remontée en première division en 1977 suivie du titre de champion de France en 1978 dans la foulée avec la bande à Jeannot Petit, voit donc éclore de nombreuses pépites. Des talents bruts parmi lesquels Bruno "Lucky Luke" Bellone justement, mais également Manuel Amoros (futurs vainqueurs de l’Euro 1984), Dominique Bijotat, Didier Christophe ou bien évidemment Claude Puel, l’homme d’un club, tous de futurs internationaux tricolores. Ainsi voit-on naître les prémices d’une usine à talents bruts !

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