C’est une passion qui est arrivée sur le tard, en 2010, à l’âge de 41 ans. Seize ans plus tard, Jérôme profite à fond de celle-ci et a depuis assisté à plus d’une centaine de rencontres de l’AS Monaco à domicile ou à l’extérieur. Habitant à seulement quelques kilomètres du Mans, il ne louperait donc pour rien au monde ce déplacement et il sera évidemment présent au stade Marie-Marvingt, ce dimanche (17h15), pour encourager les Rouge et Blanc à retrouver la victoire. Rencontre 🎙️
Bonjour Jérôme. Depuis quand et comment es-tu devenu supporter de l’AS Monaco ?
Je suis supporter de l’AS Monaco depuis 2010. J'ai 57 ans, donc ma passion est arrivée sur le tard. Pour tout dire, quand j'étais petit, j’avais un peu ce fantasme de la Principauté, qui faisait rêver tout le monde. Et un jour, un copain qui était supporter de Lens m'a proposé d'aller voir un match avec lui à Bollaert en février 2010. On avait perdu 3-0 mais comme Monaco m'a toujours fasciné, je me suis mis à les supporter, en démarrant donc par une défaite.
Le plus marquant - pas forcément le plus beau -, c'est l'année dernière en Ligue des Champions contre Paris. J'avais la chance d'être porte-drapeau, donc au bord de la pelouse et du bon côté lorsqu'on a mis les deux buts. Je peux te dire que ça me faisait un bien fou quand on gagnait 2-0, j'étais heureux comme tout !
Jérôme, sur son plus beau match au Louis-II
As-tu vu d’autres matchs depuis ?
Il faut savoir que j’ai vu 106 matchs depuis un stade, dont 17 à Monaco et donc le reste à l'extérieur. J'ai fait une finale de Coupe de France et deux finales de Coupe de la Ligue, les trois perdues contre Paris malheureusement, je n'ai pas eu de chance. Le plus marquant est la défaite 6-1 chez le Real Madrid, cela m’a fait mal parce que j'étais descendu à Madrid en voiture avec mon épouse. On avait passé le week-end là-bas, donc ça faisait beaucoup de frais. Après, le plus beau est toujours en Ligue des Champions contre le Benfica Lisbonne, où on a fait 3-3 là-bas. Le stade et l’ambiance étaient magnifiques là-bas. Nous étions descendus en avion à trois. On a passé un super week-end au Portugal, c'était super sympa, et on a fait un match de fou là-bas. C’est dommage qu'on ait perdu à l’aller mais c’est clairement la plus belle ambiance de stade que j'ai faite.
Et le plus beau au Louis-II ?
Le plus marquant - pas forcément le plus beau -, c'est l'année dernière en Ligue des Champions contre Paris. J'avais la chance d'être porte-drapeau, donc au bord de la pelouse et du bon côté lorsqu'on a mis les deux buts. Je peux te dire que ça me faisait un bien fou quand on gagnait 2-0, j'étais heureux comme tout ! Malheureusement, ils nous ont remontés à 3-2. Ensuite, mon regret est que j'étais au ski pour le match retour donc je n'ai pas pu y aller, quand on a fait nul là-bas. Mais quand on gagnait 2-0 contre Paris, c'était incroyable, je me suis dit qu'on allait passer. Et puis avoir le badge Ligue des Champions autour du cou et être au bord du terrain quand la musique résonne, ça fait quelque chose, ça te retourne les tripes. Pour un supporter, c'est le top !
As-tu fait d'autres matchs de Ligue des Champions ?
Oui, je n'ai plus tout en tête parce qu'à 106 matchs, ça se mélange un peu, mais j'en ai fait beaucoup à l'extérieur aussi : Bruges deux fois - à chaque fois on a perdu -, Eindhoven, le Bayer Leverkusen où on avait gagné 3-2 en Ligue Europa, Arsenal, Benfica Lisbonne, Madrid... Ce qui me plairait, c'est d'en faire un en Italie ou à Barcelone. Il y a des stades mythiques comme ça où je rêve d'aller, comme j'ai pris sur le tard, alors que beaucoup de collègues du groupe ont déjà tout fait. J'attends des grosses affiches. Cette année, si on a un beau parcours et qu'on peut aller jusqu'en finale de Ligue Conférence, je prends ! Ce ne sera peut-être pas le plus beau, mais ce sera un trophée.
Et en France ?
Je fais tout ce qui est Nord, Bretagne, Normandie. Maintenant, en étant au Mans, je suis beaucoup plus près. La saison dernière, j'ai fait 20 déplacements toutes compétitions confondues. Cette année, j'en ai prévu 18, et j'attends de voir le tirage de la Coupe de France. Malheureusement, pour tout ce qui est Ligue Conférence, le budget ne me permet pas d’en faire actuellement. J'espère qu'on va se qualifier au prochain tour et que je pourrai en faire un. Si le tirage en Coupe de France nous permet de jouer à domicile, je descendrai pour également assister au dernier match de Ligue Conférence le jeudi contre Lincoln et à la Coupe le dimanche. Ça me permettrait de voir deux matchs sur un seul déplacement.
Tu me parlais de ton épouse avec qui tu es allé à Madrid. Est-elle aussi supportrice de l'AS Monaco ?
Non, pas trop. Elle profite quand on a un grand week-end pour venir avec moi en déplacement. Là, on a prévu de descendre à Monaco pour la fin d'année et au moins à la fin de saison pour les deux matchs contre Nice. Pour venir du Mans, il y a 2 000 kilomètres aller-retour. Donc quand on vient, il faut prévoir l'hôtel, le carburant, les repas... C'est un budget quand même assez conséquent ! On en profite généralement pour se faire un week-end en amoureux, et parfois elle m'accompagne au match, tandis que parfois, j'y vais seul et elle reste à l'hôtel ou à l'appartement. Ça dépend des conditions climatiques.
En parcage, on a tout le temps un noyau, et je connais plein de personnes des autres groupes. On sympathise dès qu'on se voit, on fait des photos, on se fait des délires, on s'amuse beaucoup. C'est surtout l'ambiance, et c'est plus agréable de vivre un match au stade que devant la télé tout seul.
Jérôme, à propos des matchs en parcage
D’autres membres de ta famille sont-ils supporters de l'AS Monaco ?
Il n'y a que moi ! Dans ma belle-famille, mon gendre est supporter lensois, son père est supporter lillois et son beau-frère est supporter marseillais. Mais dans ma propre famille, ils ne regardent pas trop le football, il n'y a vraiment que moi qui ai cette passion. (Et au travail ?) J'ai mon chef direct qui aime bien Monaco, et après il y a un peu de tout : il y a du Parisien, du Lillois, du Marseillais... Là, ils n'attendent qu'une chose, c'est qu'on perde contre Le Mans dimanche pour pouvoir me chambrer lundi ! Ils m'ont déjà prévenu de ne pas venir lundi en cas de défaite (rires). Il faut dire que j'en avais pas mal profité après nos victoires contre Marseille ou le PSG.
Es-tu membre d’un groupe de supporters ?
Avant, j’habitais dans l'Oise, j'étais donc affilié au groupe Monégask 60/75, puis j'ai eu une mutation professionnelle il y a quatre ans à 40 kilomètres du Mans. Malgré tout, je suis resté fidèle à mon groupe d'origine, donc je suis toujours affilié au 60/75. Le groupe commande les places, là, j'ai celle pour Le Mans. Cette saison, j'en ai fait cinq au Havre, au PSG, à Strasbourg, à Lorient et au Paris FC. Je reste sur deux défaites, j'aimerais que la tendance s'inverse.
Et justement, qu'est-ce que tu aimes dans ces déplacements ?
La passion du foot ! Même parfois, je vais voir le match, je rentre, et le lendemain je regarde le replay à la télé. C'est complètement différent. Je regarde à chaque fois quel match je peux faire : là, c'est déjà prévu d'aller à Lyon à la fin du mois. Cette année, j'en ai prévu 17 ou 18, donc j'ai prévu large. Après, il y a des stades que je n'ai jamais faits : Marseille, que j'espère faire l'année prochaine, et Nice à la fin de saison. Mais sinon, j'ai fait tous les stades. En parcage, on a tout le temps un noyau, et je connais plein de personnes des autres groupes. On sympathise dès qu'on se voit, on fait des photos, on se fait des délires, on s'amuse beaucoup. C'est surtout l'ambiance, et c'est plus agréable de vivre un match au stade que devant la télé tout seul. Mais ça me plaît de revoir le match après parce que tu vois des trucs que tu ne voyais pas au stade, ça permet d'avoir un œil différent.
Gardes-tu les billets pour te rappeler des matchs que tu as faits ?
Oui, je les ai tous ! Qu'ils soient physiques ou des e-billets que j'imprime, ils sont tous soigneusement rangés dans un album, et j'ai tout noté. Cela ne prend pas de place et cela me fait un souvenir. J'ai même une anecdote qui remonte au 14 décembre 2024, lors d'un déplacement en Ligue 1 à Reims avec mon épouse. À la mi-temps, mon gendre m'appelle pour me dire que ma fille a été admise en urgence à l'hôpital parce qu’elle allait accoucher de mon deuxième petit-fils. On a donc quitté le stade précipitamment à la mi-temps pour faire les deux heures de route jusque dans l'Oise et les rejoindre. Il y a des matchs comme ça qui marquent ! En tout cas, il fêtera ses deux ans cette année, et le 13 décembre, à un jour près, je serai encore dans un stade pour le déplacement à Rennes.
Je dois avoir entre 12 et 15 maillots différents, j'essaie d'en prendre un de chaque compétition, j’en ai donc de la Ligue des Champions, de la Ligue Europa… J’ai également la réédition du maillot collector de l'épopée 2003-2004 en Ligue des Champions, parce qu'il est signé par Ludovic Giuly, Jérôme Rothen et Gaël Givet, avec qui j'avais fait une photo sur le parvis.
Jérôme, sur sa collection
Est-ce qu’il y a un joueur dont tu as été particulièrement fan ?
Le problème des joueurs est que ça tourne beaucoup mais ceux qui me plaisaient tout particulièrement étaient Kamil Glik et Danijel Subasic. Mon père est d'origine polonaise, donc ça m'a rapproché un peu de lui, d’autant que je voyais le travail et l'impact qu’il avait dans la défense...
Possèdes-tu des maillots ou as-tu une collection en lien avec l’AS Monaco ?
Je dois avoir entre 12 et 15 maillots différents, j'essaie d'en prendre un de chaque compétition, j’en ai donc de la Ligue des Champions, de la Ligue Europa… J’ai également la réédition du maillot collector de l'épopée 2003-2004 en Ligue des Champions, parce qu'il est signé par Ludovic Giuly, Jérôme Rothen et Gaël Givet, avec qui j'avais fait une photo sur le parvis. Celui-là est encore dans sa boîte, il n'a pas bougé, c'est le seul où j'ai des signatures. J'ai aussi huit écharpes : celles des finales de Coupe de la Ligue et des déplacements ou réceptions en Coupe d'Europe au Benfica, Eindhoven, Braga, Madrid, Trabzonspor. Je collectionne aussi les gobelets dans les tribunes. J’ai ceux de Nantes, Auxerre, Rennes, Lens, Le Havre, Saint-Étienne... Dès que je peux avoir un petit souvenir d'un match, j'essaie de le récupérer.
Est-ce que tu aurais juste un petit pronostic pour Le Mans ?
J’habite à même pas 30 kilomètres du stade, donc si je n'y vais pas, c'est inadmissible ! Comme on a du mal à faire de clean sheet et qu'on a pris un but systématiquement lors des cinq derniers matchs où j'étais présent, je partirais sur une victoire 3-1 pour nous, pour effacer le 3-1 du Paris FC.