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Interview 29 avril 2023, 12:28

Gambardella 2016, Barilaro… Les souvenirs de Tristan Muyumba

Gambardella 2016, Barilaro… Les souvenirs de Tristan Muyumba
A quelques heures de la finale de la Coupe Gambardella (17h15), nous sommes partis à la rencontre du milieu de terrain, capitaine de la génération vainqueur en 2016. Plongée dans ses souvenirs quant à ce titre remporté.

Il a soulevé la quatrième Coupe Gambardella de l’histoire de l’AS Monaco. Capitaine de cette génération vainqueur de Lens en finale en 2016, Tristan Muyumba a fait toutes ses classes à l’Academy. A quelques heures de la finale face à Clermont (17h15), le milieu de terrain guingampais, auteur d’un match en carrière avec les Rouge et Blanc, a répondu à nos questions pour évoquer ce magnifique souvenir, pour ce qui est encore aujourd’hui pour lui son meilleur moment dans le football. Interview. 🎙

J’ai en effet fait toutes mes classes à l’Academy et je participe à deux éditions de la Youth League (dont un huitième de finale face au Real Madrid ndlr.) et à la Gambardella. J’ai eu la chance de faire une demie et d’en remporter une aussi. C’était assez fort et émouvant comme parcours.
Tristan MuyumbaVainqueur de la Coupe Gambardella 2016

Bonjour Tristan. Donne-nous de tes nouvelles. J’ai vu que tu enchaînes les titularisations ces dernières semaines avec Guingamp.

C’est vrai, ça se passe plutôt bien. Je fais une saison assez pleine avec beaucoup de temps de jeu. Je suis assez content de ce que je réalise. On peut toujours espérer mieux, notamment au niveau collectif puisqu’on aurait aimé être un peu plus haut au classement.

Tu rejoins l’Academy à 15 ans et tu disputes la Youth League et la Gambardella notamment. Tu as vécu de belles émotions au cours de ta formation.

J’ai en effet fait toutes mes classes à l’Academy et je participe à deux éditions de la Youth League (dont un huitième de finale face au Real Madrid ndlr.) et à la Gambardella. J’ai eu la chance de faire une demie et d’en remporter une aussi. C’était assez fort et émouvant comme parcours.

Quel souvenir gardes-tu du parcours en Gambardella en 2016 ? As-tu un match marquant qui te revient ?

Il y en a plusieurs. D’abord le premier tour à Rodez où l’on passe aux tirs au but. Ça avait été un match compliqué. Il y a également la réception de Caen lors des quarts de finale. On a réalisé un match plein avec une victoire 3-0 à la clé, d’autant plus qu’il y avait pas mal de supporters. Nos familles étaient aussi là. Il nous a donné beaucoup de confiance et d’assurance pour la suite du parcours.

Un gain de confiance démontré en finale avec un nouveau succès 3-0.

On dispute en effet une belle finale, même si l’on ne réalise pas un très bon début de match. On avait pourtant l’habitude de bien entamer nos rencontres et de piéger l’équipe adverse. L’ouverture du score provient d’un très joli but d’Irvin (Cardona), auteur d’un piqué.

En deuxième mi-temps, on s’est bien protégé et on marque le deuxième but sur attaque rapide grâce à Kylian (Mbappé). Ensuite, honnêtement, on savait qu’il ne pouvait plus rien arriver, on était sûr de nos forces et de notre défense. Malgré le 3-0, on ne survole pas le match mais on a été meilleurs sur des moments clés qui ont fait la différence. C’était le travail d’un groupe uni et soudé.

C’est énormément de fierté et de responsabilité parce que j’avais une très forte relation avec l’entraîneur Frédéric Barilaro, dont je suis toujours régulièrement en contact. C’était forcément important pour nous de gagner et j’en garde de très bons souvenirs. Jusqu’à présent, cette victoire en Coupe Gambardella reste mon meilleur moment dans le monde du foot.
Tristan MuyumbaVainqueur de la Coupe Gambardella 2016

D’autant plus que tu étais le capitaine de cette équipe, cela rajoute forcément de la fierté.

Bien sûr. C’est énormément de fierté et de responsabilité parce que j’avais une très forte relation avec l’entraîneur Frédéric Barilaro, dont je suis toujours régulièrement en contact. C’était forcément important pour nous de gagner et j’en garde de très bons souvenirs. Jusqu’à présent, cette victoire en Coupe Gambardella reste mon meilleur moment dans le monde du foot.

Qu’est ce que cela fait de jouer et gagner au Stade de France ?

C’est rare de jouer dans un stade de 80 000 places à notre âge. Nous nous étions préparés et avons bien travaillé pour ne pas se laisser submerger par l’environnement et l’atmosphère. Il fallait notamment faire attention en deuxième période parce que nous savions qu’il y allait avoir de plus en plus de monde en tribunes de par la finale de Coupe de France entre le PSG et Marseille. On a essayé de garder les pieds sur terre et je pense que cela s’est plutôt bien passé.

As-tu une anecdote en tête quant aux célébrations ?

Il y en a pleins. Il y a la joie dans les vestiaires et dans les tribunes. Honnêtement, on n’a quasiment pas regardé la finale de Coupe de France, on était tellement joyeux que l’on faisait la fête. Il y a le retour à Monaco avec un tour d’honneur au Stade Louis-II lors du dernier match des professionnels pour présenter la Coupe.

Je pense aussi à notre arrivée au Centre puisque l’on a pu partager ce moment avec tous les pensionnaires de l’Academy. C’était certes notre victoire mais c’était celle de tout un Club et de la formation. On a pu savourer ça avec les plus jeunes et les plus vieux, comme les surveillants, les intendants, les professeurs de la scolarité et tous ceux qui permettent le bon fonctionnement du Club. C’est ce genre d’anecdotes que je veux retenir.

Je ne vais pas dire que c’était un accomplissement mais presque parce que l’on n’a pas tous la chance de passer pro’ et de s’imposer ensuite à l’AS Monaco. Mais avant tout, on était une bande de potes qui a vécu ensemble pendant des années, et qui s'appréciait. Aujourd’hui, avec certains, on est des frères. C’était quelque chose de symbolique et on est lié à vie maintenant par ce trophée.
Tristan MuyumbaVainqueur de la Coupe Gambardella 2016

Que représentait la Coupe Gambardella pour toi ?

A mes yeux, c’était le plus beau trophée que l’on pouvait remporter en équipes jeunes en Club. On connaît l’importance de ce qu’il représente en France. Il y a beaucoup de grands joueurs qui ont gagné cette compétition. Forcément, c’était quelque chose de fabuleux.

Je ne vais pas dire que c’était un accomplissement mais presque parce que l’on n’a pas tous la chance de passer pro’ et de s’imposer ensuite à l’AS Monaco. Mais avant tout, on était une bande de potes qui a vécu ensemble pendant des années, et qui s’appréciait. Aujourd’hui, avec certains, on est des frères. C’était quelque chose de symbolique et on est lié à vie maintenant par ce trophée.

Kylian Mbappé, Irvin Cardona, toi… Vous êtes beaucoup à avoir percé en pro’. Avec le recul, on peut dire que vous aviez une belle génération.

On avait une superbe génération avec de très bons joueurs individuels et collectifs. On était très bien entouré et encadré, que ce soit par le coach « Bari » et tous ceux qui s’occupaient de nous. On avait tout pour que ça se passe bien. Mais c’est vrai que certains d’entre nous ont réussi par la suite à faire leur bonhomme de chemin. On en est fier et on espère aller encore plus haut. Il faut continuer comme ça.

Quel était le joueur qui t’a le plus impressionné ?

Forcément, on parle souvent de Kylian parce qu’il est né en 1998 et qu’il avait un an de moins que nous. On avait une génération très talentueuse. Mais mon coup de cœur était Guevin Tormin. C’était un gaucher très talentueux. Si je devais en choisir un, je dirais lui.

Quel rôle a eu Frédéric Barilaro dans ton évolution en tant qu’homme et footballeur ?

Il a eu un très grand rôle dans les bons comme dans les moments plus compliqués, notamment quand j’ai été prêté au Cercle et que j’ai été blessé. Il a pris le temps de m’envoyer des messages et de s’informer de ma situation. Pendant ma formation, il a éveillé en moi un côté plus agressif et tueur. Une facette que je n’avais pas forcément.

C’est quelqu’un à qui je dois énormément. Mais c’est le cas pour tous. Que ce soit sportivement et dans l’humain, il a compté pour moi. Même encore aujourd’hui, on se parle régulièrement. Je lui avais d’ailleurs envoyé un message après la demi-finale pour le féliciter.

Je suis toujours content lorsque je vois des joueurs sortir de l’Academy. Cela prouve le travail qui est fait à la Diagonale. D’en faire partie, j’en suis forcément fier. Quand je vois Eliesse (Ben Seghir) et Edan (Diop), que je connais bien puisque j’ai joué avec son frère, je suis très content.
Tristan MuyumbaVainqueur de la Coupe Gambardella 2016

Un an après, l’AS Monaco vit une saison exceptionnelle avec la présence de Kylian dans l’effectif. Comment as-tu vécu ça de l’intérieur ?

Cette saison-là avait été magnifique, que ce soit le titre et l’épopée en Ligue des Champions. Il y avait une équipe extraordinaire avec des joueurs de qualité et de haut niveau. Aujourd’hui, on se rend encore plus compte du niveau qu’ils avaient, à l’image de Kylian ou Bernardo Silva, et de la chance que pouvait avoir le Club de les compter dans l’effectif.

Je n’ai pas eu la chance de jouer en championnat puisque ma seule apparition avait été en demi-finale de Coupe de France. J’ai toutefois participé à de nombreux entraînements. Il y avait une assurance et une confiance en soi. Ce groupe savait qu’il ne pouvait rien lui arriver. Tous étaient très soudés, c’était une bande de potes. C’est ce qui a pu faire la différence.

Crédit Photo : Icon Sport

C’est une fierté pour toi d’avoir fait partie de cette Academy qui a sorti de nombreux jeunes talents ?

Bien sûr et je suis toujours content lorsque je vois des joueurs sortir de l’Academy. Cela prouve le travail qui est fait à la Diagonale. D’en faire partie, j’en suis forcément fier. Quand je vois Eliesse (Ben Seghir) et Edan (Diop), que je connais bien puisque j’ai joué avec son frère, je suis très content.

Il y a aussi Eliot (Matazo) qui gratte du temps de jeu. Je suis certain qu’il y en aura encore d’autres, et notamment ceux qui ont atteint la finale de Coupe Gambardella. J’ai regardé leurs matchs à Nantes et à Pau et j’ai pu voir beaucoup de qualités. L’avenir est assuré du côté monégasque, je ne me fais pas de souci.

Justement, est-ce que tu peux dire un mot d’encouragement avant cette finale ?

Ce que je peux dire, c’est de jouer sans complexe et de jouer comme ils le font habituellement sans se prendre la tête. On ne va pas dire que c’est un match comme les autres parce que forcément, c’est une finale, mais il faut garder les pieds sur terre et se concentrer sur ce que le coach va mettre en place. Je n’ai pas trop d’inquiétude à ce sujet parce que je sais que « Bari » trouve toujours les bons mots. Je leur souhaite le meilleur et qu’il ramène une nouvelle Coupe sur le Rocher. Daghe Munegu !

Pour terminer, que retiens-tu de ton passage à l’AS Monaco ?

La Youth League avait été de très bons moments, tout comme la Gambardella. Il y a eu également des moments plus difficiles, à l’image de mon prêt à Bruges où j’ai été blessé et où j’ai très peu joué. A mon retour, j’étais loin du joueur que j’avais été en partant, donc forcément un peu déçu par rapport à ça. Mais sinon, que de fierté d’avoir porté les couleurs de l’AS Monaco et d’avoir pu faire mes classes dans ce centre de formation. Je souhaite le meilleur à ce Club et pourquoi pas peut-être se retrouver un jour.