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Interview 13 mai 2023, 10:34

Falcao, la saison 2020-2021... Les confidences de Fodé Ballo-Touré

Falcao, la saison 2020-2021... Les confidences de Fodé Ballo-Touré
A la veille de la réception de Lille (17h05) au Stade Louis-II, nous sommes partis à la rencontre de l’ancien latéral gauche passé par les deux clubs, et présent à l’AS Monaco entre 2019 et 2021, où il a notamment été finaliste de la Coupe de France.

Il a disputé 71 matchs sous les couleurs de l’AS Monaco. Arrivé au mercato d’hiver 2019, Fodé Ballo-Touré a vécu de nombreuses émotions entre la lutte pour le maintien la même année, la finale de Coupe de France et la folle deuxième partie de saison en 2020-2021. Aujourd’hui au Milan AC où il a été sacré champion d’Italie l’an passé, le latéral gauche a accepté de répondre à nos questions pour évoquer ses souvenirs au Club, au lendemain de la demi-finale aller de Ligue des Champions face à l’Inter. Interview.

Bonjour Fodé. Donne-nous de tes nouvelles, comment ça se passe pour toi du côté du Milan ?

La première année a été celle de l’apprentissage, cela s’est bien passé. J’ai pu découvrir le très haut niveau dans un très grand club, j’ai beaucoup appris. J’ai ensuite participé à la Coupe du Monde mais je me suis blessé deux jours avant le premier match. Je suis revenu et me suis fait une luxation de l’épaule. Et là je suis de retour petit à petit.

Tu as été champion d’Italie la saison dernière et tu es en demi-finale de Ligue des Champions, c’est une sorte de rêve ?

Oui même si l’on a malheureusement perdu le match aller ce mercredi. Mais rien n’est encore fini, il reste un match pour renverser la tendance. Le titre décroché la saison dernière a été un moment extraordinaire. Milan, c’est une très belle expérience. J’ai grandi sur et en dehors des terrains.

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Raconte-nous ton arrivée au mercato d’hiver 2019, et ce alors que l’AS Monaco était à la lutte pour le maintien.

C’est vrai que j’étais un peu stressé. Mais j’avais déjà vécu cette expérience la saison d’avant lorsque j’étais à Lille. On va donc dire que j’étais déjà un peu habitué à ce domaine-là. Et même si l’AS Monaco était en mauvaise posture à ce moment-là, cela restait un grand club. J’ai également eu le coach Thierry Henry au téléphone. On avait bien discuté et je lui ai dit « OK pas de soucis, je signe ».

A tes yeux, que représentait l’AS Monaco avant ta signature ?

L’AS Monaco, ce sont de belles épopées européennes, comme à l’époque de Thierry Henry en 1998 où le club de la Principauté a atteint la demi-finale de Ligue des Champions. Il y a également la belle génération de Tiémoué Bakayoko en 2017 avec le titre de champion de France et l’énorme parcours en C1.

Il y a eu de grands joueurs qui ont porté le maillot frappé de la Diagonale comme Radamel Falcao par exemple. C’est un tout qui fait que l’AS Monaco est un grand club, et lorsque tu as la possibilité de le rejoindre, tu ne peux pas refuser car le train ne vient qu’une fois.

Quelle était ta relation avec Thierry Henry ?

On avait une vraie bonne relation tous les deux. J’aimais la manière dont il nous coachait en nous donnant beaucoup de confiance. Avec lui, j’ai pu développer mon football. Malheureusement, cela n’a pas duré longtemps mais je pense qu’il aurait pu réussir s’il n’y avait pas eu autant de blessés. Je suis persuadé que c’est un très bon coach qui sait mettre les joueurs en confiance.

J’ai souvenir de ton premier match au Vélodrome. Tu avais été impressionnant sur ton côté gauche.

J’étais en confiance sur cette rencontre. Dès mon arrivée, Thierry Henry m’avait mis à l’aise. J’ai été obligé de lui rendre la pareille sur le terrain. On avait fait match nul (1-1) mais le contenu avait été très bon. Je me souviens très bien de ce match.

Tu as pu côtoyer deux attaquants de classe mondiale, que sont Radamel Falcao et Wissam Ben Yedder. Avec qui avais-tu une meilleure relation sur le terrain ?

Les deux ont évidemment un sens du but au-dessus de la moyenne mais je dirais Radamel parce qu’avec lui, tu savais que tu pouvais centrer et qu’il était dans la surface. Il nous disait à chaque fois : « dès que vous avez la balle, ne cherchez pas à dribbler, faites simplement un contrôle-centre et je serai à la réception ». En tant que latéral, c’est un régal ce style de joueur. De son côté, Wissam est quelqu’un qui combine davantage et qui crée le jeu. Il a une bonne relation avec les ailiers ou les numéros 10.

Avec le recul, quel a été ton moment le plus marquant ?

Ce serait la deuxième partie de saison en 2021. L’équipe était très solide, et ce que l’on a réalisé était très fort. Mais si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait la Coupe de France. Malheureusement, en finale contre Paris, je pense que l’on s’est mis trop de pression et on n’a pas su jouer comme d’habitude. Je me souviens en particulier du match à Lyon en quart de finale qui avait été très chaud et où j’obtiens le penalty sur le premier but (victoire 2-0).

Justement, peux-tu nous parler plus en détail de cette deuxième partie de saison où rien ou presque ne pouvait vous arriver ?

Il faut savoir qu’au début, on avait un peu de mal avec le système mis en place. Mais une fois que l’on avait compris, c’était parti. On était une équipe soudée qui courait de partout. On s’aidait les uns les autres, et on peut dire que ça a bien marché. Les adversaires ne savaient pas comment nous appréhender avec le fait que l’on puisse jouer en 4-4-2 ou 3-5-2 selon qu’on était en phase offensive ou défensive. C’était fort tactiquement !

Et le summum tactique arrive au Parc des Princes où vous effectuez une véritable démonstration.

On est arrivés en pleine confiance et on n’avait pas peur. Déjà à l’aller au Stade Louis-II, on avait fait une remontada en s’imposant après avoir été mené 2-0 à la mi-temps. A Paris, on est donc arrivés en se disant que l’on allait rééditer ce que l’on avait fait lors du premier match. On était très, très confiants.

Qui est le joueur qui t’a le plus impressionné durant tes deux ans et demi au Club ?

C’est Wissam ! Mais il y a aussi Gelson Martins et Aleksandr Golovin. Ces trois-là, c’était quelque chose. Ils ont une facilité à éliminer les défenseurs et une technique au-dessus de la moyenne. Ils ont une grosse intelligence de jeu. J’ai vu ce dimanche le dernier but de Golo à Angers. Je ne suis pas surpris parce qu’il est très fort sur les frappes de loin. A l’entraînement, il était facile, c’était un penalty pour lui.

Es-tu resté en contact avec certains joueurs ?

Oui avec Axel Disasi ou Youssouf Fofana. Je suis également en contact avec des anciens du Club comme Aurélien Tchouameni ou Sofiane Diop. C’est en partie grâce à la saison 2020-2021 qui nous a soudée. On était comme des frères et à présent, on est de très bons amis.